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La consultation sur le racisme et la discrimination systémiques à Montréal commencera en mai

M. Holness est entouré de membres de Montréal en action.
Balarama Holness, du groupe Montréal en action, est un des instigateurs de la pétition. Photo: Radio-Canada / Benoît Chapdelaine
Radio-Canada

La consultation sur le racisme et la discrimination systémiques réclamée par quelque 16 700 signataires d'une pétition l'été dernier sera finalement lancée le mois prochain.

L’Office de consultation publique de Montréal (OCPM), l’organisme auquel a été confié ce mandat en août dernier, a fait connaître jeudi les modalités de sa démarche, à laquelle peuvent participer des personnes, associations et entreprises montréalaises.

À terme, la consultation devrait « proposer des pistes novatrices pour améliorer le vivre-ensemble et pour contrer toutes les manifestations du racisme ou de la discrimination systémique », a indiqué la présidente de l’OCPM, Dominique Ollivier, dans un communiqué.

La pétition avait été lancée par les groupes Montréal en action et le Centre de recherche-action sur les relations raciales en vertu du « droit d’initiative », qui permet à des citoyens de réclamer une consultation sur un enjeu touchant la Ville.

Les personnes qui l’ont signée « ont choisi de faire confiance à l’intelligence collective pour trouver des moyens de favoriser l’inclusion et la justice sociale à Montréal. Il est maintenant de notre responsabilité de donner une voix à l’ensemble des points de vue par une démarche transparente, rigoureuse et accessible », poursuit Mme Ollivier.

Pendant l’automne 2018 et au début de 2019, la Ville a travaillé à produire son document de référence qui doit servir de base à la consultation. Pendant cette période, une commission de l’OCPM a également fait une tournée dans les arrondissements pour réaliser une « préconsultation ».

Calendrier

La présidente de l'Office de consultation publique de Montréal, Dominique Ollivier. La présidente de l'Office de consultation publique de Montréal, Dominique Olivier Photo : Radio-Canada

La consultation commencera par une séance d’information le 15 mai au cours de laquelle le public pourra entendre une présentation du Service de la diversité et de l’inclusion sociale de la Ville, suivie d’une autre par les personnes qui sont à l’origine de la pétition. À la suite de ces présentations, il y aura une période de questions.

À la fin mai, trois autres séances d’information sont prévues sur les thèmes de la culture, de l’emploi et du profilage racial et social.

Pendant l’été, des citoyens pourront organiser leur propre consultation au moyen d’une trousse « prêt à consulter », qui sera disponible en français et en anglais dès la fin mai. D’autres activités « contributives » sont également prévues en septembre.

À l’automne, ceux qui le souhaitent pourront donner leur opinion en ligne. Il y aura ensuite quatre séances itinérantes au cours desquelles seront présentées les propositions provenant des « activités contributives citoyennes ».

Des séances d’audition des opinions sont prévues à partir du 4 novembre.

L’OCPM doit rendre son rapport 90 jours après la dernière séance d’auditions.

Définitions

La consultation portera spécifiquement sur la discrimination et le racisme systémiques dans les compétences de la Ville de Montréal.

La Ville a préparé des documents de référence dans lesquels elle présente en détail les différentes mesures et interventions qu’elle met en œuvre pour lutter contre le racisme et la discrimination, et pour favoriser l’inclusion et promouvoir des relations harmonieuses.

D’entrée de jeu, elle y pose une série de définitions.

Ainsi, la discrimination systémique est définie comme « une discrimination résultant de l’interaction dynamique entre des décisions et des attitudes teintées de préjugés, ainsi que de modèles organisationnels et de pratiques institutionnelles qui ont des effets préjudiciables, voulus ou non, sur des groupes protégés par la Charte », soit la « race », la couleur, le sexe, l’identité ou l’expression de genre, la grossesse, l’orientation sexuelle, l’état civil, l’âge (sauf dans la mesure prévue par la loi), la religion, les convictions politiques, la langue, l’origine ethnique ou nationale, la condition sociale, le handicap ou l’utilisation d’un moyen pour pallier ce handicap.

Quant au racisme systémique, il s’agit de la « production sociale d’une inégalité fondée sur la race dans les décisions dont les gens font l’objet et les traitements qui leur sont dispensés ». Cette inégalité découle « de l’organisation de la vie économique, culturelle et politique d’une société ». Plusieurs facteurs y contribuent : la construction sociale des races, la structure du système social et les actions et décisions des gens qui travaillent pour ce système.

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