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Inondations : ce qu’il faut savoir sur Kashechewan

Pancarte de la Première Nation de Kashechewan sur la côte ouest de la baie James.

Les résidents de Kashechewan, évacués lors de la crue des eaux printanières, réclament une solution durable de la province et du gouvernement fédéral.

Photo : CBC/Erik White

Philippe de Montigny

Des manifestants débarquent cette semaine à Queen's Park et au Parlement canadien pour demander aux élus de déplacer la Première Nation de Kashechewan, dans le Nord-Est de l'Ontario, vers des terres plus élevées, après des décennies d'inondations et d'évacuations.

Pourquoi Kashechewan est-elle située dans une zone vulnérable aux inondations?

En 1905, les ancêtres du peuple cri de Kashechewan ont signé le Traité numéro 9 - aussi appelé le Traité de la baie James - avec la province de l’Ontario et le Canada.

Cette entente reconnaît officiellement les terres ancestrales de la communauté autochtone, qui a été déplacée de force par les autorités canadiennes en 1957 vers la rive nord de la rivière Albany, près de l’embouchure de la baie James, un emplacement vulnérable aux crues printanières.

Kashechewan tire d’ailleurs son nom du langage cri, signifiant « là où l’eau coule vite », donc il est important pour la Première Nation de rester sur son territoire, mais hors de danger.

La rivière est souvent bloquée par des embâcles lors de la fonte des glaces, ce qui pousse l’eau à se déverser sur les rives.

Les inondations à Kashechewan en mai 2014

Les inondations à Kashechewan en mai 2014

Photo : KASHECHEWAN-COMMUNICATIONS

Combien coûtent les évacuations annuelles?

Chaque évacuation des résidents de Kashechewan coût plusieurs millions de dollars, sans compter le coût des inspections, du nettoyage et de la réparation des infrastructures endommagées par les inondations.

Les habitants doivent être transportés pratiquement tous les printemps par avion ou par hélicoptère et ils sont logés pendant des semaines, voire des mois, dans d’autres municipalités, comme Timmins et Kapuskasing.

Une digue construite pour protéger Kashechewan des inondations est en grand besoin de réparation. Il s'agissait d'une solution à court terme qui s’est révélée inefficace, selon plusieurs études.

En plus de devoir démolir et reconstruire plusieurs bâtiments chaque année, la Première Nation est aux prises avec des problèmes persistants de contamination de l'eau potable par la bactérie E. coli.

Des morceaux de glace grimpent le long d'une digue.

Des morceaux de glace grimpent le long de la digue, qui sert à protéger la collectivité.

Photo : CBC / Erik White

Pourquoi ne pas simplement déménager la communauté?

Il en est question depuis une quinzaine d’années. En 2005, le gouvernement canadien s’est engagé à déménager la réserve à 30 kilomètres en amont de la rivière, sur des terres plus élevées qui font toujours partie du territoire de chasse traditionnel de la communauté.

Les libéraux de Paul Martin avaient l’appui de la Première Nation pour ce déménagement, mais un changement de gouvernement l’année suivante a chamboulé le projet.

Les conservateurs de Stephen Harper ont rejeté l’entente de 2005, affirmant que le nouvel emplacement était toujours une zone inondable et que le coût du déménagement - évalué à 500 millions de dollars - était trop élevé.

Le nouveau gouvernement a plutôt proposé de déménager les habitants de Kashechewan près de Timmins, à plus de 400 kilomètres de leurs terres ancestrales, sans les consulter. L’option ne coûterait que 200 millions.

Puisque la communauté était farouchement opposée au plan des conservateurs, Ottawa a plutôt investi cette somme pour réparer et rénover les logements endommagés par les crues printanières.

Des enfants tiennent des écriteaux en cartons réclamant une nouvelle école.

Ces enfants ne peuvent pas aller à l'école depuis la rentrée puisque les portatives ne sont trop insalubres.

Photo : Charlie Angus

Et le rôle de la province?

En 2017, l’Ontario a signé une entente tripartite avec le gouvernement fédéral et la Première Nation pour trouver une solution viable aux maux qui affligent Kashechewan.

Les signataires ont affirmé que le déménagement de la communauté vers des terres plus élevées était la solution privilégiée, sans toutefois se donner d’échéancier ni de financement.

Le chef de Kashechewan tient l'entente signée, entouré de la ministre fédérale Carolyn Bennett et du ministre ontarien David Zimmer.

Le 31 mars 2017, les gouvernements fédéral et provincial ont ratifié une entente-cadre pour trouver une solution viable aux maux qui affligent Kashechewan.

Photo : Radio-Canada / Joël Ashak

Rien n’a été fait. La province a une responsabilité. La communauté, ça fait longtemps qu’elle attend, déplore Guy Bourgouin, député néo-démocrate de Mushkegowuk-Baie James, qui englobe Kashechewan.

Le député ontarien souhaite maintenant qu’Ottawa et Queen’s Park cessent de se lancer la balle et de jouer avec la vie du monde.

Une version précédente de ce texte affirmait que les évaluations annuelles de Kashechewan coûtent entre 15 à 20 millions de dollars par année. Cette phrase a été modifiée puisque plusieurs facteurs entrent en ligne de compte pour le coût associé à l'évacuation de la communauté, notamment le nombre d'évacués et la durée de leur séjour dans une autre communauté.

Toronto

Politique fédérale