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Les maternelles 4 ans à un kilomètre des garderies subventionnées

Le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, doit défendre le réseau de la petite enfance avec l'ouverture massive de classes de maternelle 4 ans dans les prochaines années.
Le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, doit défendre le réseau de la petite enfance avec l'ouverture massive de classes de maternelle 4 ans dans les prochaines années. Photo: La Presse canadienne / Jacques Boissinot
Mathieu Dion

Qu'il le veuille ou non, le gouvernement Legault peut difficilement éviter d'ouvrir de nouvelles classes de maternelle 4 ans près de services de garde subventionnés. Une compilation exhaustive de la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ), obtenue par Radio-Canada, nous apprend qu'une distance médiane d'un kilomètre seulement sépare les classes actuelles et futures d'une garderie subventionnée.

En janvier, le ministre de la Famille Mathieu Lacombe promettait que son gouvernement éviterait d’implanter les nouvelles maternelles près des garderies. Tout récemment à l’étude des crédits budgétaires de son ministère, il précisait qu’il s’agit plutôt de « choisir l’endroit où ce sera davantage complémentaire ».

On n’est pas fou non plus, on ne choisira pas le pire pour mettre des garderies ou des CPE en péril quand on peut faire autrement.

Mathieu Lacombe, ministre de la Famille du Québec, lors de l’étude des crédits budgétaires 2019-2020

Le croisement des données de la FIPEQ, calculées à partir de la latitude et de la longitude des services de garde et des écoles, indique que la distance médiane de CPE et de garderies privées subventionnées avec plus de 200 nouvelles classes annoncées en février s’établit à 1,3 km.

Par exemple, l'école Saint-François-d’Assise à Trois-Rivières se trouve à un peu plus d'une centaine de mètres de marche du CPE La Maisonnée; scénario semblable pour l'école Jean XXIII et le CPE Bambin Club, à l'Ange-Gardien.

« N’importe quoi »

La présidente de la FIPEQ, Valérie Grenon, explique avoir fait cette enquête, qui ne révèle « rien d’étonnant » selon elle, puisque le ministre Mathieu Lacombe s’était avancé sur le sujet.

« Leur plan n’est pas détaillé, déplore-t-elle. […] Ça fait seulement démontrer que c’est un peu n’importe quoi de dire : "On va s’assurer de la distance". » Il semble en effet difficile d'ouvrir des classes de maternelle 4 ans dans des écoles loin des garderies, alors que les municipalités sont organisées autour de services de proximité.

De toute manière, les CPE ont toujours été près des écoles; ce sont des quartiers résidentiels. Nous sortir que, géographiquement, ça allait respecter la complémentarité, c’est n’importe quoi.

Valérie Grenon, présidente de la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec

Pour la FIPEQ, la notion de complémentarité n’est plus respectée avec l’offre généralisée de la prématernelle, plutôt que l'offre limitée aux milieux défavorisés. Les données montreraient donc, à première vue et d’après le syndicat, l’absence d’effort pour répartir autrement les maternelles 4 ans.

Le ministre de l'Éducation contredit celui de la Famille

Appelé à réagir à cette enquête, le ministre de l'Éducation Jean-François Roberge a affirmé « qu'il est un peu difficile de dire qu'on va construire des maternelles 4 ans loin des familles ». « Je ne me souviens pas de sa déclaration précise », a-t-il répondu au sujet de la promesse faite par Mathieu Lacombe.

L'essentiel, c'est l'accès. Pour qu'il y ait accès, il faut qu'il y ait accessibilité physique aussi.

Jean-François Roberge, ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur du Québec

La porte-parole de l'opposition officielle en matière d'éducation, la députée libérale Marwah Rizqy, estime que la demande insuffisante, la pénurie d'enseignants et les coûts sont des freins importants au déploiement des maternelles 4 ans. « On fonce dans un mur, le mur-à-mur des maternelles 4 ans, à cause d'une obsession du premier ministre », a-t-elle déclaré en point de presse.

Aux dires de Véronique Hivon, du Parti québécois, cet exemple est l'illustration que « le gouvernement n'a pas fait le travail avant de se lancer dans ce projet, donc on a des déclarations complètement contradictoires ». « Visiblement, ils n'ont pas réfléchi à leur affaire », renchérit Christine Labrie, de Québec solidaire.

Variation d'enfants si 80 % d'entre eux fréquentent la maternelle 4 ans en 2023 (par rapport à 2018)

  • Maternelle 4 ans : +69 486
  • Centres de la petite enfance : 0
  • Garderies privées subventionnées : 0
  • Services de garde en milieu familial : -24 733
  • Garderies privées non subventionnées : -18 845


Ajout d'effectifs si 80 % des enfants fréquentent la maternelle 4 ans en 2023 (par rapport à 2018)

  • Enseignants : 5081
  • Ressources spécialisées : 2540
  • Éducateurs en services de garde en milieu scolaire : 1060


Source : Analyse d’impact réglementaire du projet de loi sur l’éducation préscolaire des élèves de 4 ans

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