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La mort de la fillette de Granby fera l'objet de trois enquêtes

Des peluches, des fleurs et des messages ont été déposés devant la résidence de la victime.

Photo : Radio-Canada / Brigitte Marcoux

Radio-Canada

Le gouvernement Legault a confirmé mercredi que la fillette de 7 ans morte la veille à Granby était connue de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ). Il a demandé à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) et au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l'Estrie de mener leurs propres enquêtes, qui s'ajouteront à celle de la Sûreté du Québec (SQ).

Le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, a indiqué au cours d'un point de presse avoir demandé à la CDPDJ de mener une enquête administrative sur la mort tragique de la fillette, retrouvée lundi dans une résidence privée de Granby, en Montérégie, et morte à l'hôpital le lendemain après y être arrivée dans un état critique.

Se faisant avare de détails, Lionel Carmant a toutefois confirmé que l'enfant était connue de la DPJ « depuis le plus jeune âge » et qu'une intervention de la DPJ avait été faite « récemment » en raison d'un signalement fait en avril.

« Il y a clairement eu des failles », a tranché le ministre Carmant au sujet de ce drame, qui soulève des questions sur le fonctionnement de la DPJ.

La CDPDJ a rapidement confirmé qu'elle enquêtera sur le dossier et a indiqué qu'elle formulera des recommandations

Cette enquête s'ajoutera à celles menées par la SQ et par le CIUSSS de l'Estrie, dont relève la DPJ régionale et qui se penchera sur les circonstances de l'événement.

Ce seront trois enquêtes différentes qui vont avoir lieu et qui vont mettre en lumière ce qui s'est passé dans cet événement tragique.

Lionel Carmant, ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux

Tout sera fait pour élucider les circonstances qui ont mené à ce drame, a assuré le ministre.

« Je ne comprends pas comment un enfant qui a été retiré de l'école et dont les grands-parents ont tenté de se mêler à la situation n'a pas été pris en charge par le système, par le réseau », avait déclaré le ministre Carmant en matinée, à sa sortie du Conseil des ministres. Se disant « outré », il avait évoqué la tenue d'une enquête élargie, précisant avoir demandé aux autorités un portrait clair de ce qui s'est passé.

Il faut vérifier comment s'est faite la prise en charge par la protection de la jeunesse de façon à « corriger le tir pour la DPJ de l'Estrie comme pour toutes les DPJ du Québec », a-t-il ajouté.

Entrevue avec Lionel Carmant, ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux

Le premier ministre du Québec, François Legault, avait lui aussi dit vouloir faire la lumière « sur ce qui s'est passé avec le centre jeunesse ». « C'est épouvantable, ce qui est arrivé avec cette petite fille », a-t-il dit.

Le père et la belle-mère de la fillette, respectivement âgés de 30 et 35 ans, ont été arrêtés mardi matin et ont comparu au palais de justice de Granby, où ils ont été accusés de séquestration. La femme fait aussi face à des accusations de voies de fait graves mettant la vie de l'enfant en danger.

D'autres accusations pourraient être déposées en raison de la mort de la fillette. Les deux suspects demeurent détenus et reviendront en cour jeudi.

L'identité de la jeune victime est protégée par un interdit de publication.

La DPJ se dit ébranlée

En conférence de presse, le directeur de la Protection de la jeunesse en Estrie, Alain Trudel, s'est dit ébranlé par la mort de la fillette. « Il s'agit d'un événement troublant qui nous touche tous comme société », a-t-il déclaré.

Disant comprendre les émotions qu'un tel décès peut faire ressortir, il a demandé aux citoyens de respecter le personnel de la DPJ, qui se fait insulter depuis.

Ce type d'événement touche l'ensemble des professionnels des services jeunesse. Je peux vous assurer de leur engagement, au quotidien, à répondre adéquatement aux besoins des enfants sur l'ensemble de notre territoire.

Alain Trudel, directeur de la Protection de la jeunesse en Estrie

Alain Trudel a aussi demandé à tous d'être prudents dans leurs jugements. Plusieurs informations circulent sur les listes d'attente, sur les manques de ressources, etc. Attention de faire des amalgames et de sauter aux conclusions trop hâtivement.

Avant même l'annonce de l'enquête, il avait assuré de sa collaboration.

Le directeur a précisé qu'il y avait « tout près de 400 dossiers en attente en Estrie ». C'est toujours trop élevé. La moyenne devrait, ici, être de 40 à 50 dossiers.

Le reportage de Jean-Philippe Robillard

Un nombre alarmant de signalements et de dossiers en attente

Plus de 100 000 signalements ont été faits à la DPJ au cours de la dernière année pour l'ensemble du territoire québécois, a pour sa part indiqué le ministre Carmant. « C'est 20 000 de plus que le nombre de naissances », a-t-il spécifié.

Il a mentionné avoir demandé dès son entrée en poste un diagnostic de la DPJ. Un plan d'action a été mis en place pour réduire les listes d'attente « dans les meilleurs délais », a-t-il assuré.

La porte-parole libérale en matière de services sociaux, Hélène David, a salué les initiatives du ministre Carmant, mais a plaidé pour une réforme de la DPJ. Il manque de personnel, et les employés en place sont épuisés, a-t-elle affirmé.

Elle a réclamé que le rapport du CIUSSS soit remis rapidement et rendu public.

« Les gens qui sont en travail social, les enseignants, les éducateurs, les directions d'école [...], tous les intervenants doivent se poser des questions, mais peut-être qu'il y a des réponses que nous devons apporter collectivement, socialement, et qu'on doit accompagner la Direction de la protection de la jeunesse dans les réformes à faire », a ajouté la députée.

Par ailleurs, la CDPDJ a invité toute personne à la contacter si elle croit que les droits d’un enfant qui a fait l’objet d’un signalement à la Direction de la protection de la jeunesse ont été lésés.

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