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Le nouvel ALENA, un recul pour le Mexique

Andres Rozental dans son bureau.

L'ex-diplomate et ambassadeur mexicain Andres Rozental, interviewé par le journaliste Michel Désautels.

Photo : Radio-Canada / Yves de Vathaire

Michel Désautels

Le nouvel accord de commerce nord-américain est au coeur des enjeux économiques du Mexique, et il n'a rien à voir avec un véritable libre-échange, selon l'ex-diplomate Andres Rozental.

Lorsque l’idée d’une série printanière consacrée au Mexique est née au sein de notre équipe, nous avons pendant un moment songé à la coiffer du titre Le Mexique, si proche, si loin. Car plus nous avancions dans notre discussion collective sur les angles à aborder, plus il devenait évident que nous avions beaucoup à apprendre sur le troisième amigo du trio nord-américain que nous constituons avec les États-Unis.

Bien qu'il soit notre partenaire commercial par l'intermédiaire de l’ALENA depuis un quart de siècle, nous le connaissons très mal, un peu comme si l’éléphant américain nous empêchait de voir comment vivent les 120 millions d’habitants du pays.

L’entrevue avec Andres Rozental est diffusée le 28 avril à Désautels le dimanche dans le cadre de la série Le Mexique, entre l’ombre et la lumière, sur ICI PREMIÈRE.

Une dépendance au marché américain

Et pourtant, le Canada a beaucoup de choses en commun avec le Mexique. Riches de ressources naturelles importantes, les deux pays font la très grande part de leur commerce international avec les États-Unis.

Cette dépendance au marché américain a pesé lourd dans les négociations trilatérales qui ont abouti en un nouvel accord, qui reste à ratifier dans les trois pays. L’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) est au coeur des beautés et des difficultés économiques du Mexique, selon notre invité de cette semaine, Andres Rozental.

M. Rozental en connaît un bout sur le sujet. Il faisait partie de l’équipe mexicaine qui a négocié la première mouture de l’ALENA. Cet ancien diplomate, ambassadeur et ministre adjoint des Affaires étrangères dirige aujourd’hui une société de consultants et siège aux conseils d’administration de nombreuses sociétés, tant mexicaines qu’étrangères.

Chercher d’autres partenaires

Lors d'une rencontre dans ses bureaux des Campos Eliseos à Mexico au début mars, Andres Rozental m’a beaucoup parlé du recul que constitue pour son pays ce nouvel accord qu’il refuse de qualifier de « libre échange ». Il est plutôt d’avis qu’on a boulonné un « accord de réglementation » imposé sous la menace exécutée de tarifs massifs sur l’acier et l’aluminium.

Cette entente probablement inévitable doit faire réfléchir son pays sur la nécessité de multiplier les accords de libre-échange avec d’autres partenaires partout sur la planète.

Mais l’homme d’affaires craint que ce ne soit pas la voie que privilégiera le nouveau président mexicain, Andres Manuel Lopez Obrador (AMLO), qui a une vision moins mondialiste de l’avenir économique du pays. Cette inquiétude est partagée, selon lui, par les milieux d’affaires, qui ont une sorte de vertige devant une administration de gauche avec laquelle ils ne savent pas communiquer.

Les chantiers ne manqueront pas; amélioration du système d’éducation, éradication de la corruption, lutte contre la criminalité seront autant d’obstacles à franchir pour AMLO. Mais, quel que soit l’avenir, il devra voir se rapprocher le Mexique et le Canada, croit Andres Rozental.

Écoutez l'entrevue intégrale de Michel Désautels avec l’ancien diplomate et ambassadeur mexicain, Andrés Rozental:

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