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La GRC convaincue de respecter la Loi sur les langues officielles

Des cadets de la Gendarmerie royale du Canada au centre formation de Regina.
Des cadets de la GRC pendant la cérémonie de fin de formation à Regina, le 5 juin 2017. Photo: Reuters / Valerie Zink
Sophie Chevance

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) assure qu'elle respecte la Loi sur les langues officielles avec son projet pilote qui suspend la formation en français pour les futurs agents de la police fédérale.

Face aux réactions de membres de la communauté francophone, la porte-parole de la GRC, Marie Damian, souligne l'engagement de l'institution fédérale.

La Gendarmerie royale du Canada demeure déterminée à servir le public conformément à la Loi sur les langues officielles.

Marie Damian, sergente et porte-parole de la GRC

Depuis le 1er avril, les cadets francophones de la Gendarmerie royale du Canada peuvent, au mieux, suivre leur formation dans un format bilingue. La formation est par ailleurs toujours offerte en anglais.

Dans le passé, une troupe francophone terminait, chaque année, la formation à l’École de la GRC à Regina. Ce n’est désormais plus le cas.

La GRC se targue de défendre, malgré tout, le français dans ses rangs de cadets.

Nous lançons ce projet pilote pour renforcer l’usage du français en milieu de travail, en améliorant les compétences linguistiques des policiers bilingues de la GRC, soutient Marie Damian.

Au cours de l’année 2019-2020, 40 troupes de cadets seront formées à l’école de la GRC. De ce nombre, deux troupes pourront suivre leur programme dans le format bilingue. La formation des 38 autres cohortes sera dispensée en anglais.

Un projet pilote critiqué

La Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) dénonce cette initiative et demande une rencontre avec les hauts dirigeants de la GRC.

Selon la FCFA, le projet pilote ne permet pas d'atteindre l’égalité réelle entre les deux langues. Pour y parvenir, la formation unilingue en anglais devrait, elle aussi, disparaître, pour faire place à une formation bilingue pour tout le monde.

Pour l’avocat spécialisé en droits linguistiques, Michel Doucet, l'initiative de la GRC est carrément contraire à Loi sur les langues officielles.

En refusant d’offrir un programme en français comme avant, la GRC contrevient à la Loi, contrevient au principe d’un traitement égal des deux langues officielles à l’intérieur des institutions du gouvernement canadien.

Michel Doucet, avocat spécialisé en droits linguistiques

Michel Doucet indique par ailleurs que la logique de l’institution fédérale est défaillante. Selon lui, l’absence de postes désignés francophones à l’extérieur du Québec n’a rien à voir avec la langue de la formation.

Une ancienne cadette de la GRC, Marie-Eve Bussières, se préoccupe aussi de la situation. Pour elle, ce projet pilote ne doit pas être une façon d’évacuer les ressources matérielles et humaines disponibles en français.

Marie-Eve Bussières devant l'entrée de la station de Radio-Canada, à Regina. Marie-Eve Bussières avait choisi d'intégrer la formation de la GRC en anglais afin d'augmenter ses chances de placement par la suite. Photo : Radio-Canada / Sophie Chevance

Selon elle, malgré le nombre important de postes à pourvoir en anglais au sein de l'institution, il faut s’assurer de maintenir des ressources en français pour les cadets francophones. Ces dernières sont d'autant plus importantes que la formation des cadets est exigeante.

Tu vas à l’école pendant six mois en formation intensive. À un moment, tu veux te retrouver dans un milieu francophone pour te ressourcer.

Marie-Eve Bussières, ancienne cadette de la GRC

De son côté, le Commissariat aux langues officielles, responsable de faire respecter la loi, a reçu quatre plaintes au sujet du projet pilote de la GRC. Un processus d’enquête est en cours.

Aux yeux de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada, ce projet pilote justifie encore davantage le besoin de moderniser la Loi sur les langues officielles, qui fête ses 50 ans cette année.

Avec des informations d'Olivier Daoust

Saskatchewan

Francophonie