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La ministre de la Culture veut classer un monastère à Berthierville

Un monastère, ses haies et arbustes, sous le soleil.

Les moniales dominicaines ont vendu leur monastère à un promoteur qui souhaite le démolir.

Photo : Radio-Canada

La Presse canadienne

La ministre de la Culture, Nathalie Roy, poursuit ses démarches afin de protéger un monastère à Berthierville. Lundi, elle a demandé un avis d'intention de classement aux experts du Conseil du patrimoine du Québec.

Le monastère des moniales dominicaines, qu'elle veut classer au patrimoine national, sera donc protégé pour la durée de l'examen, qui pourrait prendre jusqu'à un an, a affirmé la ministre lors d'une mêlée de presse à l'Assemblée nationale, en marge de l'étude des crédits de son ministère.

« L'avis d'intention de classement protège l'immeuble, a-t-elle déclaré. Le propriétaire n'a pas le droit d'y toucher. »

La ministre s'affaire depuis plusieurs semaines déjà à protéger ce bâtiment, vendu par les religieuses à un acquéreur qui menace aujourd'hui de le démolir.

Début avril, elle avait signé une ordonnance protégeant le monastère pour une période de 30 jours, le temps que les experts du ministère de la Culture déterminent la valeur patrimoniale du complexe.

La ministre s'était prévalue de l'article 76 de la Loi sur le patrimoine culturel qui lui permet de décréter une ordonnance de 30 jours pour éviter « que ne s'aggrave la menace pour le bien » si elle juge « qu'il existe une menace réelle ou appréhendée que soit dégradé de manière non négligeable un bien susceptible de présenter une valeur patrimoniale ».

Dans un communiqué transmis au lendemain de la publication de l'ordonnance du ministère, le propriétaire André Saint-Martin avait plaidé qu'il détenait un permis de démolition de la Ville de Berthierville et de la MRC d'Autray. Il avait toutefois assuré qu'il se soumettrait à l'ordonnance.

Main tendue

Lundi, la ministre Roy a dit tendre la main à M. Saint-Martin, en faisant miroiter des subventions et en se présentant comme une « partenaire » dans son projet.

Si le classement est accordé, a-t-elle expliqué, l'État pourra lui rembourser 40 % du coût des travaux de rénovation lorsqu'ils toucheront ce qui est classé.

« Nous ne voulons pas bloquer les travaux, comprenez-moi bien, nous voulons être un partenaire, a déclaré Mme Roy. Je tends la main au promoteur pour que l'on fasse vivre ce patrimoine bâti, parce que c'est ce que les gens veulent. »

Selon la ministre, le Conseil du patrimoine du Québec n'a jamais refusé un avis d'intention de classement.

Par ailleurs, Mme Roy a affirmé qu'il y a « certainement des modifications à apporter à la loi » pour empêcher d'autres municipalités d'octroyer des permis de démolition lorsqu'il est question de bâtiments à valeur historique.

Le promoteur déçu

Dans un communiqué diffusé lundi après-midi, M. Saint-Martin s'est dit « déçu » de la décision de la ministre.

« Nous solliciterons sans délai une rencontre avec la ministre et les moniales dominicaines de Berthierville, de qui nous avons acheté le monastère dans l'unique but de le démolir afin de discuter de la situation devenue fort critique et pénalisante et des prochaines étapes, a-t-il déclaré. Puisque notre projet résidentiel, tel qu'il a été présenté aux autorités municipales et approuvé par ces dernières, ne pourra voir le jour, il est inévitable, advenant que le bureau de la ministre persiste avec le classement, que nous devrons envisager obtenir sans délai l'annulation des transactions par lesquelles nous avons acquis des moniales dominicaines les divers lots et bâtiments, dont le monastère, car le projet ne peut désormais aller de l'avant. L'achat de ces terrains était conditionnel à ce que l'ensemble du projet puisse être réalisé sans conserver le monastère. »

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