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Ciblé par des menaces, le président de la NRA démissionne

Des affiches présentant deux hommes l'une derrière l'autre dans un centre de congrès aux États-Unis.

Des affiches présentant le vice-président de la NRA Wayne LaPierre (gauche) et son président sortant Oliver North (droite).

Photo : Reuters / Bryan Woolston

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La direction de la National Rifle Association (NRA) s'entredéchire en fin de semaine : le président sortant refuse de briguer un second mandat après que des menaces à son endroit ont été publiées dans le Wall Street Journal par un autre membre du conseil d'administration.

Oliver North, qui était absent de l’assemblée générale annuelle des membres du puissant lobby proarmes à feu, a fait lire un communiqué par un vice-président de l’organisation.

Cette sortie survient après qu’une lettre écrite par Wayne LaPierre, le visage bien connu de la NRA qui est aussi vice-président de l’organisation, a sommé M. North de se retirer de l’organisation, sans quoi des « informations compromettantes » seraient diffusées.

La lettre était destinée au conseil d’administration de la NRA, mais elle a été rendue publique par le Wall Street Journal. On y apprenait également que M. LaPierre craignait qu'Oliver North le pousse à se retirer de la NRA.

Un homme portant un complet avec une cravate et des lunettes brandit les poings sur une scène.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Wayne LaPierre, vice-président de la NRA

Photo : Getty Images / Scott Olson

L’annonce faite samedi par Oliver North mettrait donc fin à cette guerre ouverte entre deux ardents défenseurs du second amendement de la Constitution américaine, qui protège le droit de détenir des armes à feu.

Oliver North, âgé de 75 ans, est un ancien marine qui a été impliqué dans le scandale de vente d’armes à l’Iran afin de financer le groupe rebelle nicaraguayen Contra dans les années 1980.

L’annonce du retrait de sa candidature a été accueillie par un silence lors de l’assemblée, alors que l’arrivée de Wayne LaPierre a mené à deux ovations debout.

« La vie de cette organisation est en jeu, a indiqué l’ancienne présidente de la NRA Marion Hammer. Nous sommes déjà sous le feu des critiques à l’extérieur [de l’organisation]. Nous n’avons pas besoin d’être l'objet d'attaques internes. »

Finances scrutées et conflit d'intérêts

Le conflit entre le président sortant et le principal porte-parole de la NRA tire ses origines d’une poursuite judiciaire entre le groupe de pression et la firme de relations publiques Ackerman McQueen.

La NRA accuse cette dernière de ne pas vouloir lui fournir les états financiers qui lui permettraient de faire le suivi de la facturation des nombreux contrats conclus entre les deux organisations.

Oliver North a d'ailleurs personnellement conclu un contrat d’un million de dollars avec Ackerman McQueen, s’attirant des soupçons de conflit d’intérêts.

Sans compter que M. North pilote également l’émission de télévision American Heroes, produite par Ackerman McQueen.

En 2017 seulement, la NRA a payé la firme de relations publiques un total de 40 millions de dollars américains, notamment pour sa chaîne de télévision privée NRATV.

L’organisation proarmes risque également d'avoir des problèmes financiers, puisque les autorités new-yorkaises envisageraient de lui retirer son statut d’organisme à but non lucratif.

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