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Rénover ou partir : le nouveau dilemme des sinistrés des inondations

Claudine Snow a redoublé d'efforts cette année pour protéger sa maison qu'elle venait de rénover en raison des inondations de 2018.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Radio-Canada

Après avoir investi 130 000 $ en rénovations à la suite des inondations printanières de 2018 au Nouveau-Brunswick, Claudine Snow est aux prises avec la montée des eaux pour une deuxième année consécutive. Elle lutte toute la nuit pour que l'eau ne rentre pas dans sa cave, mais tient malgré tout à garder sa maison.

La résidente de Grand Bay-Westfield refuse de quitter sa maison malgré la montée des eaux qui la menace jour et nuit. Si elle abandonne sa propriété, elle craint qu’elle ne soit de nouveau inondée et qu’elle perde tout l’argent qu’elle y a investi depuis un an.

L’année passée, on a perdu le premier étage, alors on a investi 130 000 $ pour élever la maison de neuf pieds.

Claudine Snow,, résidente de Grand Bay-Westfield

Après les inondations historiques qui ont complètement détruit son premier étage, Mme Snow et son mari décident de prendre les grands moyens pour sauver leur maison.

Les rénovations du domicile de Mme Snow vu de l'extérieur.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Claudine Snow explique avoir investi 130 000 $ à la suite des inondations de 2018.

Photo : Claudine Snow

Ce qu'on a fait : on a découpé la maison du garage et on a complètement monté cet étage-là, on a monté de neuf pieds et un pouce, explique-t-elle. Les travaux ont été complétés en décembre.

La maison de la famille Snow après les travaux.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La maison de la famille Snow après les travaux.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Mais l’eau menace malgré tout la cave de la maison. Le couple a installé des pompes industrielles pour évacuer l’eau qui entre. Pour l’instant, cette stratégie fonctionne, mais elle demande une surveillance 24 heures sur 24.

Claudine Snow reste donc éveillée toute la nuit. Le jour, lorsqu’elle va travailler, c’est sa fille qui s’en occupe. Moi, faut je rentre travailler parce que la vie, elle n’arrête pas avec nos problèmes, souligne-t-elle.

Ça a fonctionné un petit peu. On espère que le dommage est minimisé, dit-elle sur un ton exaspéré.

Pour l'instant, il n'y a pas trop de dégâts puisque l'eau n'a pas atteint l'étage. Elle dit ne pas avoir perdu de meubles jusqu’à maintenant. À l’extérieur, c’est une autre histoire : Il y aura des dommages, c’est sûr, à notre terrain encore.

Un canot pneumatique et des zones inondées autour de la résidence.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Autour de la propriété de Claudine Snow le 26 avril 2019.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Claudine Snow estime que le Nouveau-Brunswick pourrait s'inspirer du Québec, qui a récemment annoncé avoir l'intention d'offrir aux résidents 200 000 $ pour démolir ou déplacer leur maison. Il n’y a pas assez d'argent dans la province pour continuer à payer pour les dommages, croit-elle.

J’ai vécu sur cette rivière 40 ans. On n’a jamais jamais vu ça, surtout deux ans de suite. On a peur de ce qui va arriver avec nos assurances, on entend beaucoup de gens qui perdent leurs assurances, dit celle qui pense que ces inondations risquent désormais d’être la norme.

On se fait dire que la maison valait beaucoup d’argent avant, mais là, elle ne vaut plus rien parce que personne ne voudrait acheter notre maison, indique-t-elle.

Pièces endommagées par des inondations.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une partie des dommages subis par la résidence de Claudine Snow lors des inondations printanières en 2018.

Photo : Courtoisie de Claudine Snow

Pour Claudine Snow, partir demeure le dernier recours, malgré le stress et les contraintes financières.

Ce n’est pas évident. On a tellement investi et on adore être ici. C’est difficile de voir nos enfants avoir peur, avoue Mme Snow. Nous, ça a toujours été notre vie. On planifie rester, on a investi de l’argent qu’on n’avait pas, les banques ne voulaient pas nous aider.

C'est notre maison, on veut la protéger, dit-elle.

D'après le reportage de Nicolas Steinbach

Nouveau-Brunswick

Incidents et catastrophes naturelles