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Tensions au Venezuela après un affrontement opposant Guaido aux fidèles de Maduro

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Un soldat pointe son arme dans les airs dans une rue où des civils courent et des hommes se déplacent à moto.

Des soldats et des civils réagissent au son de coups de feu dans le quartier d'Altamira, proche de la base La Carlota à Caracas, mardi 30 avril 2019.

Photo : Reuters / Carlos Garcia Rawlins

Radio-Canada

À Caracas, mardi, l'opposant Juan Guaido a appelé au soulèvement contre le gouvernement Maduro lors d'une manifestation où il est apparu entouré d'hommes en uniforme, qui ont échangé des tirs avec des soldats soutenant Maduro. Une situation qualifiée par le gouvernement sur Twitter de « tentative de coup d'État ».

Les échauffourées ont éclaté autour de la base aérienne de Caracas où plus tôt, dans la matinée, Juan Guaido avait annoncé qu’un groupe de militaires s’était soulevé contre le gouvernement dans une vidéo diffusée sur les médias sociaux.

Ce n’est pas la première fois que Juan Guaido, qui s’est autoproclamé chef de l’État par intérim en janvier, appelle au soulèvement. Mais c'est la première fois qu'il le fait entouré d’hommes en uniforme dans les environs d'une base militaire située au cœur de la capitale.

Juan Guaido invite la population et l'armée à le soutenir pour mettre fin « définitivement à l'usurpation de Nicolas Maduro », le président réélu l'an dernier à la tête du pays lors d'un scrutin présumément frauduleux. Une cinquantaine de pays, dont les États-Unis et le Canada, ont reconnu Juan Guaido comme président intérimaire du Venezuela et réclament le départ de Nicolas Maduro.

Selon le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, le président vénézuélien, Nicolas Maduro, était prêt à quitter le pays mardi matin quand le projet de renversement a été lancé par le chef de file de l’opposition, Juan Guaido, mais il a changé d’avis après l’intervention de la Russie.

« Un avion se trouvait sur le tarmac. Il (Maduro) était prêt à partir ce matin, d’après les éléments dont nous disposons. Les Russes lui ont indiqué qu’il ferait mieux de rester », a déclaré M. Pompeo à la chaîne CNN.

Par ailleurs, Washington a réaffirmé son appui sans faille à Juan Guaido, encourageant le peuple vénézuélien dans sa « quête de liberté et de démocratie », comme l'a publié sur Twitter Mike Pompeo.

En janvier, alors que Juan Guaido entamait son offensive pour déloger Maduro, ce dernier avait accusé Washington de fomenter un coup d'État.

Le Canada suit la situation « de très près »

Mardi, l'ambassade du Canada à Caracas était fermée.

La ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, dit suivre « de très près » la situation au Venezuela et a pris part, mardi, à une réunion d'urgence du Groupe de Lima. Créé en 2017, ce groupe compte, en plus du Canada, 13 pays latino-américains majoritairement hostiles à Nicolas Maduro.

« Les Vénézuéliens sont dans la rue, aujourd’hui, pour manifester leur désir du retour à la démocratie, même face à une répression violente, a déclaré Mme Freeland en impromptu de presse à Ottawa. Le Canada salue leur courage et nous appelons le régime de Nicolas Maduro à se retirer et à permettre la résolution pacifique de cette crise, conformément à la Constitution vénézuélienne. »

Membre du Groupe de Lima, le Mexique refuse de reconnaître Juan Guaido comme président intérimaire. Le Mexique ne participait pas à la réunion d'urgence du Groupe de Lima, mardi, selon l'attaché de presse de Chrystia Freeland, Adam Austen, qui précise que la ministre a discuté du cas vénézuélien à de nombreuses reprises avec son homologue mexicain.

Mardi, le président mexicain Andres Manuel Lopez Obrador et son ministère des Affaires étrangères ont néanmoins fait part de leur inquiétude devant une possible montée de violence, insistant en faveur d'un dialogue entre les parties.

Maduro dit avoir le soutien de l'armée

Même si, mardi, des centaines de personnes s'étaient rassemblées aux côtés de Juan Guaido, on ne sait pas combien de civils et de membres de l'armée vénézuélienne se détournent de Maduro pour appuyer Guaido.

En réponse aux événements de la matinée, le président Maduro a assuré avoir « l'entière loyauté » des chefs de l'armée. Son ministre de la Défense affirme, lui, que la situation est « normale » dans les casernes.

Le président Maduro bénéficie notamment de l'appui de la Russie, de la Chine et de Cuba.

Mardi, Moscou a accusé l'opposition vénézuélienne d'attiser la confrontation et a réclamé la tenue de pourparlers. De son côté, l'Espagne, soucieuse qu'une « effusion de sang » soit évitée, a réclamé une solution pacifique à la crise.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a lancé un appel pour que les parties évitent toute violence et rétablissent le calme dans le pays.

Des manifestations sont prévues au Venezuela mercredi, et au moins l'une d'elles sera faite en appui à Juan Guaido. Ce dernier dit qu'il entamera ainsi « la phase décisive » d'une action destinée à prendre le pouvoir et à déclarer de nouvelles élections.

De graves difficultés économiques

Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit que le produit intérieur brut (PIB) du Venezuela chutera de 25 % cette année et que l'hyperinflation se poursuivra. Le taux de chômage s'élève à 43 %.

Les Nations unies affirment que les biens de première nécessité et les médicaments font cruellement défaut aux 30 millions de personnes vivant en sol vénézuélien.

Environ 2,7 millions de Vénézuéliens ont quitté le pays depuis 2015.

Avec les informations de Reuters, New York Times, Associated Press, et CBC

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