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Une marche pour démystifier la réalité des réfugiés

Des personnes issues des communautés culturelles arborent des pancartes autour du cou sur lesquelles on peut lire des statistiques sur les déplacés internes.

Des dizaines de personnes ont participé à la marche Partagez le chemin à Sherbrooke.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Adriana Herrera Duarte se souviendra toute sa vie du jour où deux hommes armés se sont attaqués à sa fille et l'ont presque tuée. Menacée en raison de ses prises de position pour les droits de la personne, la mère de famille colombienne s'est enfuie au Canada pour protéger son enfant. Dimanche, elle a partagé son histoire lors d'une marche organisée à Sherbrooke dans l'espoir de sensibiliser un maximum de personnes à la réalité des réfugiés.

C’est important que les gens entendent les raisons pour lesquelles on a quitté notre pays d’origine. C’est un départ dans un contexte de guerre très traumatique. C’est nécessaire que tout le monde comprenne qu’on est venus ici à cause de ça et non pas pour des objectifs financiers, explique-t-elle.

Adriana est l’une des trois réfugiées à avoir pris la parole lors de l’événement Partagez le chemin, instigué par l’organisme Développement et Paix. Cette marche de quelques kilomètres autour du lac des Nations visait à combattre certains préjugés encore bien tenaces ciblant les réfugiés.

Des dépliants anti-immigration distribués en début d’année à Sherbrooke prouvent selon elle qu’il est encore essentiel de déployer des efforts pour combattre la xénophobie.

[Ces dépliants] m’ont fait réagir. Ça veut dire qu’il y a encore un manque d’informations et de connaissances sur les raisons pour lesquelles les réfugiés sont arrivés. C’est important de les sensibiliser à notre réalité.

Je leur demande de venir nous connaître et de ne pas avoir peur de la différence.

Adrianna Herrera Duarte

Des millions de déplacés

En 2017, les guerres, les violences et la persécution ont généré plus de 68 millions de déplacements forcés dans le monde, selon l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés.

On veut que les gens prennent conscience qu’il y a des gens qui marchent à l’intérieur de leur propre pays et n'ont pas la possibilité de sortir, explique le coordonnateur de projets à la Fédération des communautés culturelles de l'Estrie, Henri M'Batika.

Lui-même a quitté la République démocratique du Congo (RDC), sa terre natale, pour fuir les violences qui ont secoué le pays après le génocide rwandais.

Ceux qui sont restés n’ont pas survécu. […] Cette marche, c’est aussi pour remercier le ciel qu’on soit arrivés à destination.

Henri M'Batika, coordonnateur de projets à la Fédération des communautés culturelles de l'Estrie

Plus de 20 ans se sont écoulés depuis son arrivée en sol canadien, et bien que le temps passe, la situation là-bas ne s’améliore pas. Des millions de personnes sont toujours considérées comme des réfugiés internes en RDC.

Ils sont attachés à leur pays, à leur terre, mais ils ne peuvent pas trouver asile ailleurs. Ces gens sont en train de souffrir et c’est en solidarité avec eux qu’on marche.

Henri M'Batika a aussi profité de l’événement pour insister sur l’importance de favoriser l’embauche et la francisation des immigrants, particulièrement en région.

La plus grande difficulté, c’est le travail. Les gens doivent pouvoir trouver du travail, c’est la meilleure intégration possible, rappelle-t-il.

En juin, la Fédération des communautés culturelles de l'Estrie organisera l’Espace de la diversité à Sherbrooke, un événement plus festif cette fois pour créer un lieu de rapprochement entre les immigrants et les membres de leur communauté d’accueil.

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