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Trudeau n'interviendra pas pour permettre la visite au Canada de Carles Puigdemont

Carles Puigdemont regarde vers le sol.

Le premier ministre Trudeau s'en tient au jugement de ses fonctionnaires quant à l'entrée au pays du politicien catalan en exil Carles Puigdemont.

Photo : Reuters / Hannibal Hanschke

La Presse canadienne
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le premier ministre Justin Trudeau n'interviendra pas pour permettre à Carles Puigdemont, le politicien catalan en exil, d'entrer au Canada.

« On a un processus indépendant. On fait entièrement confiance à nos fonctionnaires. Il n'y a pas eu d'intervention politique et il n'y aura pas d'intervention politique non plus », a répondu M. Trudeau aux journalistes qui lui demandaient s'il allait poser un geste en faveur de M. Puigdemont.

Après avoir lâché ces quelques mots, le premier ministre s'est engouffré dans la Chambre des communes pour participer à la période des questions du mardi après-midi.

Plus tôt dans la journée, son ministre de l'Immigration, Ahmed Hussen, avait cherché à justifier le refus auquel se heurte M. Puigdemont.

« Il n'y a aucune intervention politique dans aucune décision », avait-il dit à propos du travail de ses fonctionnaires.

Le ministre Hussen n'a pas voulu spécifier s'il avait le pouvoir d'annuler pareille décision. Et il est toujours impossible de savoir pour quelles raisons on a retiré le document de voyage attribué à M. Puigdemont.

Pendant ce temps, à l'Assemblée nationale, le député péquiste Joël Arseneau a essayé de déposer une motion sans préavis pour réclamer la révision de la décision fédérale.

Son geste, tout comme celui de ses alliés bloquistes aux Communes la veille, est tombé à plat. Le gouvernement Legault a refusé son consentement et la motion n'a pas pu être déposée.

« Que l'Assemblée nationale déplore la décision du gouvernement du Canada de révoquer le droit de séjour au pays de Carles Puigdemont, ex-président catalan, sans aucun motif, et exige la révision de cette décision le plus rapidement possible », réclamait la motion.

Elle allait trop loin, trop vite, de l'avis du premier ministre François Legault.

« Le PQ veut déposer une motion pour blâmer le gouvernement fédéral. Moi, je voudrais d'abord avoir la version du gouvernement fédéral », a dit M. Legault en mêlée de presse à Québec.

« Moi, je ne comprends pas la décision du gouvernement fédéral. Je suis perplexe et j'aimerais que le gouvernement fédéral de M. Trudeau explique sa décision. Pourquoi il refuse cette personne-là? », a pourtant insisté le premier ministre Legault.

Le député Arseneau s'est présenté au micro le plus près pour reprocher à M. Legault de ne pas avoir accompagné ses paroles du geste nécessaire. Selon M. Arseneau, le premier ministre québécois « donne en quelque sorte sa bénédiction à une décision inacceptable et honteuse de la part du gouvernement fédéral ».

On connaîtra éventuellement les raisons qui ont motivé le refus du document de voyage, puisque l'ex-président catalan a engagé les services d'un avocat montréalais. Lundi, Me Stéphane Handfield a déposé une requête en Cour fédérale pour que l'interdiction de séjour au Canada soit annulée.

M. Puigdemont devait participer, au début du mois d'avril, à une tournée organisée par la Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB) de Montréal. Son autorisation de voyage électronique - un document exigé des citoyens européens - a été révoquée par les autorités canadiennes le 31 mars.

L'ex-président Puigdemont s'est exilé en Belgique à l'automne 2017 après la déclaration d'indépendance de la Catalogne. Celle-ci a été jugée illégale par le gouvernement espagnol qui a mis la Catalogne sous tutelle.

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