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Inondations : le chef de Kashechewan demande le déménagement de la réserve

Photo d'un chef autochtone en tenue traditionnelle derrière un micro.

Le chef de la communauté de Kashechewan, Leo Friday, en conférence de presse à Queen's Park

Photo : Chaîne de Queen's Park

Radio-Canada

Alors que leur communauté est évacuée pour la 17e année d'affilée à cause d'inondations, des représentants de la réserve de Kashechewan dans le Nord de l'Ontario sont venus à l'Assemblée législative, à Toronto, lundi, pour crier leur ras-le-bol et presser les gouvernements ontarien et fédéral de déplacer les membres de la Première Nation.

Comment se fait-il qu'à Ottawa, l'Armée soit venue presque immédiatement prêter main-forte aux sinistrés [plus tôt ce mois-ci], alors que Kashechewan attend depuis 17 ans?, demande Derek Fox, le chef adjoint de la Première Nation Nishnawbe Aski.

Leo Friday, le chef de la réserve de Kashechewan située sur les berges de la baie James, affirme que les jeunes de la communauté perdent leurs culture et traditions [autochtones] à cause des crues annuelles, qui forcent les habitants de la communauté à déménager pendant plusieurs semaines voire plusieurs mois dans des villes plus au sud, comme Timmins ou Kapuskasing, en attendant que le niveau d'eau baisse.

Beaucoup de nos jeunes adultes ne savent pas comment appeler les oies et les canards, dit-il. Ils manquent nos cérémonies du printemps et ne reçoivent pas les enseignements spirituels adéquats, ce qui peut mener à des problèmes comme le suicide.

Pancarte de la Première Nation de Kashechewan sur la côte ouest de la baie James.

La ville de Thunder Bay est au nombre des communautés qui accueillent des résidents de Kashechewan lors de la crue des eaux printanières.

Photo : CBC/Erik White

Le chef Friday rappelle que la communauté demande depuis des années d'être déplacée sur des terres plus élevées et non inondables.

On ne voit que retard après retard, étude après étude. Les membres de notre communauté sont épuisés.

Leo Friday, chef de la réserve de Kashechewan

Un plan immédiat

Le chef Friday presse le gouvernement ontarien de collaborer avec Ottawa pour démarrer immédiatement le processus de déménagement, y compris la construction d'une route d'accès au nouveau site.

On ne peut pas attendre 8 à 10 ans avant la première pelletée de terre, lance Jonathon Solomon, grand chef du conseil Mushkegowuk, qui est né à Kashechewan.

Ce dernier écorche au passage la ministre fédérale des Relations Couronne-Autochtones, Carolyn Bennett.

Des évacuations coûteuses

Les résidents de Kashechewan doivent être évacués par avion ou par hélicoptère, en raison de l'éloignement de la réserve.

Ces évacuations coûtent plusieurs millions de dollars.

Par exemple, l'évacuation de 1300 résidents en 2015 avait coûté 9,4 millions de dollars.

En 2017, l’Ontario a signé une entente tripartite avec le gouvernement fédéral et la Première Nation pour trouver une solution à long terme.

Rien n’a été fait. La province a une responsabilité. La communauté, ça fait longtemps qu’elle attend, déplore Guy Bourgouin, député néo-démocrate provincial de Mushkegowuk-Baie James, une circonscription qui inclut Kashechewan.

L'Ontario ouvert au dialogue avec Ottawa

Le ministre ontarien des Affaires autochtones, Greg Rickford, appuie la proposition d'un déménagement.

Il ajoute toutefois que le projet prendra au moins quelques années.

Nous comprenons qu'il est plus que temps que ça se fasse et nous incitons le gouvernement fédéral à s'asseoir avec nous et les leaders de la communauté [pour en discuter], dit-il.

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