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Le transport en commun victime de son succès dans le Grand Vancouver

Des gens sont debout dans l'autobus.

Chaque jour, le nombre de passagers atteint ou dépasse la capacité maximale dans certains autobus dans le Grand Vancouver.

Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui

Michaële Perron-Langlais

La société de transport en commun Translink, qui dessert le Grand Vancouver, est aux prises avec un beau problème : ses autobus et ses trains sont trop populaires. « La demande croît plus vite que notre capacité à augmenter le service », explique le PDG de Translink, Kevin Desmond.

Dans son rapport annuel présenté jeudi, la société de transport indique que 437,4 millions de passages ont eu lieu en 2018. Il s’agit d’une augmentation de 7,1 % par rapport à l’année précédente, soit un des plus hauts taux en Amérique du Nord.

« C’est un couteau à double tranchant », souligne le président du Conseil des maires du Grand Vancouver, Jonathan Côté. « D’un côté, nous sommes très satisfaits, mais d’un autre côté, nous sommes bien sûr préoccupés par les impacts négatifs d’un système qui est surpeuplé. »

En effet, Translink note qu’il est de plus en plus fréquent que les autobus et les trains atteignent ou dépassent leur pleine capacité. À l’automne dernier, une telle situation est survenue au moins une fois par jour de semaine pour 80 % des lignes d’autobus de la région, selon la société de transport. Le phénomène a aussi été observé pour les trois lignes de Skytrain en 2018.

Plus d’autobus, plus de trains et de nouveaux partenaires

Pour Kevin Desmond, le surpeuplement des autobus et des trains témoigne de la qualité du réseau.

Un tel niveau d’achalandage, c’est la réalité d’un excellent système de transport urbain.

Kevin Desmond, PDG de Translink

L’essentiel, selon lui, est de continuer d’investir dans le transport en commun. « Au fur et à mesure que nous offrirons plus de services, le système deviendra plus pratique et plus attirant et les gens seront de plus en plus nombreux à l’utiliser, soutient Kevin Desmond. Nous devons donc avoir un plan d’investissement continu pour l’expansion de notre réseau. »

Jonathan Côté ajoute qu’il faut aussi garder le phénomène du surpeuplement en tête lors de la mise en place de nouveaux programmes.

Le président du Conseil des maires cite notamment les tarifs réduits pour les jeunes et les résidents à faible revenu. « Il y a un impact sur le revenu, mais aussi sur la demande de services, dit-il. Je pense que le Conseil des maires et le gouvernement provincial doivent prendre cela en compte quand nous allons mettre en œuvre ces programmes si nous voulons qu’ils aient du succès. »

Un vélo argent et bleu est attaché à une borne de partage. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Mobi comptera au printemps 2018 de nouvelles stations dans les quartiers de English Bay et East Vancouver.

Photo : Radio-Canada / Marylene Tetu

Même en augmentant la capacité du réseau, le transport en commun ne peut résoudre tous les problèmes de mobilité dans le Grand Vancouver, admet Kevin Desmond. « Nous étudions le type de partenariat que nous pourrions établir dans l’avenir, que ce soit avec des services de vélos en libre-service, d’autopartage ou de services de transport de type Uber, lorsqu’ils arriveront dans la province, affirme le PDG de Translink. Nous sommes ouverts à toutes ces idées. »

Le transport en commun et les taxes sur l’essence

Dans le Grand Vancouver, les automobilistes paient une taxe de 17 cents sur l’essence, qui sert à financer les services offerts par Translink.

Selon Jonathan Côté, le Conseil des maires est conscient que les revenus provenant de cette taxe risquent de diminuer dans la prochaine décennie.

En effet, les résidents sont de plus en plus nombreux à délaisser leurs voitures, soutient la conseillère municipale de Vancouver, Adriane Carr.

Parce que les prix de l’essence sont tellement élevés, les gens disent : "Je ne vais pas conduire, le transport en commun est rendu plutôt efficace dans ma région".

Adriane Carr, conseillère municipale de Vancouver

La popularité grandissante des véhicules électriques risque aussi d’avoir un effet sur cette source de revenus, remarque Jonathan Côté. « Je crois qu’il faudra avoir des discussions sur les meilleures façons de financer le transport en commun dans le futur, parce que cela laissera certainement un vide dans le financement [de Translink]. »

Avec des informations de Justin McElroy

Colombie-Britannique et Yukon

Transport en commun