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Trudeau sous pression à l’interne pour abandonner l’expansion de Trans Mountain

Enchevêtrement de tuyaux de l'oléoduc Trans Mountain, à Edmonton, en Alberta.

Des proches du premier ministre tentent actuellement de le convaincre qu’autoriser l’expansion du pipeline serait une mauvaise idée, indiquent des sources consultées par Radio-Canada.

Photo : La Presse canadienne / JONATHAN HAYWARD

Fannie Olivier

Avec l'arrivée du conservateur Jason Kenney à la tête de l'Alberta, plusieurs libéraux fédéraux croient qu'Ottawa devrait rejeter le projet d'expansion du pipeline Trans Mountain. Justin Trudeau évalue ses options.

Des proches du premier ministre et des élus libéraux tentent de le convaincre qu’autoriser l’expansion du pipeline serait une mauvaise idée, indiquent des sources consultées par Radio-Canada.

« Il y a des gens qui militent pour ça au sein du gouvernement », signale une personne qui a requis l’anonymat pour s’exprimer librement.

Au Québec particulièrement, l’acquisition du pipeline au coût de 4,5 milliards de dollars est mal vu au sein de l’électorat et « mine le bilan environnemental du gouvernement libéral », explique-t-elle.

Cet achat faisait partie d’une sorte de compromis conclu avec l’ex-première ministre albertaine Rachel Notley, qui avait mis de l’avant un plan pour lutter contre les changements climatiques, mais souhaitait permettre au pétrole de sa province d’atteindre de nouveaux marchés.

Or, le nouveau chef du gouvernement albertain, Jason Kenney, a promis d’abandonner la taxe provinciale sur le carbone et le plafond des émissions issues de l’exploitation des sables bitumineux fixés par sa prédécesseure.

Le « [bureau du premier ministre] hésite actuellement à tirer un coup de semonce ou à attendre que Jason Kenney mette ses menaces à exécution », note cette source.

Justin Trudeau serait en réflexion sur la question.

« Il y a plein de gens dans le mouvement libéral qui disent qu’avec l’arrivée de Jason Kenney, on ne peut plus aller de l’avant [avec l’expansion du pipeline]. Chez les députés, notamment », explique une autre source.

« Pour l’instant, on n’en est pas là, tempère-t-elle, parce qu’on a les outils pour imposer une taxe carbone et un plafond d’émission. »

Le gouvernement fédéral a repoussé au 18 juin l’échéancier pour prendre une décision sur l’expansion de l’oléoduc, afin de consulter davantage les peuples autochtones.

L’Office national de l’énergie a déjà donné son aval au projet, tout en imposant plus de 150 conditions, mais c’est le Cabinet fédéral qui aura le dernier mot sur l’autorisation ou non du projet.

Selon un troisième intervenant bien au fait du dossier, plusieurs facteurs seront pris en considération dans cette prise de décision. Et les agissements de Jason Kenney dans le dossier climatique constitueront l’un de ces facteurs.

L’été dernier, la Cour d’appel fédérale avait annulé le décret permettant au gouvernement fédéral de mettre en branle l’expansion du pipeline pour en tripler la capacité.

Le tribunal avait statué que l’approbation du projet par l’Office national de l’énergie n’avait pas pris en compte les répercussions de l’augmentation du trafic de pétroliers sur la vie marine en Colombie-Britannique. Il jugeait également qu’Ottawa n’avait pas consulté adéquatement les peuples autochtones.

Fannie Olivier est correspondante parlementaire à Ottawa et analyste politique

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