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Enquête sur la mort tragique d'un agent de la GRC

David Wynn, vêtu d'un uniforme rouge de la GRC, près d'un drapeau canadien.

David Wynn, âgé de 42 ans, enquêtait sur une affaire de vol de camion lorsqu'il a été tué.

Photo : Gendarmerie royale du Canada

Radio-Canada

La veuve du gendarme albertain David Wynn, mort pendant une intervention en 2015, s'est adressée à la mère de l'homme qui a causé la mort de l'agent, Shawn Rehn. M. Rehn s'est enlevé la vie dans une maison abandonnée peu après la fusillade.

Une enquête médicolégale sur les deux morts s'est déroulée à Edmonton, mercredi et jeudi. C'est là que Shelly Wynn a regardé Monalisa Rehn dans les yeux.

Je suis triste que vous ayez perdu votre fils. Il a été abandonné. Nous avons été abandonnées.

Shelly Wynn

David Wynn, 42 ans, enquêtait sur une affaire de vol de camion dans le stationnement casino Apex de Saint-Albert, au nord d'Edmonton. Shawn Rehn, 34 ans, était un criminel récidiviste violent ayant purgé plusieurs peines de prison. Il était en liberté sous caution au moment de la fusillade.

Une liberté sous caution remise en question

L'enquête a présenté des détails au sujet de la dernière audience sur la libération sous caution de Shawn Rehn.

À l'époque, les policiers remplaçaient souvent les procureurs de la Couronne lors de telles audiences.

L'agent du Service de police d'Edmonton, Wilson Quan, a témoigné qu'il avait remplacé la Couronne durant l'audience de Shawn Rehn et qu'il avait consenti à sa libération sous caution.

Au départ, Wilson Quan souhaitait qu'il reste en prison, a-t-il déclaré pendant l'enquête médicolégale. Mais, après quelques discussions avec l'avocat de Shawn Rehn, qui soutenait que son client voulait transformer sa vie, M. Quan a accepté de soumettre une requête de liberté sous caution conjointe.

« Nous avons eu beaucoup d'échanges avant de nous entendre sur une libération en échange d'une caution de 4500 $ », a dit M. Quan lors de l'enquête.

Il raconte qu'il avait pris cette décision en fonction de l'information qu'il détenait à l'époque.

« Mais, avec le recul... » Le policier n'a pas complété sa phrase.

L'avocate de la police d'Edmonton lors de l'enquête médicolégale, Loreena Harris, maintient que le policier avait fait ce qu'il devait faire : « Rien ne prouve qu'une audience tenue par des procureurs de la Couronne aurait mené à un résultat différent. »

Shelly Wynn a soulevé une question semblable à celle de Loreena Harris pendant l'enquête, ce qui a ému Wilson Quan.

Quand un policier meurt et que l'on se fait montrer du doigt, c'est impossible de ne pas se poser la question suivante avec le recul : "Et si j'avais fait ça, ou ci, ou ça?''

Wilson Quan, agent du Service de police d'Edmonton

« Je sais que je n'y suis pour rien, mais mes sentiments ne s'effacent pas », dit-il.

Une jeunesse noyée par la drogue

À la fin de l'enquête médicolégale, la mère de Shawn Rehn a abordé les problèmes de toxicomanie qu'avait eus son fils dès un jeune âge.

« Il fréquentait de mauvaises personnes et il s'est mis à faire de mauvaises choses, s'est remémorée Monalisa Rehn. Il s'est retrouvé en prison. À sa sortie, sa situation s'était aggravée. »

Ce qui a changé, ce qui peut changer

Depuis les évènements qui sont survenus en 2015, certaines mesures ont été prises pour éviter qu'une situation semblable ne se reproduise. En Alberta, les audiences sur la liberté sous caution sont maintenant assurées par les procureurs de la Couronne. Les tâches effectuées par les gendarmes auxiliaires ont aussi été révisées, alors que d'autres ont été restreintes.

Shelly Wynn derrière un micro, les yeux humides.

Pour honorer la mémoire de son mari, Shelly Wynn a lancé une fondation pour aider les jeunes toxicomanes.

Photo :  CBC

La veuve de David Wynn s'attend à plus de changements encore. Elle veut voir l'adoption d'un système radio amélioré pour les agents de la Gendarmerie royale du Canada (GRC). Un nouveau système qui permettrait aux policiers de communiquer plus efficacement, surtout pendant des incidents critiques, est actuellement utilisé dans l'est du pays.

Les véritables problèmes qui ont mené à la mort de son époux vont toutefois au-delà de l'enquête médicolégale, souligne Shelly Wynn.

Depuis la tragédie, elle a lancé une fondation au nom de son mari pour aider les jeunes toxicomanes à faire de meilleurs choix pour leur avenir.

« On s'intègre dans le système scolaire pour tenter de briser ce cycle, en repérant les enfants qui ont besoin d'aide et qui n'en reçoivent pas nécessairement à la maison », précise Shelly Wynn.

Le juge de la Cour provinciale, Bruce Garriock, rédigera un rapport maintenant que l'enquête médicolégale est terminée.

Ce type d'enquête ne se déroule pas dans le but de porter de nouvelles accusations, mais plutôt pour élaborer des recommandations qui aideraient à prévenir des scénarios similaires.

« Cette situation est vraiment triste et tragique », a conclu le juge à la fin des procédures.

Avec des informations de La Presse Canadienne

Alberta

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