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Le Manitoba et l'Ontario s'inquiètent de la présence de moules zébrées dans le lac Shoal

Une moule zébrée reposant sur une pierre.

Une moule zébrée retrouvée dans le lac Memphrémagog, à Magog.

Photo : Radio-Canada

Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le ministère du Développement durable du Manitoba et le ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l'Ontario affirment avoir détecté la présence d'une larve de moule zébrée dans un échantillon d'eau du lac Shoal à la frontière des deux provinces.

Une larve véligère de moule zébrée a été découverte dans un des six échantillons d’eau prélevés en août 2018 dans le cadre de détections des Espèces aquatiques envahissantes.

L’échantillon provient d’un secteur proche de l'embarcadère public de Clytie Bay, au nord-est du lac Shoal. La larve qui a été trouvée n’est qu’une des premières étapes de la vie des moules zébrées. À ce stade, les larves sont microscopiques et nagent librement.

Le lac Shoal alimente le circuit d'eau potable de la Ville de Winnipeg. La municipalité affirme pour sa part n’avoir détecté aucune présence de moule zébrée lors de sa surveillance annuelle.

« La Ville de Winnipeg a son propre contrôle du lac Shoal, pour surveiller particulièrement la colonisation des moules zébrées durant la saison de leur développement », précise le gestionnaire du service de traitement des eaux de Winnipeg, Tim Shanks.

Dispositifs de protection déjà en place

Tim Shanks rappelle que la Ville se prépare depuis les années 1990 à contrer ce type de colonisation. Les moules zébrées peuvent en effet endommager les infrastructures, comme les canalisations, en se fixant à leurs parois.

« Il faut éviter la prolifération et éviter qu’elles se fixent. Notre plan, pour le moment, est d’utiliser du chlore avec des doses continues ou intermittentes pour décourager la fixation des moules. Sinon, nous pourrons avoir recours à de la suppression manuelle », explique-t-il.

Il affirme que la Ville utilise déjà des traitements chlorés dans son système pour lutter contre les bactéries.

Le chercheur aux lacs expérimentaux de l’Institut international pour le développement durable, Scott Higgins, indique que les moules zébrées sont une espèce hautement colonisatrice.

« Elles sont hautement envahissantes avec jusqu’à plus de 100 000 individus par mètre carré sur des surfaces dures comme le fond des lacs et les quais. Elles vivent environ sept ans, mais se reproduisent très vite. Chaque femelle peut produire jusqu’à un million d’œufs », précise-t-il.

Il ajoute également que sur le plan écologique, ces moules déséquilibrent la faune maritime, ce qui peut avoir un effet négatif sur la pêche.

Scott Higgins insiste néanmoins sur le caractère inoffensif du mollusque pour les humains. De plus, il rappelle que les prélèvements n’ont pour le moment trouvé qu’une unique trace de larve véligère.

« Ça pourrait être ce qu’on appelle un résultat positif erroné. Cela veut dire qu’une larve aurait pu rester dans les échantillons d’un autre prélèvement. Il faut faire d’autres tests avant de tirer la sonnette l’alarme », indique le chercheur.

Difficile de s'en débarrasser

Scott Higgins rappelle qu’une fois dans l’écosystème, les moules zébrées sont extrêmement difficiles à éradiquer.

« Il n’y a eu que très peu de cas où ces moules ont été éradiquées aux États-Unis, et c'était dans de très petits lacs. Il faut utiliser des produits chimiques qui deviennent bien trop chers pour de grands lacs, sans parler des risques pour la santé dans le cas d’un lac qui alimente le réseau d’eau potable », explique-t-il.

Il ajoute que le premier responsable de la prolifération des larves reste l’activité humaine. Les larves s’accrochent aux bateaux et sont capables de survivre plus d’une semaine hors de l’eau, même en plein été.

Scott Higgins insiste sur l’importance pour les plaisanciers de bien décontaminer leur bateau et leur remorque dès qu’il quitte un lac avec des moules zébrées, avant d’aller sur un autre plan d'eau.

Avec des informations de Gavin Boutroy

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