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Alléger la procédure d’embauche des immigrants pour pallier le manque de main-d’œuvre

Écoutez la chronique intégrale - Alléger la procédure d’embauche des immigrants pour pallier le manque de main-d’œuvre
Jean-Pierre Perouma

Alain Leblanc est propriétaire du magasin Store Mag à Gaspé. Depuis novembre 2018, il emploie Romain Barus, immigrant français. M. Leblanc aura attendu quatre mois pour obtenir le permis de travail en règle pour employer M. Barus.

Comme propriétaire d’entreprise, Alain Leblanc constate et s'inquiète de la pénurie de main-d’œuvre. Son entreprise vit avec cette réalité. Tant pour la vente au détail que pour l’installation de couvre-planchers.

La rareté de main-d’œuvre fait partie de notre quotidien comme dans tous les autres domaines dans notre secteur

Alain Leblanc, propriétaire de Store Mag

En juillet 2018, Alain Leblanc voit Romain Barus pousser la porte de son entreprise et déposer un C.V.. Après l'avoir reçu en entrevue, Alain décide d’embaucher Romain. Son profil correspond totalement aux besoins de l'entreprise. Alain est d’autant plus heureux que la période des vacances arrive et qu’il va pouvoir former rapidement Romain à son nouvel emploi.

Quand on engage une personne, c’est que le besoin est déjà là.

Alain Leblanc

Les difficultés administratives

Il existe plusieurs possibilités d’immigration au Québec. Parmi celles-ci figure le permis de travail fermé. Ce type de permis permet l’immigration de travailleurs qualifiés qui seront engagés par un employeur unique.

C’est avec ce type de permis de travail que Romain Barus est arrivé au Québec le 3 juillet 2018. Or, l’employeur initial qui était identifié sur le permis de travail annonce à Romain qu'il ne peut plus l’embaucher. Alain Leblanc formule donc une demande de révision du permis de travail fermé.

Le permis de travail était destiné à un autre employeur. Donc, je n'avais pas le droit de le rémunérer, il passait comme une personne sans permis [...] On a fait une demande de permis conjointe.

Alain Leblanc

Cette demande a été est déposée en juillet et n'a été acceptée qu'en novembre. Pour Alain Leblanc ces délais sont trop longs. Le besoin de main-d’œuvre nécessite de traiter les demandes avec rapidité. Alain Leblanc estime également que le délai est trop long pour apporter une modification relative au nom de l’employeur sur le permis. Selon M. Leblanc, le reste du dossier de Romain était valide et toutes les vérifications d’usages ont été faites. Il déplore que les instances administratives n’aient jamais pris contact avec lui.

Au-delà des dédales administratifs, Alain Leblanc déplore également les répercussions pour Romain et sa famille.

Sans la possibilité de travailler, avec une famille de trois enfants, c’est un stress qui n'aurait pas été nécessaire […] La période pour [délivrer] le nouveau permis de travail aurait dû être beaucoup moins longue.

Alain Leblanc

Alain Leblanc fait le lien entre l’expérience de Romain et l’attraction de la main-d’œuvre immigrante.

Améliorer leur qualité de vie, ça ne peut pas faire autrement que donner le goût aux autres gens de sa région de venir nous porter de l’aide dans nos entreprises, parce que la main-d’œuvre n'est pas forcément là.

Alain Leblanc

Dans un contexte de rareté de main-d’œuvre, l’immigration est l'une des solutions pour l'atténuer. Mais au regard de son expérience, Alain Leblanc invite le gouvernement à faciliter l’entrée des immigrants sélectionnés avec plus de diligence. Le développement économique d’entreprises en dépend selon lui.

Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Emploi