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Irving Oil ne s'oppose pas à la taxe carbone, mais a des réserves

La raffinerie de nuit.

La raffinerie Irving de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, est la plus importante au Canada.

Photo : Radio-Canada / Devaan Ingraham/Reuters

Radio-Canada

Irving Oil a commenté la taxe carbone du gouvernement Trudeau pour la première fois devant un comité sénatorial. Le plus grand émetteur de gaz à effet de serre au Nouveau-Brunswick ne s'oppose pas à une tarification a priori, mais il craint pour sa compétitivité.

Le plus grand émetteur de dioxyde de carbone au Nouveau-Brunswick, Irving Oil, a dit soutenir l’idée d’une tarification sur le carbone dans la mesure où elle n’aurait pas de répercussions sur la compétitivité de l’entreprise.

Les représentants d’Irving Oil n’ont toutefois pas précisé la limite qu’ils jugent acceptable pour l’entreprise.

Nous pensons que nous avons un rôle à jouer, a dit le directeur de la croissance et stratégie chez Irving Oil, Andy Carson, en comité sénatorial.

Il devrait y avoir un prix que nous payons en connexion avec le carbone que nous émettons avec notre production.

Andy Carson
Andy CarsonAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le directeur de la croissance et stratégie chez Irving Oil, Andy Carson, en comité sénatorial le 25 avril.

Photo : Radio-Canada / Roger Cosman/CBC

Les représentants d’Irving Oil sont demeurés avares de commentaires sur la forme que devrait prendre cette tarification, arguant qu’une taxe carbone trop élevée pourrait causer la fermeture de l’entreprise et réduire à néants leurs efforts de réduire les émissions.

Nous ne voulons pas nous retrouver dans une position où nous taxons nos industries au point de les sortir de leur secteur, a avisé le directeur financier d’Irving Oil, Jeff Matthews. Il craint que les activités de raffinage soient transférées vers des pays où les régulations environnementales sont moins sévères.

Des données du gouvernement fédéral montrent que la raffinerie d’Irving Oil à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, a émis trois millions de tonnes de gaz à effet de serre en 2016, les plus fortes émissions pour une seule installation dans la province.

Irving Oil n’a pas répondu aux demandes de commentaires de la part de CBC au sujet du débat sur la taxe carbone.

Le gouvernement de Brian Gallant a adopté le système de tarification fondé sur le rendement du fédéral pour les grands émetteurs de CO2. Ce système impose aux grands industriels de réduire leurs émissions sous la moyenne de leur secteur d’activité, sans quoi ils seront forcés d’acheter des crédits carbone.

« Un enjeu important »

Andy Carson et Jeff Matthew ont été questionnés par le sénateur québécois Paul Massicotte en audience du comité sénatorial sur le projet de loi 69 à Saint-Jean, jeudi. Cette loi devrait encadrer la révision et la régulation des grands projets énergétiques.

Andy Carson a qualifié les changements climatiques « d’enjeu très très significatif et important » et assure travailler avec les agents fédéraux pour mettre en place le nouveau système.

Notre position n’a jamais été “nous sommes fondamentalement en désaccord”, a dit M. Carson. C’est beaucoup plus constructif.

Questionnés sur le système exact qu’ils souhaitent voir en place, les représentants d’Irving ont avancé que les entreprises canadiennes doivent demeurer concurrentes sur le marché international, incluant les pays où il n’y a pas de taxe carbone.

Lorsque Jeff Matthews a averti qu’une taxe élevée aurait pour effet de transférer les activités de raffinage dans des pays où les réglementations environnementales sont plus faibles, le sénateur Massicotte l’a accusé d’utiliser un « élément de peur » dans ses commentaires.

Le directeur financier d’Irving Oil, Jeff Matthews.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le directeur financier d’Irving Oil, Jeff Matthews.

Photo : Radio-Canada / Roger Cosman/CBC

Le gouvernement progressiste-conservateur de Blaine Higgs prépare aussi un plan environnemental alternatif à la taxe carbone du gouvernement Trudeau.

Le ministre de l’Environnement du Nouveau-Brunswick, Jeff Carr, croit que des standards moins élevés pour mesurer les émissions « amèneraient les industries sur un terrain de jeu plus juste avec nos voisins et exportateurs des autres juridictions environnantes ».

Avec les informations de Jacques Poitras de CBC

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