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Kathleen Weil et SNC-Lavalin : « Les moeurs ont changé », affirme Trudeau

Justin Trudeau en mêlée de presse

Justin Trudeau affirme que l'affaire des prête-noms chez SNC-Lavalin relève de vieilles pratiques qui n'existent plus depuis longtemps au Parti libéral.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le premier ministre Justin Trudeau soutient que les révélations sur l'utilisation de prête-noms, de la part de la firme SNC-Lavalin, pour offrir du financement au Parti libéral du Canada (PLC), sont le fruit d'une façon révolue de faire de la politique, et que les moeurs en la matière ont changé depuis.

« On reconnaît qu'il y a eu des arrangements, dans le temps, mais ce n'est plus quelque chose qui se fait » au sein du PLC, a ainsi déclaré le chef du gouvernement, en marge d'un caucus ministériel à Ottawa.

Selon M. Trudeau, un grand ménage a été effectué dans les pratiques en cours chez les libéraux dès son élection comme chef, en 2013. Depuis, la formation a visé la transparence et l'ouverture dans ses pratiques de financement.

Les libéraux et les conservateurs fédéraux ont été éclaboussés mardi par des révélations des réseaux Radio-Canada et CBC, selon lesquelles une vingtaine de personnes auraient agi comme prête-noms pour des dons illégaux aux deux partis. La vaste majorité de ces dons étaient destinés au PLC.

Parmi les gens nommés dans un document confidentiel transmis au PLC en août 2016 par le Commissaire aux élections fédérales, le haut fonctionnaire chargé de veiller à l'observation de la Loi électorale du Canada, on trouve Kathleen Weil, ex-ministre libérale de la Justice au Québec et actuelle députée de la circonscription de Notre-Dame-de-Grâce.

Celle-ci aurait obtenu un remboursement de SNC-Lavalin pour des dons totalisant 5000 $.

Aux Communes, le chef de l'opposition officielle, le conservateur Andrew Scheer, a soutenu que son parti avait rapidement fourni la liste des donateurs fautifs lors de l'éclatement de ce scandale, il y a plusieurs années, mais a accusé les libéraux d'avoir tardé à faire preuve de transparence dans ce dossier.

Son adversaire libéral a répliqué en réitérant les réformes adoptées par son parti pour favoriser la transparence, y compris en matière de divulgation des dépenses.

« Nous respectons toutes les règles lorsqu'il est question de dons, et faire des dons illégaux, c'est inadmissible! », a lancé Justin Trudeau.

Un rapport « choquant »

Questionnée par les journalistes dans les corridors de l'Assemblée nationale, mardi, Mme Weil a vivement démenti les allégations contenues dans le rapport.

« Je suis choquée par ce que j'ai lu ce matin, à propos d'un rapport affirmant qu'il y aurait eu des contributions illégales de ma part », a-t-elle indiqué.

Tous les dons que j'ai faits à des partis politiques, je les ai faits par conviction, parce que je crois dans les partis politiques; jamais sans considération, toujours de bonne foi, sans promesse de remboursement et sans remboursement.

Kathleen Weil, députée libérale de Notre-Dame-de-Grâce

Toujours selon la députée, « jamais le commissaire [aux élections] ne m'a appelée pour vérifier les faits, ne m'a jamais rencontrée pour valider [les informations]. Je pense que j'ai la réputation d'être très éthique dans toutes mes actions ».

Quant aux démarches de son mari, Michael Novak, qui est lui aussi cité sur la liste des présumés contributeurs illégaux à SNC-Lavalin et a travaillé comme président du conseil de SNC-Lavalin International, Mme Weil a d'abord invité la presse à le questionner directement, avant d'ajouter que « les bonis, ça a toujours fait partie de la rémunération chez SNC-Lavalin ».

« Je connais mon mari depuis 37 ans; c'est un homme à la réputation sans faille », a poursuivi Mme Weil.

« Je veux contacter le commissaire », a déclaré la députée libérale.

Des allégations « graves et sérieuses »

À Québec, toujours, le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, a invité Mme Weil à donner des explications plus approfondies à propos de son supposé rôle dans le stratagème de prête-noms.

« Les allégations qui pèsent sur Kathleen Weil sont très graves et sérieuses. [...] Les Québécois n’ont pas de tolérance pour les stratagèmes de prête-noms », a-t-il indiqué par voie de communiqué.

Le leader solidaire demande par ailleurs au Parti libéral du Québec de choisir entre deux options : « Il peut se dissocier de Mme Weil et contribuer à faire la lumière sur cette affaire, ou continuer à la protéger et nous confirmer que les magouilles sont acceptées dans leurs rangs. »

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