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Révision du système scolaire : des consultations en français sous le signe de la méfiance

Des personnes assises sur des chaises.

Le public a été invité à développer des idées sur l'avenir de l'éducation au Manitoba.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La Commission sur l'éducation de la maternelle à la 12e année du Manitoba a tenu une consultation publique samedi à Winnipeg à laquelle ont participé une centaine de personnes. Il s'agissait de la seule consultation menée entièrement en français sur les 10 qui sont menées entre le 24 avril et le 15 mai.

Elle fait partie d'un examen mené plus tôt cette année par le gouvernement de son système scolaire, afin d’apporter des changements possibles aux structures et programmes existants.

Les participants n’ont pas manqué de montrer leur méfiance quant aux travaux de cette commission indépendante. « Quand est-ce que vous avez été pour la dernière fois dans une classe? », a lancé un homme dans l’assemblée en direction des commissaires assis dans la salle en ouverture en séance.

D'autres personnes se sont inquiétées des réelles intentions de la commission.

« Il y a un certain nombre de gens qui pensent que les résultats sont déjà déterminés, ce qui est faux », a estimé de son côté le commissaire, Denis Robert, qui s’est voulu rassurant.

Plus on avance dans notre travail, plus les gens deviennent impliqués parce qu’ils prennent de plus en plus connaissance du travail de la commission.

Une citation de : Denis Robert, commissaire

Au cours de cette consultation publique, la centaine d'élèves, parents, et professeurs ont été invités à développer certaines idées qui vont aider la commission à envisager le futur de l'éducation au Manitoba.

Parmi les thèmes abordés lors de mini-ateliers figuraient la pénurie d'enseignants, le soutien aux élèves aux besoins particuliers, les infrastructures inadéquates, mais aussi la protection du Bureau de l'éducation française.

« Le Bureau de l'éducation française est là pour appuyer notre système scolaire ainsi que l’immersion. Nous avons besoin de leur appui autant sur le plan pédagogique que sur le plan politique et le fait que nous semblons perdre ce morceau-là de notre système scolaire est inquiétant », a estimé Marcel Druwé, participant et ancien éducateur.

« On s’attend à ce qu’ils prennent de bonne foi les suggestions, les préoccupations et que cela se traduise par des initiatives au niveau du ministère », dit M. Druwé.

La crainte d'une amalgamation

Le mot « amalgamation » est aussi revenu lors de cette consultation, car la province n'a pas fermé la porte à une possible restructuration des divisions scolaires.

Pour mener ses travaux, elle a d’ailleurs embauché Avis Glaze, une consultante qui avait recommandé l'an dernier, en Nouvelle-Écosse, l'abolition de tous les conseils scolaires à l’exception du conseil francophone.

Selon l’ancien éducateur, Marcel Druwé, le statut particulier au Manitoba de la Division scolaire franco-manitobaine (DSFM), doit à tout prix être protégé : « L'idée d'une amalgamation, ce serait retourner en arrière, perdre des acquis que nous avons depuis plus de 20 ans. »

« La DSFM existe justement parce que faire partie des autres divisions scolaires n’était pas à notre avantage. »

Le monde de l’immersion ne cache pas non plus sa méfiance face aux travaux de la Commission sur l'éducation de la maternelle à la 12e année. Certains s'interrogent d’ailleurs sur son futur.

Une jeune femme blonde aux cheveux longs porte une veste en jeanAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Jacyn Jeanson, enseignante de 1re année à la Division scolaire Louis-Riel, s'inquiète de la possibilité d'une éventuelle amalgamation des programmes d'immersion dans la province.

Photo : Radio-Canada

« L’idée d’une amalgamation m’inquiète parce que j’ai peur de perdre ces qualités qui sont si importantes à la réussite de nos élèves », a déclaré Jacyn Jeanson, enseignante de 1re année à la Division scolaire Louis-Riel.

« On espère vraiment que le gouvernement donne la priorité au programme d’immersion et à un programme d’immersion de qualité où l’on s’inspire de modèles qui fonctionnent déjà bien comme le modèle de la Division Louis Riel au sein de laquelle on trouve des écoles remplies d’enseignants et de membre du personnel, des auxiliaires jusqu’aux concierges, qui parlent français et qui créent cet environnement francophone. »

Les Franco-manitobains pourront aussi se faire entendre lors de la consultation bilingue qui aura lieu à Brandon le 9 mai prochain.

La Commission doit remettre un rapport avec des recommandations d'ici février 2020.

Avec des informations de Pierre Verrière et Camille Gris Roy

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