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Assange écope de 50 semaines de prison pour avoir violé ses conditions de liberté provisoire

Julien Assange, vu derrière une fenêtre, brandit un poing.

Julian Assange avait le poing levé lorsqu'il est arrivé mercredi au tribunal londonien de Southwark dans un fourgon de police.

Photo : Getty Images / DANIEL LEAL-OLIVAS

Radio-Canada

Le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, est condamné à 50 semaines de prison par un tribunal britannique pour avoir violé ses conditions de liberté provisoire en se réfugiant pendant sept ans dans l'ambassade de l'Équateur à Londres.

L'Australien de 47 ans avait obtenu l'asile dans cette enceinte diplomatique en 2012 pour éviter de se présenter à la justice britannique et d'être extradé vers la Suède, où il était accusé de viol; un dossier classé depuis.

Il y a finalement été arrêté le 11 avril par la police britannique, après que le président équatorien eut mis un terme à cette protection en faisant valoir qu'Assange tentait de créer un « centre d'espionnage » dans l'ambassade.

Un tribunal l'avait déclaré coupable d'avoir violé les termes de sa liberté provisoire le jour même et la Couronne avait requis la peine maximale dans ce dossier, soit un an de prison.

Un homme crie en tenant une pancarte au-dessus de sa tête.

Devant le tribunal londonien de Southwark, mercredi matin, des partisans de Julian Assange scandaient des slogans comme « Honte au Royaume-Uni » et brandissaient des pancartes. « Ne touchez pas à Assange. Ne tirez pas sur le messager », peut-on lire sur celle que tient cet homme.

Photo : Reuters / Henry Nicholls

Julian Assange sera de retour devant la justice jeudi, pour une audience consacrée cette fois à la demande de Washington de l'extrader vers les États-Unis, où il est accusé de « piratage informatique ».

La justice américaine l'accuse de complot pour avoir accédé illégalement au système informatique sécurisé du gouvernement américain, en 2010, avec l’aide de l’ex-analyste du renseignement militaire Chelsea Manning.

WikiLeaks avait publié l'année suivante 250 000 notes diplomatiques et 470 000 rapports militaires secrets, ce qui avait plongé Washington, et particulièrement son réseau diplomatique, dans un profond embarras.

S'il devait être extradé puis reconnu coupable de complot aux États-Unis, Julian Assange serait passible d’une peine de prison de 5 ans.

Assange craint par-dessus tout d'être extradé aux États-Unis

Julian Assange a toujours affirmé s'être soustrait à la justice britannique de peur d'être extradé aux États-Unis plutôt qu'en Suède, où deux plaintes pour agression sexuelle avaient été déposées contre lui.

La première plainte a été frappée par la prescription en 2015, tandis que la seconde a été abandonnée en mai 2017, les enquêteurs n'étant pas en mesure de faire avancer l'enquête avec Julian Assange réfugié dans l'ambassade.

À l'annonce de son arrestation, l'avocate de cette deuxième victime présumée a cependant réclamé que l'enquête soit rouverte.

« Je m'excuse sans réserve auprès de ceux qui estiment que je leur ai manqué de respect », a déclaré Julian Assange dans une lettre lue au tribunal par son avocat avant le verdict. « J'ai fait ce que je pensais être le mieux à l'époque, et peut-être l'unique chose à faire », a-t-il poursuivi, évoquant sa crainte alors d'être extradé aux États-Unis.

Son avocate Jennifer Robinson a annoncé que son client allait « contester et combattre » la demande d'extradition américaine, jugeant que son arrestation « crée un dangereux précédent pour les organes de presse et les journalistes » dans le monde.

Après sa condamnation, une vingtaine de ses partisans présents dans la salle d'audience ont crié « Honte à vous ! » aux juges, alors que d’autres, à l’extérieur de la salle, scandaient : « Libérez Assange! ».

Avec les informations de Agence France-Presse

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