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  • Le Canada et la lutte contre la surpêche dans les eaux de l'Atlantique

    Un chalutier vogue au large des côtes de Terre-Neuve.
    Le problème de la surpêche est combattu par le Canada depuis la fin des années 1960. Photo: Radio-Canada
    Radio-Canada

    Pour protéger une ressource vitale pour l'économie des provinces de l'Atlantique et du Québec, le Canada combat la surpêche dans ces régions du pays. Nos journalistes ont suivi plusieurs aspects de cet effort canadien au cours des dernières décennies.

    Au cours de l’an dernier, les pêches canadiennes en fait ont baissé de 40 %. Alors, c’est le signe d’une surexploitation.

    Jean Frechet, service des Pêches et Sciences de la mer, Québec.

    Dans un avenir très rapproché, on sera à l’extinction de certaines espèces.

    Un pêcheur interviewé par le journaliste Pol Chantraine


    Une ressource pillée

    Dans les années 1970, les pêcheurs des provinces de l’Atlantique et du Québec s’inquiètent.

    Les stocks de poissons exploités commercialement dans leurs coins de pays, jadis si abondants, diminuent d’année en année.

    Le 60, 26 mai 1975

    Ce déclin, qui provoque une crise nationale au Canada, fait l’objet d’un reportage conjoint des journalistes Pol Chantraine et Paul-André Comeau.

    Le tour d’horizon qu’ils présentent à l’émission Le 60 le 26 mai 1975 décrit bien la situation dramatique dans laquelle se trouve la ressource halieutique en ce milieu des années 1970.

    Leur reportage aide aussi à comprendre la politique canadienne pour y remédier.

    L'aspirateur électrique

    Roméo LeBlanc, alors ministre d’État aux Pêcheries dans le cabinet fédéral canadien, utilise une image forte pour décrire le drame qui vit ce secteur d'activité dans les provinces de l’Atlantique et dans le golfe du Saint-Laurent.

    La ressource a été vidée, selon le ministre, « par une pêche massive à l’aspirateur électrique pratiquement ».

    Celles qui activent l’aspirateur, ce sont les flottes étrangères qui pêchent dans les eaux internationales tout près de ce qu’on appelle les Grands Bancs de Terre-Neuve.

    Dotés des dernières technologies, les bateaux espagnols, japonais, portugais et russes, entre autres, ratissent toutes les espèces de poisson là où ils jettent leurs filets.

    Or, c’est surtout la morue qui les intéresse et, dans une moindre mesure quelques autres espèces. Le reste des poissons, dont le commerce n’a que faire, est rejeté à la mer.

    Pour aggraver la situation, on ne sait pas précisément jusqu’à quel point la ressource est exploitée ou gaspillée.

    Les capitaines de bateaux étrangers écrivent souvent de fausses déclarations sur leurs activités.

    Ou encore, ils « oublient » de remplir les rapports de prises pourtant obligatoires, selon l’Organisation des pêches de l'Atlantique Nord-Ouest (OPANO).

    Ce sont là des comportements délinquants que le Canada veut arrêter et qu’il condamne dans les forums internationaux.

    C’est notamment le cas à la conférence des Nations unies de Genève qui se penche alors sur une révision du droit de la mer jugé de plus en plus anachronique.

    La réponse du Canada

    Durant les années 1970, le Canada milite pour une extension de ses eaux territoriales au-delà des 12 milles marins dont il a la juridiction, selon le droit international.

    Le 1er janvier 1977, Ottawa agit.

    Comme l'autorise le droit international, le Canada étend sa zone de limite de pêche exclusive à 200 milles marins (environ 370 kilomètres). Cette extension comprend le golfe Saint-Laurent ainsi que la plus grande partie des Grands Bancs de Terre-Neuve.

    S’ajoutent à cet élargissement territorial des restrictions sur les jours de pêche et sur les espèces dont la capture est autorisée.

    Le pays peut ainsi mieux gérer ses prises de poissons et fixer des quotas aux bateaux étrangers.

    Le Canada joue au policier de l’Atlantique

    Les données préliminaires pour 2003 indiquent que des flottilles de pêche étrangères ont capturé illégalement 15 000 tonnes de poisson appartenant à des espèces protégées par le moratoire, y compris la morue et la plie canadienne.

    Geoff Regan, ministre des Pêches et des Océans du Canada

    Le Canada s’arroge aussi le droit de devenir le policier de l’Atlantique.

    En 1995, le ministre fédéral des Pêches et des Océans Brian Tobin fait arraisonner l’Estai.

    Cet incident, le correspondant à Halifax Denis-Martin Chabot l’a rappelé dans un reportage au Téléjournal/Le Point du 6 mai 2004.

    Téléjournal/Le Point, 6 mai 2004

    Le chalutier espagnol avait pêché du turbot, espèce protégée par un moratoire, dans les eaux internationales tout près de Terre-Neuve.

    L'Espagne menace de faire imposer des sanctions par l'Union européenne, dont elle est membre, au Canada.

    Le ministre Tobin se rend jusqu’à l’Assemblée générale des Nations unies pour dénoncer la délinquance de l’Espagne. Ce geste lui vaut une nette popularité au Canada.

    Le reportage du journaliste Denis-Martin Chabot explique que l'histoire se répète presque en mai 2004.

    La garde côtière canadienne vient d'arraisonner pour inspection deux chalutiers portugais.

    L’Aveirense et le Brites pêchaient illégalement de la morue et de la plie, deux espèces protégées par des moratoires depuis 1994, dans ce qu’on appelle le « Nez » et la « Queue » des Grands Bancs de Terre-Neuve.

    Les deux chalutiers sont ramenés à Saint-Jean, la capitale de la province de Terre-Neuve-et-Labrador, par la garde côtière canadienne.

    Le Canada ne s’arrête pas là.

    Les ambassadeurs de l’Union européenne et du Portugal au Canada sont convoqués à Ottawa pour qu’ils expliquent les agissements des pêcheurs.

    Le gouvernement canadien annonce aussi qu’il dépensera 15 millions de dollars pour assurer une surveillance accrue de la surpêche par les chalutiers étrangers en zone internationale près des eaux canadiennes.

    Selon un rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, publié à la fin de 2018, la part des stocks de poissons surexploités est en constante augmentation depuis 1974.

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