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Avenir incertain pour les élèves d’immersion française du centre-ville de Vancouver

Le devant d'une école primaire.

Le programme d'immersion française de l'École Henry-Hudson, qui reçoit les élèves du centre-ville de Vancouver, pourrait disparaître.

Photo : Radio-Canada / Noémie Moukanda

Michaële Perron-Langlais

Le Conseil scolaire de Vancouver (VSB) doit se prononcer lundi sur l'élimination possible du programme d'immersion française à l'École Henry-Hudson, dans le quartier Kitsilano. Cette perspective inquiète certains parents, puisqu'il s'agit de la seule école primaire qui offre ce programme à proximité du centre-ville.

« J’ai demandé à ma fille, qui a commencé l’immersion en première année, ce qu’elle penserait de revenir au programme en anglais », raconte Joanne Gerrie, mère de deux enfants inscrits au programme de français de cette école.

Elle m’a répondu : "Maman, j’ai trouvé ma passion ici. C’est en français que j’aime apprendre." Je ne peux pas lui enlever cela.

Joanne Gerrie, mère de deux élèves de l'École Henry-Hudson

D’après le directeur des programmes éducatifs du VSB, Adrian Keough, la recommandation d’éliminer le programme d’immersion a été formulée en raison du manque d’espace pour les enfants du quartier souhaitant étudier en anglais. « Le programme de français est un programme optionnel, explique-t-il. Notre priorité est d’offrir un programme en anglais pour ceux qui vivent dans le voisinage. »

Manque d’accessibilité pour les familles du centre-ville

Même si le conseil scolaire assure que des places seront disponibles dans les autres écoles offrant des programmes d’immersion française à Vancouver, certains parents jugent qu’il est inacceptable d’éliminer celui de l’École Henry-Hudson.

« Il n’y a pas d’immersion française au centre-ville, dans les quartiers Coal Harbour, Yaletown, West End », dit Glyn Lewis, le directeur de l’organisme Canadian Parents for French pour la Colombie-Britannique. « Ces parents doivent déjà conduire leurs enfants jusqu’à Henry-Hudson, de l’autre côté du pont Burrard. Si ce programme disparaît, ils vont devoir aller encore plus loin, ce qui rend l’immersion française moins accessible. »

« Il ne faut fermer aucune porte et ne pas reculer, soutient Josh Paterson, le père d’un enfant inscrit en immersion à l’École Henry-Hudson. C’est un programme qui bénéficie vraiment aux enfants. Moi, je suis anglophone, et je peux parler français parce que j’ai suivi un programme d’immersion française en Ontario. Il faut que ça soit disponible. »

Élimination progressive

Si la recommandation du VSB est approuvée par les commissaires scolaires, le programme d’immersion française ne disparaîtra pas de l’École-Henry Hudson du jour au lendemain, assure Adrian Keough. « Nous recommandons de continuer jusqu’à ce que les élèves qui sont déjà là finissent le programme », dit-il.

Il ajoute que, même après la disparition du programme, les familles n’auraient pas forcément à changer d’école.

On ne demande à personne de partir. [Les élèves] ont le droit de continuer en anglais. S’ils veulent continuer en français dans le futur, il faudra aller dans une autre école.

Adrian Keough, directeur des programmes éducatifs du Conseil scolaire de Vancouver

Une recommandation « de dernière minute »

Des parents de l’École Henry-Hudson avaient déjà fait part de leurs inquiétudes, cette année, lorsque le VSB a évoqué la possibilité de transférer le programme d’immersion dans une école du quartier Strathcona.

Selon certains d’entre eux, ce n’est qu'au début du mois d'avril qu’ils ont appris que le programme risquait finalement d’être éliminé. « À la dernière minute, ils ont changé la recommandation, et c’était une surprise pour tout le monde », raconte Josh Paterson.

Tout comme Joanne Gerrie, il considère qu’il serait préférable de prendre le temps de discuter davantage des options offertes avant de prendre une décision. « Ça ne veut pas dire qu’on ne peut jamais faire de changements dans le système scolaire, souligne-t-il. Il va toujours y avoir des difficultés et des déplacements qui devront se faire, mais le faire par surprise, ça, ce n’est pas une bonne idée, d’après nous. »

Les neuf commissaires du Conseil scolaire de Vancouver doivent se prononcer sur la question par un vote, prévu lundi.

Avec les informations de Noémie Moukanda

Colombie-Britannique et Yukon

Éducation