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Salon du livre de Québec : un autre voyage au Bénin en 2018 pour le PDG, mais aucune entente

Philippe Sauvageau
Philippe Sauvageau Photo: Radio-Canada
Alexandre Duval

Même s'il essaie d'attirer le Bénin au Salon international du livre de Québec (SILQ) depuis plus d'une décennie, Philippe Sauvageau n'a récemment eu que des contacts très limités. Radio-Canada a appris que lors de son dernier voyage dans ce pays d'Afrique, en 2018, il n'a fait qu'une seule et unique rencontre.

Selon nos informations, M. Sauvageau a pourtant séjourné au Bénin entre le 1er et le 7 novembre dernier, soit une semaine entière.

Au cours de cette période, il n’a eu qu’un seul rendez-vous avec le directeur des arts et des livres au ministère du Tourisme, de la Culture et des Sports. Il s’agissait alors de la neuvième présence de M. Sauvageau au Bénin depuis 2007.

Ses nombreux voyages, d’abord révélés par Le Journal de Québec, ont d’ailleurs mené à sa suspension temporaire à titre de PDG du SILQ, le 16 avril dernier.

Le Bénin en 2021? Rien de moins sûr

La veille de sa suspension, M. Sauvageau indiquait néanmoins au Journal de Québec que c’était « réglé » pour le Bénin et que ce pays « pourrait » être à l’honneur au SILQ en 2021.

Nos informations laissent toutefois entendre que le résultat des démarches de M. Sauvageau est loin d’être aussi limpide.

Dans un entretien téléphonique avec Radio-Canada, le directeur des arts et des livres du Bénin a confirmé avoir rencontré M. Sauvageau l’an dernier à Cotonou, une ville située dans le sud du pays.

Or, Koffi Attédé dément que son pays sera à l’honneur du SILQ. « Je ne l’ai pas encore relancé », explique-t-il en référence à M. Sauvageau. La question du partage des frais entre le Bénin et le SILQ ne serait pas réglée, selon lui.

S’il n’y a pas eu de résultat, à mon sens, c’est parce que c’est trop cher pour nous.

Koffi Attédé, directeur des arts et des livres du Bénin

Le directeur des arts et des livres du Bénin dit avoir expliqué à M. Sauvageau que le SILQ devrait couvrir une plus grande partie des dépenses liées à la participation d’une délégation de son pays. « Je n’ai pas eu de retour de leur part en ce sens », affirme M. Attédé.

La responsable des communications du SILQ, Johanne Mongeau, a indiqué que, normalement, les pays mis à l’honneur au Salon paient les billets d'avion de leur délégation, tandis que le SILQ couvre leurs frais d’hébergement et de subsistance.

Il a été impossible pour Radio-Canada d’obtenir la version des faits de M. Sauvageau, ce dernier ayant annulé une entrevue prévue depuis une semaine.

L’organisation du SILQ lui aurait demandé de garder le silence, le temps que la firme comptable Mallette ait complété ses vérifications au sujet de ses dépenses et de sa gestion.

Trop d’associations?

Lors d’un entretien téléphonique précédent, M. Sauvageau avait laissé entendre que si ses démarches avaient été fastidieuses au Bénin, c’est en raison du nombre élevé d’associations d’auteurs et d’éditeurs qui y existent.

M. Attédé reconnaît que son pays compte « un certain nombre de regroupements professionnels », mais ne croit pas que le Bénin fasse exception en cette matière.

Au cours des dernières semaines, Radio-Canada a contacté les plus gros éditeurs du Bénin. Un seul a répondu à nos demandes, soit les Éditions du Flamboyant, qui serait par ailleurs la plus ancienne maison d’édition du pays.

Son directeur, Gérard Houessou, confirme ne jamais avoir rencontré M. Sauvageau, et ce, même s’il est directeur des Éditions du Flamboyant depuis près de 15 ans, et qu’il a déjà manifesté son intérêt à participer au SILQ.

Le monsieur dont vous parlez, je ne le connais pas. Je ne l’ai jamais rencontré.

Gérard Houessou, directeur des Éditions du Flamboyant

Proximité avec une famille

Selon nos informations, M. Sauvageau serait aussi lié de près à une famille béninoise, qu’il connaît depuis plusieurs années et qu’il aurait visitée à quelques reprises.

L’ex-présidente du C. A. du SILQ, Renée Hudon, avait déjà laissé entendre dans un article du Journal de Québec que M. Sauvageau avait « des amitiés en Afrique » et « un lien d’attachement avec l’Afrique ».

Ces racines n'ont cependant rien d'étonnant, puisqu'avant de devenir président-directeur général du SILQ, M. Sauvageau a oeuvré en Afrique francophone pendant de nombreuses années au développement des centres de lecture et d'animation culturelle.

Récemment, le SILQ a fait changer les serrures à ses bureaux afin d’en limiter l’accessibilité, notamment pour M. Sauvageau, le temps que la lumière soit faite sur cette affaire.

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