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Jusqu’à 5000 $ de rabais pour l’achat d’un véhicule électrique dès aujourd’hui

Les véhicules électriques intéressent de plus en plus les consommateurs.

Les Canadiens sont plus enclins à acheter un véhicule hybride qu'un véhicule 100 % électrique.

Photo : Radio-Canada / Jérôme Lévesque-Boucher

Audrey Neveu

Le gouvernement fédéral offre, dès mercredi 1er mai, un rabais allant jusqu'à 5000 $ sur les véhicules électriques et hybrides à travers le pays. S'il est intéressant pour tous les Canadiens, cet incitatif financier pourrait bien faire décoller les ventes de véhicules électriques dans les provinces qui n'avaient pas instauré leur propre incitatif, particulièrement dans les provinces de l'Ouest canadien.

Un petit vrombissement et le moteur est en marche. La Tesla modèle 3 de William York ne prend qu’une seconde à démarrer, mais elle fait beaucoup moins de bruit qu’une voiture à essence. Ce n’est pas la seule raison pour laquelle ce résident d’Edmonton, en Alberta, adore sa voiture électrique : non seulement elle lui coûte moins cher d’essence et d’entretien, mais elle est plaisante à conduire.

Depuis mercredi le 1er mai, les voitures neuves comme sa Tesla modèle 3 sont admissibles au rabais fédéral, tout comme 27 autres modèles hybrides et 100 % électriques d’autres fabricants. Les Canadiens peuvent obtenir de 2500 $ à 5000 $, selon la taille de la batterie. Tesla a abaissé le prix de sa voiture modèle 3 mercredi pour qu’elle soit admissible au rabais fédéral.

William York en entrevue devant son quartier.

William York a vu la popularité des véhicules électriques bondir en Alberta en cinq ans, passant à 2078 véhicules électriques sur la route en 2018.

Photo : Radio-Canada / Geneviève Tardif

William York, qui est aussi directeur bénévole de l’Association des véhicules électriques de l’Alberta, est convaincu que cet incitatif financier convaincra les Canadiens de passer de l’essence à l’électrique, particulièrement dans les provinces où il n’y pas déjà d’incitatif financier. En 2018, la Colombie-Britannique, l'Ontario et le Québec représentaient 97 % des véhicules électriques au pays. Loin d'être une coïncidence, il s'agit des trois provinces qui ont offert des incitatifs financiers pour l'achat d'un véhicule électrique à leurs résidents.

Le gouvernement ontarien de Doug Ford a toutefois éliminé ce programme de subvention en 2018. Dorénavant, seuls la Colombie-Britannique et le Québec offrent des rabais provinciaux, qui seront cumulables avec le nouveau rabais fédéral.

« Ça change considérablement les coûts de la voiture. Ils ne sont plus aussi importants à l’achat grâce à ce rabais », estime William York. Selon lui, le plus grand obstacle aux ventes de véhicules électriques est le prix, qui est habituellement des dizaines de milliers de dollars plus élevé que celui d’une voiture à essence de taille similaire.

Plus de trois Canadiens sur quatre pensent que les voitures électriques sont trop chères, selon un sondage réalisé en ligne du 14 au 18 août 2018 par la firme Angus Reid, auprès de 1500 Canadiens. Parmi les sondés, 72 % se disaient ouverts à considérer l’achat d’un véhicule électrique, préférant les véhicules hybrides aux véhicules 100 % électriques.

Avec la chute constante du prix des batteries de véhicules électriques, William York s’attend à la parité des coûts avec les véhicules à essence d’ici cinq ans. « A ce moment-là, les coûts vont l’emporter sur toutes les autres objections », précise-t-il.

Encore des obstacles à surmonter

Denis Ducharme, président de l’Association des marchands de véhicules de l’Alberta, s’attend à ce que des centaines de véhicules électriques de plus soient vendus dans sa province l’an prochain, mais pas plus.

