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Des dizaines d'animaux rescapés des inondations à Sainte-Marthe

La dame tient le chat dans ses bras.

Julie Dumoulin ne cachait pas sa joie d'avoir retrouvé son chat « Tigrou », lundi.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Jérôme Labbé

De nombreux résidents de Sainte-Marthe-sur-le-Lac ont dû laisser derrière eux leurs animaux de compagnie en quittant leur demeure dans la précipitation, samedi soir, lorsqu'une digue a cédé dans le lac des Deux Montagnes. Une équipe de sauveteurs de Montréal est retournée sur le terrain lundi pour les ramener sur la terre ferme. Nous les avons accompagnés.

Par chance – par miracle, diront certains –, le bris de la digue de Sainte-Marthe-sur-le-Lac n'a fait aucune victime. Plusieurs sinistrés, cependant, en avaient gros sur le coeur, lundi, sachant que leurs animaux de compagnie se trouvaient toujours chez eux, sans personne pour s'en occuper, parfois sans nourriture ni eau potable.

« Je me suis senti coupable d'avoir laissé mon chat derrière », admet Julie Dumoulin, soulagée d'avoir retrouvé son vieux chat « Tigrou », 36 heures après la catastrophe.

Son conjoint, Daniel Fafard, explique que tout allait très vite, samedi soir. « On l'avait laissé en pensant qu'on était pour y retourner, mais avec l'eau qu'il y a, oubliez ça. Jamais on n'aurait pu y aller. »

Le chat dans sa cage.

« Tigrou », alias « Moune », aurait pu ne jamais retrouver ses propriétaires, n'eût été des employés de Sauvetage Animal Rescue.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

C'est l'entreprise montréalaise Sauvetage Animal Rescue qui a été mobilisée de toute urgence, lundi matin, pour rescaper les animaux prisonniers de la montée des eaux.

Depuis, ses équipes sillonnent les rues inondées en canot pneumatique, croisant parfois celles de la Sûreté du Québec qui, elles, continuent leur opération de surveillance afin de s'assurer que personne ne profite de la situation pour s'introduire par effraction dans les résidences.

« Nous, ce qu'on dit, c'est que si on vient qu'à régler le facteur animal, on va régler une bonne partie du facteur humain », explique le directeur des opérations, Éric Dussault. « En sachant que son animal est en sécurité, le citoyen va devenir pas mal plus coopératif. »

M. Dussault porte une veste de flottaison et un casque, sur lequel une caméra de type GoPro a été installée.

Éric Dussault est le responsable des opérations sur le terrain de Sauvetage Animal Rescue.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Déjà, lundi matin, 36 ménages s'étaient inscrits auprès de la Municipalité pour que les équipes de secours de Sauvetage Animal Rescue se rendent chez eux, pour un total d'environ 60 animaux. M. Dussault assurait cependant qu'une centaine d'animaux – des chiens et des chats, surtout – pourraient être sauvés d'ici la tombée de la nuit.

« Ce qu'on surveille, évidemment, c'est l'hypothermie. Et puis tout ce qu'on qualifie d'animaux exotiques [oiseaux, lapins, cochons d'Inde, etc.] qui pourraient être un peu plus à risque, ça aussi, c'est une priorité pour nous. »

Le jeune homme se penche pour prendre l'un de chats dans ses bras.

Alexandre Brodeur a récupéré les trois chats d'une collègue, laissés seuls à eux-mêmes depuis vendredi après-midi.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Reste que, dans les faits, ce sont surtout des chats qui ont été secourus lundi – des chats comme Lily-Rose, une femelle grise âgée de cinq ans, qui a retrouvé sa famille en début d'après-midi.

Laura Fleury, 12 ans, a crié de joie lorsqu'elle a appris que sa chatte était toujours vivante.

« Je suis vraiment heureuse, parce que je vais retrouver mon chat », jubilait-elle, quelques minutes avant de pouvoir serrer Lily-Rose dans ses bras. « Mais en même temps, je suis vraiment stressée par tout ce qui se passe... »

Comme tous les autres membres de sa famille, Laura n'était pas chez elle lorsque le niveau de l'eau a grimpé à la vitesse de l'éclair, samedi. Sa première pensée a été pour Lily-Rose, qu'elle a finalement retrouvée saine et sauve mardi.

Mais tous n'ont pas eu cette chance. Car il arrive aussi que les secouristes tombent sur ce qu'ils ont pudiquement nommé un « code Delta ».

Une employée de Sauvetage Animal Rescue sort d'une résidence inondée avec, sous le bras, une couverture contenant ce qu'on devine être les restes d'un animal.

Malheureusement, toutes les tentatives de sauvetage n'aboutissent pas nécessairement à un résultat heureux.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Inquiète pour son chat, Monique Benoît s'est rendue lundi matin au poste de commandement de Sauvetage Animal Rescue pour savoir quand une équipe de sauvetage pourrait se rendre chez elle.

Mais une fois sur place, plus tard dans la journée, les secours n'ont pu que constater l'évidence. À contrecoeur, ils ont dû annoncer eux-mêmes la triste nouvelle à sa maîtresse, ébranlée par la tournure des événements.

Une femme en pleurs entourée d'agents d'une équipe de sauvetage.

Monique Benoît a perdu son chat dans l'inondation de sa maison. On la voit ici raccompagnée par l'équipe de Sauvetage Animal Rescue, qui a dû lui annoncer la mauvaise nouvelle.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Car Mme Benoît n'a pas que perdu sa maison, en fin de semaine. Elle a aussi perdu un compagnon.

Avec la collaboration de Catherine Gauthier et Sarah Leavitt

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