•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Il y a 40 ans, Georges Forest remportait une grande victoire pour le français au Manitoba

Rencontre avec l'auteur-compositeur-interprète Rickson Makwe qui interprète « Toujours plus haut ».

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Il y a 40 ans, Georges Forest, un défenseur des droits linguistiques, gagnait sa cause devant la Cour d'appel du Manitoba : un important chapitre pour la francophonie de la province. Mais à l'époque, cette victoire dépendait en partie de tout un contexte.

C'est en effet une décision historique que rendait, le 26 avril 1979, la Cour d'appel du Manitoba. À l'unanimité ce jour-là, ses cinq juges ont invalidé la loi de 1890 qui abolissait le statut officiel du français au sein des institutions législatives et judiciaires.

« Ce que George Forest avait réussi à faire, ce qui est monumental, c’est que le français retrouve sa place légitime dans le système législatif et dans les tribunaux », explique l’historienne Jacqueline Blay, qui était à l’époque journaliste sur cette affaire.

Elle ajoute que cette décision a permis de redonner un statut égalitaire au français dans la province en lui redonnant la place qu’il avait en 1870.

« Si on avait des lois bilingues, il fallait alors avoir des services en français. C’était le premier verrou à faire sauter », précise Jacqueline Blay.

Elle se souvient néanmoins que l’opinion des Franco-manitobains n’était pas unanime vis-à-vis du combat de Georges Forest : « On accusait George Forest d’être un Don Quichotte et que ça ne servirait à rien. »

À l'époque, le contexte sociétal et la priorité des francophones du Manitoba étaient loin de ces enjeux.

« La lutte était pour les écoles françaises. Et puis, je dois dire que les énergies étaient plutôt dans ce domaine. Ce n'est pas qu'on n’appuyait pas la lutte pour les droits juridiques, c'était moins tangible pour la population à cette époque », rappelle l'historien Jean-Marie Taillefer.

Il ajoute que la question qui se posait dans la communauté franco-manitobaine était également celle du type de démarche à employer au niveau juridique.

« La question qui se posait, ce n’était pas celle d’aller à la Cour suprême pour avoir les droits, mais de savoir si on voulait une démarche collective plutôt qu’individuelle. On pensait qu’une démarche collective aurait été beaucoup plus significative et les fonds du gouvernement fédéral auraient été plus accessibles » raconte M. Taillefer.

La décision, qui intervient 10 ans après la Loi fédérale sur les langues officielles, a probablement aussi été influencée en partie par l'atmosphère politique qui régnait à l'époque au Canada estime Alain Hogue, l'ancien avocat de Georges Forest.

« Le gouvernement fédéral avait déjà créé une atmosphère bilingue du Canada, alors que le Canada voulait rester bilingue, alors c'était une aide, mais ce n’était certainement pas essentiel. Ça nous a aidés dans l'atmosphère politique, mais sur le côté légal je dirais que non », explique-t-il.

Reste que la lutte n'était pas terminée. La Cour d'appel du Manitoba n'avait pas déclaré inconstitutionnelles les quelque 4000 lois adoptées par le Parlement manitobain depuis 1890.

Il faudra attendre une décision de la Cour suprême le 13 décembre 1979 pour que ce jugement soit confirmé définitivement.

Avec des informations de Thibault Jourdan

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !