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Feu vert à l'indépendance des « superinfirmières » québécoises

Au Nouveau-Brunswick, le réseau de santé Vitalité n'accepte plus les références des infirmières praticiennes qui oeuvrent en milieu privé.

Photo : Getty Images / Martin Prescott

Radio-Canada

Les infirmières praticiennes spécialisées (IPS) obtiennent gain de cause et pourront poser davantage de diagnostics et de gestes médicaux, consécutivement au feu vert de Québec en ce sens. Pour ces « superinfirmières », il s'agit ainsi d'une « avancée historique ».

À la suite d'une entente entre le Collège des médecins et l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ), Québec modifiera ainsi les lois en vigueur pour offrir davantage d'indépendance aux IPS. Dans la foulée, ces « superinfirmières » relèveront désormais de l'OIIQ.

Cette annonce conjointe du Collège des médecins, de l'OIIQ et de la ministre de la Santé, Danielle McCann, survient après une première demande, formulée en février, pour que les IPS n'aient plus à faire valider leurs diagnostics dans les 30 jours par un médecin.

L'objectif de cette mesure consistait à accélérer le traitement des cas par les « superinfirmières », tout en désengorgeant le réseau de la santé.

S'exprimant par voie de communiqué, l'Association des infirmières praticiennes spécialisées du Québec (AISPQ) a dit se réjouir de l'entente entre le Collège des médecins et l'OIIQ.

Cette annonce représente une avancée importante pour les patients du Québec qui pourront bientôt bénéficier de meilleurs services au sein de notre système de santé.

L'Association des infirmières praticiennes spécialisées du Québec

« Les IPS ont la compétence et la volonté de contribuer pleinement à notre système de santé, les astres semblent maintenant s’aligner pour qu’elles y arrivent. La balle est maintenant dans le camp de notre ordre professionnel, l’OIIQ, à qui nous offrons toute notre collaboration, ainsi qu’à l’Office des professions et au ministère de la Santé. L’enjeu est trop important et les attentes des Québécois trop élevées pour que ce dossier traîne encore pendant des années. Tâchons d’offrir aux patients un résultat à la hauteur de leurs attentes », a ajouté Christine Laliberté, présidente de l'AISPQ.

Un geste « dans la continuité »

Au cours d'un point de presse conjoint, mercredi, les présidents du Collège des médecins et de l'OIIQ, Mauril Gaudreault et Luc Mathieu, ainsi que la ministre McCann ont affirmé que la demande de changement législatif représentait une « nouvelle étape » dans les discussions en vue d'une plus grande liberté d'action des IPS.

Selon M. Gaudreault, le Collège des médecins recommande ainsi que les IPS « soient autorisées à exercer des activités médicales à la hauteur de leurs compétences et de leurs connaissances ».

Le président du Collège s'attend également « à des vérifications analogues à celles imposées aux médecins dans des conditions similaires ».

Pour M. Mathieu, il s'agit d'une annonce « dans la continuité de l'ouverture démontrée à l'égard du diagnostic [médical] par le Collège en février dernier ».

Si la ministre McCann évoque de son côté « un jour très important pour les Québécois, un jour qui marque une véritable révolution dans l'accès aux soins et aux services », ainsi qu'un « pas de géant pour la réalisation de nos objectifs communs », les détails de cet élargissement du rôle des IPS se feront attendre.

Les infirmières praticiennes spécialisées ne pourront cependant jamais diagnostiquer les maladies plus complexes, telles que les multipathologies et les cas de cancer, qui demeureront la prérogative des médecins.

En point de presse, Mme McCann a évoqué un éventuel dépôt de projet de loi à l'automne, tout en insistant sur la poursuite des discussions entre Québec, le Collège et l'OIIQ.

Une chose est toutefois certaine : à l'inverse des IPS ontariennes, par exemple, qui gèrent quelques cliniques de façon autonome, les « superinfirmières » québécoises continueront de travailler en collaboration avec des médecins. Il s'agit du « modèle québécois », a souligné la ministre à plusieurs reprises.

Le gouvernement caquiste prévoit faire bondir le nombre d'IPS au Québec au cours des prochaines années, en le faisant passer d'environ 600, actuellement, à 2000 vers 2023-2024. Il s'agit sensiblement du même objectif que celui avancé par le précédent gouvernement, une cible qui était jugée irréaliste en 2017.

Il n'a pas été possible de savoir dans quelle mesure la rémunération des médecins s'en trouvera altérée. En principe, ils devront renoncer aux forfaits offerts pour superviser les IPS.

Pour chaque superinfirmière supervisée, un groupe de médecine familiale (GMF) reçoit 60 000 $ par année.

La ministre McCann n'a pas voulu s'étendre sur le sujet, mercredi. « Il y aura des ajustements, sûrement », a-t-elle commenté brièvement, promettant des « discussions » avec les fédérations médicales à ce propos.

Encore du chemin à faire, disent les solidaires

Devant l'évocation de « moment historique » par le gouvernement et les acteurs du milieu, Sol Zanetti, porte-parole de Québec solidaire en matière de santé et de services sociaux, appelle à la prudence.

« Nous avons eu aujourd'hui somme toute une bonne nouvelle de la part de Mme McCann [...] mais il faudrait peut-être attendre un peu avant de sabrer le champagne », a-t-il déclaré lors d'un point de presse.

Selon M. Zanetti, l'octroi d'une plus grande autonomie aux « superinfirmières » « ne réglera pas tous les problèmes du système de santé », y compris les heures supplémentaires obligatoires, la pénurie de main-d'oeuvre et le manque d'attractivité de la profession.

Le député solidaire plaide par ailleurs pour que prenne fin la surveillance des IPS par des médecins, un geste qu'il juge « inutile ». « C'est quelque chose qui coûte cher, et c'est un pas que nous devons franchir pour régler le problème [des IPS] au Québec. »

Avec les informations de La Presse canadienne

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