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Des commerces montréalais ont déjà commencé à abandonner les objets à usage unique

L'épicerie Milano, à Montréal, a commencé à vendre ses fruits et légumes dans des contenants compostables.

Photo : Radio-Canada

Marie-Eve Cousineau

Le projet de règlement montréalais visant à réduire progressivement l'utilisation d'objets à usage unique représente tout un défi pour les commerçants de la métropole. Mais certains ont déjà commencé à faire des efforts en ce sens.

Il y a quelques mois à peine, les comptoirs de fruits et légumes de l’épicerie Milano, dans la Petite-Italie, regorgeaient de contenants en styromousse. Plus maintenant. Le commerce utilise depuis peu des barquettes en carton 100 % compostables.

« On voulait que les clients puissent les mettre directement dans leur bac brun à la maison, explique sa directrice, Nadia D’Amour. Même la pellicule de plastique [qui les recouvre] est recyclable. »

Au cours des prochains mois, Milano souhaite emballer ses viandes dans des contenants plus écologiques que la styromousse. Mais trouver une alternative représente un défi. « Un [contenant en] styromousse peut [coûter] 1 sou, 5 sous, estime Nadia D’Amour. Le nouveau que j'ai en produit écologique [pour les fruits et légumes], on parle peut-être de 15 sous. Mais [dans le cas d’une barquette compostable pour les viandes], on peut aller dans les dollars. »

L’épicerie Milano a pris ce virage vert à la demande de ses clients. Elle se félicite d’avoir fait le saut avant même que la Ville de Montréal annonce son intention de limiter l’utilisation d’objets et récipients à usage unique à compter du printemps 2020.

La section québécoise du Conseil canadien du commerce de détail, qui représente les grandes bannières en alimentation dans ce dossier, salue aussi cette initiative de la Ville de Montréal. Mais il plaide pour le maintien de l'emballage en styromousse dans le cas de certains produits, comme les viandes, afin d’assurer leur innocuité et leur fraîcheur. « On va éviter le gaspillage alimentaire », fait valoir son président, Marc Fortin.

De son côté, l'Association des restaurateurs du Québec est satisfaite que la Ville mène des consultations et prenne le pouls des commerçants avant d'adopter le nouveau règlement. « Mais il y a un défi, dit son porte-parole, Martin Vézina. Quelles alternatives existent côté emballage? Est-ce que ce sont des emballages compostables? Est-ce que les compagnies qui les fabriquent peuvent approvisionner tous les restaurants de la région de Montréal? Est-ce que les coûts vont être prohibitifs? »

La Fédération canadienne de l'entreprise indépendante exige pour sa part qu'une étude d'impact économique soit réalisée et rendue publique avant la tenue des consultations.

Le nouveau directeur du Bureau de la transition écologique et de la résilience de la Ville de Montréal, Sydney Ribaux, croit aussi qu’une réflexion s’impose pour adopter un règlement intelligent. « Une des questions qu'on doit se poser d'un point de vue environnemental, c'est : "Est-ce que les alternatives [le papier et le carton, par exemple] sont plus écologiques ou moins écologiques que le plastique?" Et la réponse à ces questions-là n'est pas simple. »

M. Ribaux cite en exemple l'interdiction des sacs en plastique légers, mise en vigueur il y a un an à Montréal. Les commerçants vendent désormais à leurs clients divers types de sacs : en papier, en plastique épais et réutilisables. « On se dit : "Le sac en papier, ça doit être plus écologique, ça se dégrade. C'est biodégradable, par exemple." Mais en fait, l'impact environnemental d'un sac en papier, dans plusieurs cas, est plus important que celui d'un sac en plastique très, très mince. »

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