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Le bureau de Mélanie Joly a recommandé que Léonie Tchatat soit désinvitée d’un événement

La ministre Mélanie Jolie en compagnie de la directrice de l'organisme Passerelle-IDE Léonie Tchatat.

Alors ministre du Patrimoine, Mélanie Joly est en compagnie de Léonie Tchatat en 2017.

Photo : Radio-Canada / Katherine Brulotte

Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Alors qu’elle soutient toujours n’avoir « rien à se reprocher », Léonie Tchatat essuie une rebuffade de la part du bureau de la ministre des Langues officielles et de la Francophonie, Mélanie Joly, qui a demandé qu’elle soit retirée de la liste des invités d’un événement du Club canadien de Toronto en attendant l’issue des enquêtes qui visent La Passerelle-I.D.É.

Par courriel, le bureau de la ministre confirme avoir fait une recommandation au Club canadien de Toronto en prévision d’un petit déjeuner organisé à l’hôtel Fairmont Royal York de Toronto, le 10 avril dernier, pour marquer les 50 ans de la Loi sur les langues officielles.

« En attendant que la lumière soit faite sur les événements, notre bureau a recommandé de retirer l’invitation à l’organisme en question », explique l’attaché de presse, Jeremy Ghio.

Le bureau de Mme Joly est toujours « très préoccupé » par les récentes allégations du Toronto Star et dit s’attendre « à ce qu’une organisation qui reçoit du financement public de notre ministère l’utilise avec la plus grande rigueur et transparence », ajoute-t-il.

La porte-parole de La Passerelle-I.D.É, Kenza Bendjenad, a réagi lundi à la demande du bureau de Mme Joly. « Nous avons été très ouverts sur le fait que les attaques diffamatoires et malveillantes contre Léonie, sa famille et La Passerelle ont poussé certaines personnes et certains organismes à prendre leurs distances sans avoir de preuves », a-t-elle déclaré. « Cela a été décevant et difficile, mais n’a fait que renforcer notre détermination à démontrer le bon travail de La Passerelle. »

L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario confirme également avoir recommandé à Léonie Tchatat, qui devait prendre place à la table de l’AFO, de ne pas se présenter au même événement. « C’est ce qu’on lui a conseillé, en attendant que les choses se placent », a indiqué lundi le président de l’AFO, Carol Jolin.

Dans un communiqué, le Club canadien de Toronto « reconnaît avoir effectivement reçu une recommandation du ministère du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie, mais tient à souligner qu’à aucun moment madame Léonie Tchatat n’avait reçu une invitation du Club canadien de Toronto pour assister à son déjeuner du 10 avril ». Le Club rappelle que ses activités sont publiques et ouvertes à tous.

Peu de temps après, lors d’une entrevue à l’émission Y a pas deux matins pareils, Léonie Tchatat avait d’ailleurs décrié avoir été « chassée de tables » lors d’événements de la francophonie ontarienne depuis le début de l’affaire.

Léonie Tchatat, présidente de La Passerelle.

Léonie Tchatat, présidente de La Passerelle

Photo : Radio-Canada / MATEO GARCIA-TREMBLAY

Sous la loupe d’une agence fédérale

La Passerelle-I.D.É. fait l’objet d’enquêtes de Sécurité publique Canada, de ministères provinciaux et de la Ville de Toronto relativement à l’investigation du Toronto Star. Des bailleurs de fonds ont aussi ouvert des enquêtes, cette fois à la suite d’un reportage de Radio-Canada, sur l’autre organisme dirigé par Mme Tchatat, La Charité Léo.

Depuis peu toutefois, La Passerelle-I.D.É est sous la loupe d’un autre organisme fédéral, Corporations Canada.

En effet, Radio-Canada a découvert que, dans ses dernières déclarations auprès de Corporations Canada, La Passerelle-I.D.É a déclaré être un organisme « n'ayant pas recours à la sollicitation ».

Cette désignation permet d'éviter de soumettre des états financiers détaillés à l'agence fédérale, mais elle est réservée aux organismes qui reçoivent moins de 10 000 $ par année en fonds publics, alors que La Passerelle-I.D.É a reçu plus de 2 millions de dollars en 2018.

« Je m’explique mal comment La Passerelle-I.D.É. serait un organisme qui n’a pas recours à la sollicitation, compte tenu de l’envergure des fonds qu’elle a reçus de source gouvernementale. »

— Une citation de  Carole Chouinard, avocate spécialisée en droit des OBNL

Lundi, la porte-parole Kenza Bendjenad a indiqué que l’organisme reçoit des fonds « en toute conformité avec les exigences législatives », sans dire toutefois pourquoi l’organisme déclare ne pas avoir recours à la sollicitation.

Radio-Canada a demandé à Corporations Canada si La Passerelle-I.D.É. avait fait une déclaration erronée. « Corporations Canada analyse les renseignements que vous nous avez fournis concernant l’organisation à but non lucratif », a répondu le porte-parole Kevin Ménard.

Si Corporations Canada reçoit des renseignements « suggérant qu’une organisation [...] n’est pas en conformité avec ses obligations de dépôt », a-t-il ajouté, le ministère « entrera en contact avec cet organisme » pour exiger qu’il les remplisse.

L’avocate Carole Chouinard note que ses clients font parfois des déclarations erronées, parce qu’ils comprennent mal les définitions prévues par la loi.

Toutefois, lors des trois années précédentes, soit de 2015 à 2017, La Passerelle-I.D.É. a déclaré qu’elle avait en effet eu recours à la sollicitation. Ce n’est qu’en 2018 qu’elle a modifié cette désignation.

Selon Mme Chouinard, il est « curieux » que La Passerelle-I.D.É. ait modifié cette désignation, « compte tenu de ses sources de revenus ».

Léonie Tchatat fustige la communauté francophone de l'Ontario pour l'avoir « laissé tomber ».

Léonie Tchatat fustige la communauté francophone de l'Ontario pour l'avoir « laissé tomber ».

Photo : Radio-Canada / MATEO GARCIA-TREMBLAY

Suivi sur Kids Up Front

Léonie Tchatat n’a pas accordé d’entrevues depuis son passage à l’émission Y a pas deux matins pareils de Radio-Canada, le 18 avril dernier.

Au micro de Marjorie April, Mme Tchatat avait soutenu être en possession de courriels qui pourraient « prouver » que l’organisme Kids Up Front était au courant que les dirigeants de La Passerelle-I.D.É. utilisaient à des fins personnelles des billets destinés à des enfants dans le besoin.

Depuis, sa porte-parole Kenza Bendjenad refuse toutefois de fournir une copie de ces courriels à Radio-Canada « pour préserver la confidentialité des organismes en question ».

Lors de l’entrevue, Mme Tchatat avait aussi blâmé la communauté francophone de l’Ontario pour l’avoir « laissé tomber » et « dénigrée » et avait réagi à l’enquête de Radio-Canada sur son autre organisme, La Charité Léo.

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