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Ottawa vient en aide aux producteurs de canola

Un homme transporte un sac devant deux tracteurs stationnés dans un hangar.

David Reid, un producteur de canola de Cremona, en Alberta, transporte un sac de graines hybrides dans ses installations.

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

Radio-Canada

Le gouvernement Trudeau a annoncé mercredi diverses mesures pour venir en aide aux agriculteurs, et plus particulièrement aux producteurs de canola de l'Ouest canadien, qui font les frais de restrictions aux exportations imposées au cours des dernières semaines par le gouvernement chinois.

Le Programme de paiements anticipés (PPA), qui offre des avances de fonds à faible taux d'intérêt à l'ensemble des producteurs agricoles, sera ainsi bonifié de manière à ce que la limite des prêts atteigne 1 million de dollars, comparativement à 400 000 $ jusqu'ici, a annoncé la ministre de l'Agriculture, Marie-Claude Bibeau.

Pour les seuls producteurs de canola, la portion de ce prêt qui ne sera soumise à aucun intérêt passera de 100 000 $ à 500 000 $, a précisé la ministre, qui était accompagnée pour l'occasion par son collègue à la Diversification du commerce international, Jim Carr.

Ces mesures aideront les producteurs à gérer leur flux de trésorerie et leur donneront également la souplesse nécessaire pour vendre leur canola au meilleur moment, au meilleur prix.

Marie-Claude Bibeau, ministre de l'Agriculture

Le PPA permet aux agriculteurs de rembourser les prêts obtenus dans les 18 mois dans la plupart des cas. Les éleveurs de bétail bénéficient cependant d’un délai de remboursement de 24 mois.

La ministre Bibeau a également annoncé que la période d'inscription au programme Agri-Stabilité, qui aide les agriculteurs à gérer notamment les risques associés à l’évolution des conditions du marché, était prolongée de deux mois. Ceux qui veulent en profiter ont désormais jusqu'au 2 juillet pour s'inscrire.

Peu après l'annonce, le premier ministre Justin Trudeau, qui avait promis lundi de venir en aide aux producteurs de canola, a assuré que son gouvernement travaille à dénouer le conflit diplomatique qui oppose le Canada à la Chine depuis l'arrestation de la directrice financière de la firme chinoise Huawei, en décembre.

Selon lui, Ottawa fait « régulièrement » des représentations auprès du gouvernement chinois, que ce soit dans le dossier du canola que dans celui des Canadiens Michael Kovrig et Michael Spavor, toujours détenus en Chine, ou des ressortissants canadiens récemment condamnés à la peine de mort.

Je suis content qu’aujourd’hui on a pu annoncer de l’aide directe aux fermiers affectés par ce conflit diplomatique. On va continuer de défendre les Canadiens à chaque étape.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Même si le Canada n'a pas d'ambassadeur en Chine depuis le limogeage de John McCallum, en janvier, il peut compter sur les services du chargé d'affaires Jim Nickel, « un diplomate très expérimenté qui connaît très bien le dossier », a assuré le premier ministre Trudeau. Entre-temps, la recherche d'un nouvel ambassadeur se poursuit.

Démonstration scientifique et diversification des marchés

Ce sont les soubresauts du marché dans le secteur du canola qui poussent Ottawa à changer les règles du PPA. La Chine a cessé les importations de canola de deux des plus importants exportateurs canadiens, Richardson International et Viterra, en soutenant que leur marchandise était contaminée.

Il s'agit d'un coup dur pour l'industrie canadienne, qui exporte normalement 40 % de sa production en Chine. La valeur du canola exporté a atteint 2,7 milliards de dollars l'an dernier.

Les ministres Bibeau et Carr n'excluent pas que le Canada porte plainte à ce sujet à l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Pour le moment, Ottawa préfère résoudre le problème en travaillant sur deux fronts : prouver à la Chine que le canola canadien est un excellent produit, et diversifier les marchés d'exportations.

« On travaille sur plusieurs fronts. Le principal, le premier, c’est vraiment au niveau de la démonstration scientifique : est-ce qu’il y a ou est-ce qu’il n’y a pas d’irrégularités dans notre production de canola? », a indiqué la ministre de l'Agriculture.

Jusqu’à maintenant, on n’a eu aucune démonstration scientifique. C’est pour ça qu’on pousse vraiment les autorités chinoises à avoir cette conversation plus approfondie sur la qualité de notre produit [...] et aussi sur la fiabilité de notre système d'inspection.

Marie-Claude Bibeau, ministre de l'Agriculture du Canada

« On a déjà eu dans le passé des enjeux avec la Chine, et on est venu à bout de régler ça sur une base scientifique et on croit qu’à ce moment-ci il y a toujours de la place pour travailler cette option », a-t-elle ajouté.

La ministre a récemment envoyé une demande formelle à Pékin pour que des responsables de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) se rendent en Chine pour effectuer eux-mêmes la vérification des cargaisons de canola, mais en vain.

Ottawa tente entre-temps de trouver de nouveaux débouchés pour le canola canadien qui ne se rend plus en Chine, a assuré son collègue Jim Carr.

Il est crucial que les exportateurs canadiens aient facilement accès à d'autres marchés lorsqu'ils sont confrontés à des perturbations des échanges commerciaux. La prospérité et la création d'emplois dans notre pays dépendent de l'accès à de nouveaux marchés à l'étranger.

Jim Carr, ministre de la Diversification du commerce international

Le ministre a annoncé qu'il dirigera une mission économique qui se rendra au Japon et en Corée du Sud au début du mois de juin dans le but d'y accroître les exportations de canola.

Les accords de libre-échange conclus récemment avec les États-Unis et le Mexique, l'Union européenne et des pays de la zone Asie-Pacifique devraient également favoriser la diversification souhaitée, a-t-il dit.

Le Conseil canadien du canola croit que la valeur des exportations dans les pays de la zone Asie-Pacifique pourrait atteindre 780 millions de dollars par année, affirme le ministre Carr.

Marie-Claude Bibeau a toutefois convenu que trouver de nouveaux marchés pour tout le canola canadien était « ambitieux ».

« Transférer [...] 100 % de la production qui était dirigée vers la Chine, ça ne peut pas se faire du jour au lendemain, c'est beaucoup trop important », a-t-elle reconnu.

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