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La consommation de méthamphétamine en cristaux en hausse au Nouveau-Brunswick

Méthamphétamine en cristaux.

La méthamphétamine en cristaux recueille de plus en plus d'adeptes au Nouveau-Brunswick selon des groupes qui luttent contre la toxicomanie.

Photo : Reuters/Ralph Orlowski

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Des groupes néo-brunswickois qui oeuvrent auprès de toxicomanes affirment que la consommation de méthamphétamine en cristaux a provoqué une « crise de santé publique » dans la province.

Une dose de cette drogue, qui crée une forte dépendance, se vend pour aussi peu que 5 $. Sa popularité a mis en lumière le manque de services de désintoxication dans la province, selon des organismes comme Ensemble, anciennement connu sous le nom de Sida/AIDS Moncton.

Je ne veux pas dénigrer les services existants, mais c’est à peine s’ils existent, non?, lance Debby Warren, d’Ensemble.

Debby Warren, directrice générale de l'organisme Ensemble, en entrevue.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Debby Warren affirme que la montée en popularité de la méthamphétamine en cristaux a mise en lumière l'insuffisance des programmes de traitement au Nouveau-Brunswick.

Photo : CBC/Vanessa Blanch

L’automne dernier, un sondage de l’Alliance communautaire du Nouveau-Brunswick, qui regroupe trois organisations de lutte contre le sida, a permis d’apprendre que la meth en cristaux gagne en popularité au Nouveau-Brunswick, même s’il n’a pas été possible de chiffrer le phénomène.

Le sondage a été mené auprès de 72 usagers des programmes d’échange de seringues à Moncton, Saint-Jean, Fredericton et Miramichi.

Un drogue puissante

La méthamphétamine en cristaux est une drogue qui fait peur, selon Mme Warren. Elle rend ses usagers euphoriques initialement, mais peut mener à des accès de violence, à des hallucinations et à de la paranoïa.

Il y a des gens qui nous disent craindre pour leur vie [...]. Ils entendent des bruits, ils voient des choses, ils ont l’impression que les gens autour d’eux les regardent avec des yeux flamboyants. C’est la psychose à son extrême.

Une citation de : Debbie Warren, Ensemble

La drogue cause également une insomnie sévère. Mme Warren a connu des usagers qui ne dormaient pas pendant quatre jours. Elle provoque aussi des lésions cutanées qui amènent les gens à se gratter, ce qui peut provoquer des infections.

Cal Maskery, le directeur général de Harvest House Atlantic, un organisme de Moncton qui participe à la lutte contre la toxicomanie, affirme avoir été surpris par la montée en popularité de la méthamphétamine en cristaux dans la province.

On voit les gens changer; ils deviennent agressifs, dit-il.

Le directeur général e Harvest House, un refuge de Moncton, Cal MaskeryAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Cal Maskery, le directeur général de Harvest House, un refuge de Moncton, affirme que bien des gens qui s'y rendent ont des problèmes de toxicomanie.

Photo : CBC/Vanessa Blanch

La popularité de cette drogue s’explique par son faible coût - de 5 $ à 10 $ par jour - et par le fait que ses effets peuvent se faire sentir de six à huit heures.

Un grand nombre de répondants au sondage de l’Alliance communautaire ont déclaré que la montée de la méthamphétamine en cristaux était le changement le plus important dont ils avaient été témoins dans leur milieu.

La meth en cristaux se répand comme une traînée de poudre, a affirmé l’un d’entre eux. D’autres ont insisté sur l’accoutumance rapide que produit cette drogue.

Personne à la GRC n’était disponible pour commenter. La force policière a toutefois rapporté en début d’année une augmentation du trafic de méthamphétamine en cristaux à la frontière entre le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse.

Le caporal David Lane expliquait à ce moment-là qu’il n’était pas inhabituel de voir des trafiquants inonder un marché lorsqu’une drogue en particulier s’y révélait populaire.

Des listes d'attente pour des cures

Les résultats du sondage de l’Alliance communautaire ont été communiqués au gouvernement provincial pour l’inciter à améliorer les options de traitement pour les toxicomanes, particulièrement les cures de longue durée.

Actuellement, un toxicomane qui tente de se défaire de sa dépendance subit généralement une cure initiale de 2 à 10 jours dans un centre de désintoxication, selon Bernard Goguen, de la division de la toxicomanie et de la santé mentale au ministère de la Santé.

Il y a 87 lits réservés à des cures de désintoxication à travers la province; la liste d’attente pour ces lits varie de 3 à 21 jours.

Selon Cal Maskery, les lits sont pleins parce que l’abus de méthamphétamine en cristal a pris des proportions énormes.

Un homme s'injecte de l’héroïne. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Il y a un an, l'organisme ottavien à but non lucratif Bergers de l'espoir ouvrait son centre d'injections supervisées dans les environs du marché By.

Photo : Radio-Canada

La cure initiale ne suffit d’ailleurs pas à régler le problème, déplore-t-il. [Les toxicomanes] ne sont pas complètement sevrés lorsqu’ils sortent et s’ils ne sont pas admis dans le programme, ils retournent consommer dans la rue et le problème se perpétue. 

Des soins psychologiques souvent nécessaires

Pour des cures à long terme, il y a 24 lits répartis entre des centres à Saint-Jean et à Campbellton, précise Bernard Goguen. La liste d’attente pour ces lits varie de 2 à 6 mois.

Il s’agit d’endroits où [les toxicomanes] peuvent recevoir un traitement plus complet [...]. Il leur fournit par exemple des outils pour faire face aux difficultés de la vie et peut aussi les aider à surmonter un traumatisme. 

Un lit du centre de désintoxication Ridgewood de Saint-Jean.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Il y a 24 lits pour des cures à plus long terme au Nouveau-Brunswick. Ils sont partagés entre le centre Ridgewood de Saint-Jean (ci-dessus) et un centre à Campbellton.

Photo : CBC

Il ajoute que des services de santé mentale adaptés à chaque patient ont été ajoutés en septembre dernier au centre de Campbellton, puisque la toxicomanie se double bien souvent de problèmes de santé mentale.

Il reconnaît que la demande pour les 24 lits de longue durée est très élevée. À savoir si la province songe à en ouvrir d’autres, il affirme que le processus d’examen est long et qu’il y a « beaucoup de compétition pour les ressources ».

En attendant, des groupes comme Harvest House tente de combler le vide.

Avec les informations de Vanessa Blanch, CBC

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