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Lock-out à l'ABI : les détails de l’hypothèse de règlement dévoilés

Jean Boulet en point de presse à l'Assemblée nationale à Québec.

Le ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, a remis le 17 avril une hypothèse de règlement à la direction de l'Aluminerie de Bécancour inc. (ABI) et au syndicat des travailleurs.

Photo : Radio-Canada

Maude Montembeault

Radio-Canada a obtenu copie de l'hypothèse de règlement élaborée par le ministre du Travail. Le document touche aux enjeux cruciaux entre les deux parties. Au chapitre de la sous-traitance, le syndicat considère que les propositions du ministre Jean Boulet sont pires que la dernière offre patronale.

Au terme d’une rencontre entre le syndicat et une soixantaine de chefs d’équipe de piquetage, plusieurs copies de l’hypothèse de règlement, pourtant confidentielle, ont coulé dans les médias. Le document de 58 pages, comprenant un protocole de retour au travail et des ajustements sur les principaux points en litige, a été expliqué lors d’une rencontre de quatre heures qui s’est tenue lundi après-midi.

On y apprend que les règles pour recourir à la sous-traitance ont été assouplies par le ministre Jean Boulet. Plusieurs raisons sont ainsi énumérées dans le document et permettraient à l’employeur de faire appel à des tiers. Pour le président du Syndicat des métallos, Clément Masse, cette clause est plus permissive que ne l’était l’offre patronale d’Alcoa en mars dernier.

Ça renforce la capacité de l’employeur de donner les travaux en sous-traitance [...] C’est pire que l’offre de l’employeur du 4 mars.

Clément Masse, président de la section locale 9700 du Syndicat des métallos

Pour Clément Masse, le reste de l’hypothèse de règlement est pratiquement identique à l’offre patronale du 4 mars, que ce soit pour le régime de retraite, les libérations syndicales, l’organisation du travail et les clauses salariales.

En conférence de presse la semaine dernière, le syndicat a rejeté catégoriquement l’hypothèse de règlement après qu’Alcoa se fut dite favorable dans un communiqué. Le Syndicat des métallos s’était cependant engagé à transmettre le contenu du document à ses membres. Aucune assemblée formelle et aucun vote n’auront lieu, avait-il confirmé.

Hommes qui crient le poing en l'air.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les travailleurs encore présents à la salle du centre des congrès, à Trois-Rivières, se sont mis à crier de joie et à scander « so-so-so solidarité » après l'annonce du résultat, lundi soir.

Photo : Radio-Canada

Protocole de retour au travail

Selon nos sources, plusieurs travailleurs étaient insatisfaits de la durée du retour progressif au travail et de ses modalités. La réintégration des salariés dans leurs fonctions passe de 10 à 6 mois dans le document soumis par Jean Boulet. La relance des activités normales, elle, s’étire sur 10 mois. La proposition évoque un « objectif » de l’employeur et non une obligation, critique Clément Masse. Pour lui, il n’y a aucune garantie que ces délais seraient respectés.

Jean Boulet précise son hypothèse de règlement

Le ministre du Travail n’a pas voulu commenter l'entièreté du document lundi soir. Il réserve ses commentaires pour mardi. En entrevue à Radio-Canada plus tôt dans la journée, le ministre s'était tout de même avancé sur deux aspects.

Après discussion avec l’employeur dans la journée, il assure que 85 % des employés d’ABI seront en poste six mois après le début du protocole de retour au travail. Après sept mois et deux semaines, il estime que 100 % d’entre eux auront été rappelés au boulot. Dans l’intervalle, il les assure que l’employeur leur versera une indemnité de 635 $ par semaine, soit l’équivalent des prestations actuellement versées par le syndicat lors du conflit.

Gens autour de la table dans un bureau. On y voit notamment François Legault, Jean Boulet et Donald Martel.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le premier ministre du Québec, François Legault, a rencontré des dirigeants d'Alcoa au sujet du conflit de travail à l'Aluminerie de Bécancour inc. (ABI), lundi à Montréal.

Photo : Twitter/François Legault

Alcoa laisserait tomber sa poursuite

Trois mois après le début du conflit de travail, Alcoa poursuivait le Syndicat des métallos pour « actions et comportements illégaux » avant le déclenchement du lock-out. Or, cette poursuite tomberait à l’eau si le syndicat acceptait l’hypothèse de règlement, assure Jean Boulet, réitérant du même souffle son souhait que se tienne un vote des travailleurs.

J’espère mettre les points sur les "i". Mon souhait est que les salariés puissent s’exprimer de façon libre et volontaire lors d’un vote en assemblée.

Cette promesse du ministre ne figure cependant pas dans le document de 58 pages.

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Mauricie et Centre du Québec

Relations de travail