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Les élus promettent de faire ce qu'il faut pour aider les sinistrés

Le reportage de Frédéric Arnould
Radio-Canada

La fin de semaine sera difficile pour les riverains du Québec, de l'Ontario et du Nouveau-Brunswick, où la pluie attendue ainsi que la fonte des neiges laissent présager de nouvelles montées d'eau. À Ottawa, l'état d'urgence a même été déclaré. Tant à Ottawa qu'a Québec et à Queen's Park, on se dit prêt à faire ce qu'il faut pour aider les riverains sinistrés.

Selon le dernier bilan publié vendredi en début de soirée par Urgence Québec, le nombre de résidences inondées s'établit à 3017, celui des résidences isolées s'élève à 2736 et celui des personnes évacuées avoisine les 1796.

Après les Beaucerons, ce sont maintenant les résidents des Laurentides qui sont les plus sévèrement touchés par la crue printanière, avec plus de 1000 maisons inondées et 634 personnes évacuées.

Par ailleurs, à Rigaud, en Montérégie, les autorités ont décidé vendredi matin d'ordonner l'évacuation de toutes les zones inondées et inondables du secteur.

On dit ne vouloir forcer personne à évacuer, mais on affirme que ceux qui décideront de rester dans leur maison le feront à leurs risques et périls, car le niveau de la rivière des Outaouais continue d'augmenter et devrait dépasser les niveaux records atteints en 2017.

« Hier à 14 h, on a atteint les niveaux de la crue centenaire qui était de 24,8 mètres », a expliqué le directeur intérimaire du Service de sécurité incendie de Rigaud, Daniel Boyer. Ce niveau devrait atteindre 25,15 mètres dimanche ou lundi, ce qui dépasse la crue de 2017.

À Laval, les autorités recommandent également l'évacuation dans plusieurs secteurs, notamment aux Îles-Laval et à l'île Roussin.

Entrevue avec Éric Houde, porte-parole national de la Sécurité civile

Situation critique, mais sous contrôle

En point de presse à Lévis vendredi, la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a confirmé que la situation est critique à plusieurs endroits et a exhorté les citoyens à être très vigilants.

Mme Guilbault a d'ailleurs évoqué la ville de Pointe-Calumet, à l'ouest de l'île de Montréal, dans les Laurentides, comme étant une zone à risque.

« Une digue [de béton] pourrait être à risque de céder, on parle de milliers de personnes qui devraient évacuer [en cas de bris] », a précisé la ministre, avant d'indiquer que des soldats avaient renforcé la digue en question avec des feuilles de contreplaqué, plus tôt dans la journée.

Selon elle, toutefois, les « ressources » sur le terrain sont pour le moment suffisantes, notamment en ce qui a trait aux Forces armées, qui sont déployées selon les besoins à mesure que la situation évolue.

L’ensemble des municipalités considèrent que nous répondons à leurs besoins. Si on avait des besoins supplémentaires, je prendrais des décisions en conséquence.

Geneviève Guilbault, ministre de la Sécurité publique

Son collègue aux Transports, François Bonnardel, était pour sa part dans la région de Saint-Jérôme, où des dégâts ont forcé la fermeture de la route 117 près de la jonction avec l'autoroute 50.

« Si l'on doit fermer les autoroutes, on va le faire », a indiqué M. Bonnardel, en ajoutant que la situation pourrait même se produire avec des voies de circulation majeures telles les autoroutes 20 et 40 à l'ouest de Montréal.

« S'il y avait problématique, on va trouver des mesures d'atténuation pour que les gens puissent utiliser l'autoroute 30 avec le péage qui serait gratuit », a précisé le ministre.

Le retour de la pluie

D'ici dimanche, de 20 à 40 mm de pluie, voire jusqu'à 50 mm dans certains endroits, sont attendus au Québec, de l'Outaouais à Québec en passant par Montréal et la Mauricie, jusqu'au Bas-Saint-Laurent et au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Mais la pluie ne sera pas le seul problème. Les températures oscillant autour de 10 degrés Celsius vont accélérer la fonte des neiges, particulièrement dans les secteurs plus au nord, où le couvert de neige est encore important.

De 50 à 60 cm de neige recouvrent toujours la bande qui relie Maniwaki à La Tuque, et plus de 1,5 m est enregistré dans Charlevoix, selon Environnement Canada.

Une fois fondue, cette neige viendra s’ajouter aux eaux qui s'écoulent vers le fleuve Saint-Laurent. La Sécurité civile se prépare à une montée des eaux dans la rivière des Outaouais, dans le lac des Deux Montagnes, dans l'archipel de Montréal et du fleuve, ainsi que dans le lac Saint-Pierre.

Inquiétudes en Outaouais

Jeudi, la Sûreté du Québec (SQ) annonçait l'évacuation préventive de 250 résidents à Grenville-sur-la-Rouge, menacés par un barrage fragile sur la rivière Rouge, à environ 18 kilomètres de l'embouchure de la rivière des Outaouais.

Vendredi matin, la SQ parlait plutôt de 75 évacués seulement, alors que les autorités estiment que le barrage sera en mesure de résister à la pression du courant, et ce malgré un débit qualifié d'historique.

