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Apple s’attaque aux applis combattant la dépendance au téléphone

Un gros plan sur les mains d'une femme tenant un téléphone intelligent. Les ongles rouges de la femme sont éclairés par l'écran.

Apple a lancé son propre service de suivi de l'utilisation des téléphones à l'automne 2018.

Photo : iStock

Radio-Canada

Sur les 17 applications visant à combattre la dépendance au téléphone et à sensibiliser les gens sur la question, 11 ont été restreintes ou retirées de l'App Store par Apple depuis que le géant californien a lancé son propre service du genre. Une situation que dénoncent plusieurs concepteurs.

« Ils nous ont expulsés sans avertissement », a indiqué au New York Times Amir Moussavian, PDG de OurPact, l’application de contrôle parental la plus téléchargée de l’App Store. D’après le quotidien new-yorkais, l’application comptait pour 80 % des revenus de l’entreprise lorsque Apple l’a supprimée de sa boutique en février dernier.

Quand Apple n’efface pas complètement les applications, il force parfois les concepteurs à enlever certaines fonctionnalités. Par exemple, des applications permettant à des parents de surveiller l’utilisation des téléphones de leurs enfants ont dû supprimer des fonctionnalités restreignant l’accès à des applications ou à du contenu pour adulte.

Ces concepteurs d’applications sont confrontés à une réalité méconnue des marchés numériques : ils ont besoin de collaborer avec Apple pour distribuer leur application, mais ils sont également ses concurrents.

Simple coïncidence?

Apple propose, depuis l’automne dernier, le service Temps d’écran, qui permet de suivre l’utilisation de son iPhone ou de son iPad. Comme c'est le cas dans plusieurs applications tierces, le temps passé à utiliser le téléphone y est consigné, tout comme le nombre de notifications reçues. Temps d’écran permet par ailleurs d’établir des limites d’utilisation de certaines applications et de surveiller et de contrôler l’utilisation des téléphones de ses enfants.

Mais d’après des concepteurs rencontrés par le New York Times, les services Temps d’écran et de contrôle parental d’Apple ne vont pas assez loin. « Leurs incitatifs ne visent pas vraiment à aider les gens à résoudre leur problème [de dépendance aux écrans] », a expliqué Fred Stutzman, PDG de Freedom, dont l’application a été supprimée par Apple en août 2018. « Pouvez-vous vraiment croire qu’Apple veut que les gens passent moins de temps sur leurs téléphones? »

Poursuite après poursuite

Des concepteurs estiment par ailleurs qu’Apple les force à enlever des fonctionnalités de leurs applications afin de les rendre moins utiles que Temps d’écran.

Des affirmations réfutées par Apple (Nouvelle fenêtre), qui soutient plutôt qu’elle a exigé des changements ou supprimé des applications parce qu’elles pouvaient accéder à trop d’informations sur les appareils des utilisateurs. « Nous traitons toutes les applications de manière égale, y compris celles qui sont en concurrence avec nos propres services », a indiqué au New York Times Tammy Levine, porte-parole d’Apple. L’entreprise californienne se défend par ailleurs d’avoir agi en réaction au lancement de Temps d’écran.

Ces propos d’Apple n’ont toutefois pas empêché deux entreprises de ce secteur d’intenter une poursuite contre Apple devant le bureau de la concurrence de l’Union européenne la semaine dernière. L’entreprise russe Kaspersky Lab poursuit également Apple en Russie pour violation des règles antitrust après avoir été forcée d’enlever des fonctionnalités de son application de contrôle parental.

Spotify a également interpellé, le mois dernier, les autorités européennes parce qu'Apple favorisait, selon lui, son propre service de diffusion musicale au détriment de celui de l’entreprise suédoise. Et au début du mois, le bureau de la concurrence néerlandais a annoncé qu’il se penchait sur la position dominante d’Apple avec sa boutique d’applications.

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