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Plus de 1000 heures supplémentaires obligatoires en 10 jours dans la Capitale-Nationale

Image d'une infirmière

Les établissements de santé doivent rapporter les heures supplémentaires obligatoires au ministère

Photo : iStock / FabioBalbi

Alexandre Duval

Éradiquer les heures supplémentaires obligatoires dans le réseau de la santé ne sera pas une mince tâche, si l'on se fie aux plus récentes données. Uniquement dans la région de Québec, près de 1100 heures supplémentaires obligatoires ont été travaillées en 10 jours.

« Le temps supplémentaire obligatoire, pour nous, il est toujours trop élevé », estime France Goudreault, directrice des ressources humaines et des communications au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale.

Le CIUSSS fait partie des trois organisations qui ont accepté de divulguer à Radio-Canada leurs heures supplémentaires obligatoires, après que le ministère leur eut ordonné de recenser le phénomène le 9 avril dernier.

Au CIUSSS, pas moins de 669 heures supplémentaires obligatoires ont été travaillées du 15 au 24 avril, tant par les infirmières que par les préposés aux bénéficiaires.

Mme Goudreault rappelle que même si ce nombre représente seulement 0,31 % de toutes les heures travaillées, son organisation souhaite le réduire.

Notre pdg du CIUSSS de la Capitale-Nationale a cette même intention-là. Nous, on veut diminuer au minimum les temps supplémentaires obligatoires.

France Goudreault, directrice des ressources humaines et des communications au CIUSSS de la Capitale-Nationale

De son côté, le Centre hospitalier universitaire (CHU) de Québec, qui regroupe cinq gros hôpitaux dans la capitale, a généré 397 heures supplémentaires obligatoires au cours de cette même période, soit environ 0,33 % des heures totales travaillées en moyenne par les infirmières.

Enfin, l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ) a enregistré seulement 32,5 heures supplémentaires obligatoires, soit 0,12 % de toutes les heures travaillées par les infirmières, préposés et inhalothérapeutes du 15 au 24 avril.

Les défis de la main-d’œuvre

En plus de ces heures supplémentaires obligatoires, les données indiquent que les employés ont souvent accepté de prolonger volontairement leurs quarts de travail.

Au CIUSSS de la Capitale-Nationale par exemple, plus de 11 200 heures supplémentaires volontaires ont été faites en 10 jours seulement. C’est plus de 5 % des heures totales travaillées.

Tout ce phénomène n’est pas étranger au manque de main-d’œuvre. Au CIUSSS, par exemple, il manque près de 200 infirmières et infirmières auxiliaires.

On en a embauché dans les dernières années plus de 350 par année. Cependant, le besoin continue d’évoluer.

France Goudreault, directrice des ressources humaines et des communications au CIUSSS de la Capitale-Nationale

Mme Goudreault rappelle que des missions de recrutement à l’étranger auront lieu d’ici l’été en France, au Maroc et en Tunisie.

Rendre les conditions attrayantes

À l’IUCPQ aussi, on constate que la pénurie de main-d’œuvre est bien réelle. Le porte-parole de l’organisation évoque d’ailleurs que c’est le principal obstacle à l’élimination des heures supplémentaires obligatoires.

« Pour y arriver, il faut rendre la profession infirmière attractive. Il s'agit d'une responsabilité sociale, et tous les gens du milieu doivent y contribuer », écrit Joël Clément dans un courriel.

Les médias pourraient également en faire davantage pour parler des belles réalisations du réseau de la santé, car des milliers de personnes se font soigner chaque jour et sont satisfaits des services reçus.

Joël Clément, porte-parole de l'IUCPQ

La semaine dernière, le nouveau président-directeur général du CHU de Québec, Martin Beaumont, mentionnait aussi vouloir s’attaquer au problème.

La conseillère en communication externe du CHU, Lindsay Jacques-Dubé, explique que les gestionnaires de son organisation consultent actuellement les employés pour trouver des solutions.

« Nous allons à la rencontre [des équipes], que ce soit sur le quart de jour, de soir et même de nuit, et avons mis à leur disposition plusieurs moyens pour nous transmettre les propositions », écrit Mme Jacques-Dubé par courriel.

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Québec

Relations de travail