« Ce qui se passe présentement, c’est qu’on surveille », a expliqué Francis Labbé, conseiller en affaires publiques et médias à Hydro-Québec. Il a indiqué que le barrage a connu « une bonne nuit, dans la mesure du possible ».

Le Comité de régularisation de la rivière des Outaouais a de son côté prévenu les gens vivant autour du bassin versant du cours d'eau qu’il s’attend à ce que les débits et les niveaux d’eau le long de la rivière entre Mattawa et la région de Montréal dépassent au cours de la fin de semaine les niveaux observés en mai 2017.

Quant à la Ville d’Ottawa, elle a décidé de déclarer l’état d’urgence jeudi, affirmant que « les niveaux d’eau élevés combinés à d’autres précipitations importantes prévues sont des facteurs qui annoncent une situation dangereuse imminente ». La Ville s’attend à ce que la rivière des Outaouais dépasse de 50 cm les niveaux qu’elle avait atteints en 2017 et « qui ont causé d’importants dommages à de nombreuses propriétés dans la Ville d’Ottawa ».

Selon le directeur municipal ottavien, Steve Kanellakos, la municipalité ne peut plus maintenir les services à la population à un niveau optimal pour les semaines à venir. Elle a besoin de l’aide des niveaux supérieurs de gouvernement.

Près de 200 maisons risquent d’être inondées à Ottawa. Elles sont un millier à Gatineau, qui, elle, n’a pas déclaré l’état d’urgence.

Tout de même, du côté québécois de la rivière des Outaouais, on observe la situation de près. Le maire, Maxime Pedneaud-Jobin, a déclaré vendredi « qu'il y a un facteur de risque qui augmente à partir de maintenant ». Il prévient les citoyens qui avaient été touchés par les inondations de 2017 qu’ils risquent de l’être encore plus cette année, et que le périmètre visé par les inondations cette fois va aller en augmentant.

Le reportage de Mathieu Prost

L'Ontario derrière les sinistrés

Pour témoigner de la gravité de la situation, le premier ministre ontarien Doug Ford est d’ailleurs à Ottawa vendredi.

En conférence de presse, M. Ford a souligné qu'il prenait très au sérieux la situation et a réitéré que la province sera là si les citoyens ont besoin d'aide.

Les riverains ici ont besoin de notre appui, c’est une question de vies humaines. On est derrière eux.

Doug Ford, premier ministre de l’Ontario

Il n'a cependant fait aucune annonce officielle quant à l'aide qui pourrait être accordée aux sinistrés de la région d'Ottawa.

Par ailleurs, les militaires des Forces armées canadiennes sont arrivés à Ottawa dès vendredi matin. Leur nombre devrait atteindre 400 dans la capitale.

L'eau grimpe au Nouveau-Brunswick

Plus à l'est, les efforts sont déployés pour venir en aide aux sinistrés du Nouveau-Brunswick, puisque les inondations continuent de compliquer les opérations dans le sud de la province.

De Fredericton à Saint-Jean, 800 personnes sont actuellement évacuées et ce nombre devrait encore augmenter, selon la Croix-Rouge.

Le gouvernement provincial a d'ailleurs demandé à la population de faire attention : l'eau pourrait atteindre un niveau encore plus élevé, car le fleuve Saint-Jean continue de gonfler.

Il devrait cependant commencer à décroître lentement durant la fin de semaine, malgré les 30 mm de pluie attendus vendredi et samedi.

La situation cause de multiples perturbations sur le réseau routier.

Les autorités ont procédé à la fermeture complète de la Transcanadienne d'Oromocto à River Glade. Cette fermeture pourrait durer plusieurs jours, ont-elles indiqué. Le ministère des Transports du Nouveau-Brunswick a également interdit la circulation sur 84 routes.

En signe de soutien aux personnes touchées par les crues, la gouverneure générale du Canada, Julie Payette, s'est rendue à Rothesay, près de Saint-Jean, vendredi après-midi.

Une collaboration « sans faille »

De passage à Regina, en Saskatchewan, le ministre fédéral de la Sécurité publique, Ralph Goodale, a vanté les efforts des différents paliers de gouvernement pour venir en aide aux sinistrés et protéger les maisons et infrastructures épargnées pour l'instant.

« Les municipalités sont en première ligne, suivies des gouvernements provinciaux. Si les provinces jugent qu'elles ne suffisent plus à la tâche, elles peuvent envoyer une demande d'aide au gouvernement fédéral en s'adressant à moi, à la Sécurité publique », a-t-il déclaré.

Une fois la demande acceptée par Ottawa, l'État canadien « interviendra immédiatement », a précisé le ministre.

Enfin, le Barreau du Québec a publié vendredi sur son site Web une trousse d'information destinée aux sinistrés pour informer ceux-ci à propos des recours disponibles en cas d'inondation.

Le Barreau a également relancé sa ligne téléphonique info-inondations pour offrir des conseils aux sinistrés, fait-on savoir par voie de communiqué.

Avec les informations de La Presse canadienne

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