« On n’a pas l'infrastructure à travers la province pour être capable d'aider les automobilistes qui voyagent beaucoup à charger leurs batteries », explique-t-il. Dans une province axée sur l’industrie pétrolière, dont les usines sont éloignées des grands centres et ne sont accessibles que par des routes non pavées, il s’agit d’un obstacle important. « La plupart des véhicules électriques offerts sont de petites autos. Dans les régions rurales, ça fait certainement une grosse différence », dit-il.

Une carte du Canada indiquant la présence de bornes de recharge qui se retrouvent en très grande majorité en Colombie-Britannique, en Ontario et au Québec.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Il y a très peu de bornes de recharge rapide des autos électriques et hybrides dans le centre du pays ce qui limite l'intérêt pour certaines personnes de se procurer un tel véhicule.

Photo : Radio-Canada

C’est aussi sans compter l’amour des Albertains pour leurs grosses voitures.

L’Alberta est connue comme une province qui aime ses pick-up!

Denis Ducharme, président de l'Association des marchands de véhicules de l'Alberta

William York estime que le réseau de chargement le long des grands axes routiers doit être amélioré pour être plus alléchant. Ce problème est toutefois en train d’être réglé grâce au projet « Des sommets aux Prairies », un corridor de 20 bornes de chargement rapide qui reliera Canmore à Medicine Hat, en passant par Calgary et toutes les villes d’importance du sud de l’Alberta.

Carte montrant les 20 stations de chargement rapides prévues dans le sud de l'Alberta.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le projet « Des sommets aux Prairies » promet de relier les Rocheuses canadiennes aux régions rurales du sud de la province.

Photo : Radio-Canada

C’est le problème de l’œuf ou de la poule, dit-il. Une fois le service de recharge bien installé, les Canadiens seront plus enclins à l’utiliser, mais il faut d’abord le construire et rendre les voitures moins chères.

Des solutions pour chaque province

Pour surmonter la réticence de certains Canadiens à acheter un véhicule électrique, il faut concevoir des solutions propres à leur réalité bien précise, renchérit le directeur du Centre de recherche et d’analyse des systèmes d’énergie de l’Université de Calgary, David Layzell.

Nous avons un problème global, mais nous avons besoin de solutions régionales. La solution pour le Québec ne sera pas la même que celle pour la Colombie-Britannique et celle pour l’Alberta.

David Layzell, directeur du Centre de recherche et d’analyse des systèmes d’énergie de l’Université de Calgary

Il pense qu’il serait beaucoup plus intéressant pour les provinces des Prairies de se pencher sur les véhicules électriques à l’hydrogène. Ces véhicules utilisent l’hydrogène, l’élément chimique le plus abondant dans l’univers, pour produire de l’électricité. Leur seul produit secondaire est la vapeur d’eau et les voitures peuvent générer elles-mêmes de l’électricité lors du freinage, par exemple. Elles n’émettent aucun CO2.

Selon le professeur, une solution « faite en Alberta » intéresserait davantage les Albertains à l'achat d'un véhicule électrique, puisqu'elle créerait des emplois dans leur province.

En Alberta et en Saskatchewan, l'électricité est principalement produite à partir de charbon et de gaz naturel, tandis que 97 % de l'électricité au Manitoba provient de l'hydroélectricité.

« Nous pourrions fabriquer cet hydrogène à partir des énergies fossiles et renvoyer le CO2 produit par les énergies fossiles dans le sol », explique le professeur.

Nous devons regarder comment mettre sur pied dans l’Ouest canadien une économie basée sur l’hydrogène, que nous pouvons produire à une fraction du prix de l’hydroélectricité et pour produire des transports zéro émission.

David Layzell, directeur du Centre de recherche et d’analyse des systèmes d’énergie de l’Université de Calgary

Si l’électrification des transports et la lutte contre les changements climatiques sont les grands objectifs qui sous-tendent le rabais proposé par le gouvernement fédéral, encore faut-il commencer par faire démarrer le marché des véhicules électriques en trombe pour y parvenir.

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