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  • Archives
  • Il y a 60 ans, Fidel Castro visite Montréal pour la première fois

    Il y a 100 ans soit le 21 novembre 1919, le Golden Boy était installé au sommet du Palais législatif du Manitoba.

    Radio-Canada

    Le 26 avril 1959, Fidel Castro foule le sol québécois, répondant à l'invitation de la Jeune Chambre de commerce de Montréal. Nos archives témoignent de la rencontre entre le nouveau premier ministre cubain et les journalistes canadiens à l'hôtel Le Reine Elizabeth. La venue du controversé personnage suscite plusieurs réactions chez les Montréalais.

    Dans ce tournage de l’émission Affrontement diffusée le 26 avril 1959, on aperçoit Fidel Castro à sa descente d’avion à Dorval. Une foule enthousiaste présente sur le tarmac le salue en agitant de petits drapeaux cubains. Une meute de journalistes le pourchasse avant qu’il ne s’engouffre dans une voiture mise à sa disposition.

    À la suite de ces images silencieuses de l’arrivée de Castro, débute la conférence de presse donnée en anglais. Le journaliste Gérard Pelletier traduit l’entretien en simultané. Claude Dupras préside l’événement, au nom de la Chambre de commerce des jeunes de Montréal.

    Affrontement vous présente ce soir l’un des personnages les plus romantiques de l’actualité, Fidel Castro, le révolutionnaire de la montagne cubaine, aujourd’hui premier ministre de son pays.

    Gérard Pelletier, journaliste

    Prendre exemple sur le Canada

    Cigare entre les doigts, souriant et détendu, le Lider Maximo se lève pour répondre aux questions des journalistes.

    L’état des finances publiques cubaines, à la suite du départ de Fulgencio Batista, est le premier thème abordé. Castro mentionne qu’il ramènera la prospérité dans les usines du pays après y avoir enrayé la corruption.

    Nous voyons le Canada comme un exemple de ce que peut faire un pays, quand son peuple travaille fort et ses ministres de façon compétente.

    Fidel Castro, premier ministre cubain

    Le journaliste René Lévesque interroge ensuite Castro sur l’injection de capitaux étrangers dans son île. Le dirigeant cubain affirme ne pas être contre l’investissement étranger. Nous voulons utiliser à la fois les capitaux étrangers, les investissements privés et les épargnes gouvernementales, soutient-il.

    Se distancier des dictateurs et des communistes

    Le leader cubain nie avoir des prétentions d’invasion de la République dominicaine et des autres pays de l’Amérique latine.

    Nous ne voulons pas sacrifier les principes de non-intervention pour respecter l’autonomie des pays d’Amérique latine, mais nous sympathisons avec les peuples opprimés.

    Fidel Castro, premier ministre cubain

    Castro réfute également les allégations selon lesquelles il flirterait avec les communistes.

    Nous ne voulons ni du pain sans liberté ni de liberté sans pain. Notre idéal, c’est la justice sociale. L'idéal humaniste est notre doctrine, pas le communiste ni le capitaliste.

    Fidel Castro, premier ministre cubain

    À la fin de la conférence de presse, le nouveau premier ministre dit souhaiter visiter les quartiers généraux de la Gendarmerie royale du Canada (GRC). Il désire s’inspirer de la GRC pour former un corps policier équivalent à Cuba.

    Caméra 59, 26 avril 1959


    Des avis partagés sur les méthodes employées par le leader cubain

    Le jour de la visite de Fidel Castro, le journaliste de l’émission Caméra 59, Raymond Charrette, sonde les Montréalais, rue Saint-Denis.

    Le journaliste rappelle aux citoyens interrogés les exécutions massives ordonnées par le révolutionnaire cubain contre les hommes de Batista. Malgré tout, plusieurs ont une opinion favorable du père de la révolution cubaine. Certains passants consultés semblent même indulgents face aux méthodes employées par Castro.

    Deux hommes se mettent à débattre. Pour l’un, en prenant la force et en soulevant la masse, Castro a très mal agi [..] Et passer la mitrailleuse n’a jamais rien réglé. Pour l'autre, Fidel Castro a voulu rendre service à son peuple et [..] a fait le nettoyage qui s’imposait.

    Lors de cette visite d’un jour, Fidel Castro n’a pas rencontré le premier ministre canadien de l’époque, John Diefenbaker, ni celui du Québec, Maurice Duplessis.

    Fidel Castro est revenu à Montréal une seconde fois en octobre 2000 pour les funérailles de Pierre Elliott Trudeau, politicien avec qui il entretenait des liens d’amitié.

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