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Face à la démence, Actionmarguerite veut changer la philosophie des soins

Radio-Canada

Le centre Actionmarguerite, à Winnipeg, est le premier institut de santé au Manitoba à former l'ensemble de son personnel à une approche en douceur des résidents atteints de démence.

Le centre Actionmarguerite a décidé d’adopter un programme d’approche douce et persuasive pour former son personnel et lui permettre d’être mieux équipé pour interagir avec les résidents atteints de démence.

« Il faut préparer notre personnel à être en mesure de transiger avec ces résidents qui peuvent parfois avoir des comportements qui ne nous permettent pas de prodiguer les soins de façon sécuritaire », explique le directeur général d’Actionmarguerite, Charles Gagné.

Ce programme de formation, développé en Ontario, a pour ambition de créer un sentiment de confiance autant pour le personnel médical que pour les autres employés qui travaillent sur le site.

« On voit des gens comme la réceptionniste qui ne savait pas forcément comment faire pour arrêter une personne qui essaye de sortir parce qu’elle ne sait plus où elle est », explique la directrice des soins de la démence, Josée Fournier.

Elle ajoute qu’il s’agit avant tout de passer d’un modèle de gestion axé sur l’efficacité du personnel à une vision plus centrée sur l’individu.

« Plutôt que mettre l’accent sur laver le résident, le faire manger à sept heures, l’amener à ses rendez-vous médicaux on essaye de modeler nos soins sur ce que la personne est. En fin de démence, le vocabulaire n’est pas toujours présent et les personnes vont parfois communiquer en tapant sur une table, en faisant du bruit, ou encore en refusant les soins », précise-t-elle.

C’est un changement de culture.

Josée Fournier, directrice des soins de la démence à Actionmarguerite

Le programme d’approche douce et persuasive a été introduit il y a six mois. Plus de 200 employés ont déjà été formés. La plupart d’entre eux interviennent avec des personnes qui ont des démences aiguës dans les unités spécialisées.

Ces nouveaux outils offrent, selon Josée Fournier, un changement de vision du personnel quant à la démence et font tomber des barrières psychologiques.

« Il y a des personnes en état de démence qui demandent parfois de voir leur maman. Je pense que les employés étaient un peu gênés avant de rentrer dans cette réalité. La formation leur donne la confiance. On ne va pas dire à ces personnes qu’ils ont 82 ans et que leur mère est décédée. On va entrer dans cette réalité », explique la directrice des soins de la démence.

Elle ajoute que le but est de rediriger l’esprit des résidents sur d’autres sujets plutôt que de les confronter et risquer de les rendre malheureux ou agressifs. Elle rappelle aussi que ces épisodes de résistance sont très courts dans une journée.

La formation vise aussi à donner des outils comportementaux au personnel pour éviter de déclencher des réactions de résistance. Des techniques telles qu'approcher les résidents de face, avec le sourire et un ton calme font partie du cursus enseigné.

Charles Gagné ajoute que ce « programme oblige à une courte formation de rappel chaque année ».

Il espère que la démarche d’Actionmarguerite pourra servir de modèle au Manitoba pour d’autres résidences de longue durée.

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