•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
Envoyée spéciale

L'empereur du Japon vu par trois générations

Le prince Naruhito se tient derrière son père, l'empereur Akihito.

L'empereur Akihito s'apprête à laisser le trône à son fils, le prince Naruhito.

Photo : La Presse canadienne / Eugene Hoshiko/AP

Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le 1er mai, le prince héritier Naruhito va accéder au trône du Chrysanthème dans la foulée de l'abdication historique de son père Akihito. À l'approche de ce changement d'ère, regards croisés de trois Japonaises de différentes générations sur la Maison impériale.

Assise dans sa maison, en banlieue de Tokyo, Mariko Nakano n’y va pas par quatre chemins. L’infirmière de 45 ans et mère d’une petite fille déclare qu’un empereur, ça n’a plus beaucoup de sens. Elle en veut pour preuve le fait qu’il ne soit plus un « dieu ».

Après la capitulation du Japon, Hirohito, le souverain de l’époque et père d’Akihito, a renoncé au statut de divinité. Et bien que l’empereur soit le chef de l’État, il n’a pas de pouvoir politique, en vertu de la Constitution imposée par les Américains qui ont occupé le pays plusieurs années après la Seconde Guerre mondiale.

Mariko Nakano gesticule des mains.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Mariko Nakano, infirmière de 45 ans. Chez elle, en banlieue de Tokyo. Avril 2019

Photo : Radio-Canada / Anyck Béraud

Pour Mariko Nakano, l'empereur est seulement un « homme riche et connu ».

Pourtant, dans son salon, en levant les yeux au-dessus du piano, impossible de rater des photos de la famille impériale bien encadrées.

Elle explique qu’elles sont là parce que c’est ce que souhaite sa mère, Shizue, qui vit avec elle.

Le point de vue de la mère

On a un conflit de générations, réplique la septuagénaire. Elle vénère l’empereur. Elle rappelle qu’il est le « symbole du pays et l’unité de la nation ».

Shizue Nakano sourit avec son animal de compagnie dans ses bras.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Shizue Nakano, 77 ans, résidente d'une banlieue de Tokyo. Avril 2019

Photo : Radio-Canada / Anyck Béraud

Akihito a gagné le respect de bien des Japonais parce qu’il s’est montré plus humain, plus proche de la population dans son rôle. Par exemple, il s’est rendu sur les lieux de désastres pour réconforter les sinistrés, en compagnie de sa femme, Michiko.

Et aussi parce qu’il s’est efforcé de panser les blessures causées par les exactions passées du Japon, guerres, occupations et autres, en visitant plusieurs pays, en prononçant des paroles de réconciliation. Il a même exprimé des « remords » lors du 70e anniversaire de la fin de la Deuxième Guerre mondiale, en 2015.

Le point de vue de la fille

Tamaki Wada, 13 ans, virtuose au piano et nièce de Mariko Nakano, dit que, pour elle, l’ère Hesei d’Akihito a été celle de la paix.

Nous lui demandons si la Maison Impériale est vraiment un sujet de conversation entre amis de son âge. Elle répond que, ces jours-ci, la discussion porte sur le fait que son nom à elle lui vaut des rabais, par exemple dans les magasins, puisqu’il est composé de WA, qui signifie Paix, comme dans Reiwa, le nom de l’ère impériale qui s’ouvrira le 1er mai.

Tamaki Wada regarde la caméra du coin de l'oeil.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Tamaki Wada, adolescente qui réside dans la banlieue de Tokyo. Avril 2019.

Photo : Radio-Canada / Anyck Béraud

Sa tante relève toutefois que l’ère Heisei a aussi été marquée par une crise économique sans précédent dans ce Japon en déclin démographique. Elle espère que la prochaine sera une ère de prospérité.

Et en ce temps de renouveau, toutes trois adhèrent à l’idée qu’on puisse, peut-être, en profiter pour changer les règles de succession, pour qu’une femme puisse accéder au trône du Chrysanthème.

L’aînée soutient qu’une chef d’État mettrait à profit sa sensibilité féminine pour le bien du Japon.

L’adolescente affirme que ce serait tout un symbole. « Pour qu’il y ait moins de sexisme et de discrimination », dit-elle.

Mariko Nagano renchérit : « Il y a bien du chemin à faire ».

Sans compter que cela pourrait – encore là, peut-être – assurer la survie de la Maison impériale. La lignée Yamato rétrécit comme une peau de chagrin, avec un nombre très réduit d'héritiers potentiels.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !