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Dernière journée du commissaire aux services en français de l'Ontario

François Boileau.

François Boileau a présenté à la mi-avril son dernier rapport à la tête du Commissariat aux services en français de l’Ontario.

Photo : Radio-Canada

Rozenn Nicolle

C'est ce mardi 30 avril que le Commissariat aux services en français (CSF) dans sa forme actuelle ferme ses portes, marquant ainsi le départ de l'homme qui était à sa tête depuis sa création en 2007, François Boileau.

Alors que l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) va profiter de l’occasion pour lancer une campagne de sensibilisation, le Bureau de l’ombudsman de l’Ontario, Paul Dubé, reste encore évasif quant aux modalités de cette transition.

Rappel des faits

Le sort du Commissariat a été scellé le 6 décembre dernier, lors de l’adoption par l’Assemblée législative de l’Ontario du projet de loi 57 et malgré les manifestations pancanadiennes du 1er décembre contre les décisions du gouvernement Ford annoncées lors de l’énoncé économique du 15 novembre.

Celui-ci prévoyait l’abolition du Commissariat, en plus d’annuler le financement de l’Université de l’Ontario français. Après avoir soulevé un tollé au sein de la communauté franco-ontarienne, les progressistes-conservateurs sont en partie revenus en arrière une semaine plus tard, le 23 novembre, en créant un poste de responsable des services en français au sein du bureau de l'ombudsman Paul Dubé.

Malgré la mobilisation du milieu franco-ontarien, de multiples entrevues accordées par le commissaire François Boileau, ainsi que la publication de son ultime rapport détaillant la façon dont cette décision redéfinira le mandat actuel du CSF, Doug Ford n'a pas plié. Le 30 avril est la dernière journée de François Boileau à titre de commissaire, et la dernière journée du Commissariat comme entité indépendante relevant de l’Assemblée législative.

Ce que l’on sait du Commissariat 2.0

À partir du 1er mai, c’est l’unité des services en français du Bureau de l’Ombudsman de l’Ontario qui héritera donc des tâches et des employés de l’actuel Commissariat. Trois postes seront cependant abolis : celui du directeur général, un poste aux communications et le poste d’un employé qui coordonnait les services de soutien avec l’Assemblée législative.

Le chef de cette unité spéciale aura le titre de commissaire, poste qui sera occupé temporairement par Jean-Gilles Pelletier, actuel directeur général du CSF, comme l’avait annoncé le bureau de M. Dubé dans un communiqué au début d'avril.

L’unité travaillera aux mêmes locaux, le bureau situé au 800 rue Bay, et aura le même numéro de téléphone, a par ailleurs confirmé Linda Williamson, directrice des communications du Bureau de l’Ombudsman, dans un courriel envoyé à Radio-Canada.

Le système de plainte sera le même, disponible sur notre site web à partir du 1er mai, a ajouté Mme Williamson. Elle n’a cependant pas été en mesure de confirmer à partir de quelle heure celui-ci serait en vigueur.

Beaucoup de questions subsistent toutefois sur une partie du mandat du Commissariat, notamment la publication, ou non, de futurs rapports, le caractère proactif de cette nouvelle unité et son rôle auprès de la classe politique.

Appeler les gens à déposer des plaintes

L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario a, quant à elle, tenu à souligner cette dernière journée de l’actuel Commissariat par le lancement d’une campagne de sensibilisation qui se fera lors d’une conférence de presse à Queen’s Park, ce mardi à 13 h.

À l’ère « post-Commissariat aux services en français », l’AFO renseignera les Franco-Ontariennes et Franco-Ontariens sur les démarches à suivre pour faire respecter leurs droits linguistiques, précisait le communiqué de l’organisme.

On veut profiter de l’occasion pour faire une campagne pour amener les gens à demander des services en français là où on est en droit de recevoir des services en français, a expliqué le président de l’AFO, Carol Jolin, en entrevue à Radio-Canada.

Il souhaite également que, si on ne dessert pas les gens de la bonne façon, qu’on le fait mal ou qu’on ne le fait pas du tout, les gens fassent une démarche pour déposer une plainte à l’ombudsman de l’Ontario pour améliorer la situation des services en français.

Le Club canadien de Toronto prévoit d’organiser le 20 juin un événement consacré à François Boileau dans la Ville Reine, au campus Glendon de l’Université York.

M. Jolin a ajouté qu’un hommage serait rendu à François Boileau. On voulait faire quelque chose d’un peu plus gros, mais on va se reprendre au mois de juin au dîner du Club canadien et, à ce moment-là, c’est possible qu’on en profite pour le ''rôtir'' un petit peu, a poursuivi M. Jolin.

Toronto

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