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« Ce n'est pas nous qui l'avons fait », affirment les propriétaires du BerMax Caffé

Oxana Berent a les yeux embués et porte la main à son visage.
Oxana Berent nie que sa famille a mis en scène une attaque antisémite contre le restaurant BerMax Caffé dont elle est propriétaire. Photo: Radio-Canada / Gary Solilak
Radio-Canada

La famille de confession juive propriétaire d'un restaurant qui avait été recouvert de graffitis antisémites nie la version de la police qui l'accuse d'avoir mis en scène le crime. En larmes et éprouvant de la difficulté à s'exprimer par moments, une des copropriétaires, Oxana Berent, a demandé aux membres de la communauté juive de ne pas juger sa famille dans une entrevue accordée à CBC mercredi.

Les trois membres de la famille Berent ont été accusés de méfait public au terme d'une enquête de la police de Winnipeg sur ce qui était considéré tout d'abord comme un crime haineux. Ils doivent comparaître en cour au mois de mai.

« Ce qui est arrivé hier et aujourd'hui, ça a complètement brisé notre famille, notre entreprise, tout, a affirmé Oxana Berent. Ça nous a vraiment brisés. »

Au cours de l'entrevue à l'émission Up to Speed, Mme Berent a dit que sa famille n'utiliserait pas un symbole comme la croix gammée. Elle a indiqué qu'une partie de sa famille est morte durant l'Holocauste et qu'elle prenait au sérieux cet épisode sombre de la Seconde Guerre mondiale.

Elle a raconté avoir été agressée vers 21 heures, jeudi dernier, alors qu'elle était seule au restaurant et qu'elle avait alors perdu connaissance. Elle ajoute qu'elle s'est réveillée dans une ambulance et qu'elle avait des marques sur la peau, que ses vêtements étaient déchirés et qu'elle avait mal à la main ce qui confirmerait qu'elle avait été victime d'une attaque.

Je vous dis que j'ai très très peur de retourner à la maison parce que je ne sais pas ce qui va se passer.

Oxana Berent, copropriétaire du BerMax Caffé

Mme Berent indique qu'elle a passé 11 heures dans une salle d'interrogatoire de la police mardi. Elle ajoute que, lorsqu'elle a demandé aux policiers pourquoi ils croyaient que sa famille mentait à propos de l'attaque, ils ont simplement répondu que des éléments de leurs témoignages ne concordaient pas.

Son fils, Maxim Berent, a dit que sa famille ne peut avoir mis en scène cette agression parce que cela irait à l'encontre de ses croyances. Il a aussi affirmé que ses parents et lui n'avaient pas de raison de faire ce qui leur est reproché.

Maxim Berent portant une kippa et serrant dans ses bras sa mère, Oxana Berent.Maxim Berent réconforte sa mère à la sortie d'une entrevue avec CBC au cours de laquelle ils ont nié être derrière l'attaque antisémite sur leur restaurant. Photo : Radio-Canada / Gary Solilak

Oxana et Maxim Berent ont reconnu avoir eu de la difficulté avec la rentabilité du restaurant et qu'ils avaient tenté de le vendre. Les Berent ont aussi dû vendre leur maison afin de payer des prêts qui leur avaient été accordés pour démarrer l'entreprise. Ils ont nié que cela aurait pu motiver le geste qui leur est reproché et affirmé n'avoir pas reçu beaucoup d'argent de la part de la compagnie d'assurance à la suite de cet incident.

Déception et sentiment de trahison

Les accusations portées par la police ont ébranlé certains membres de la communauté juive de Winnipeg. C'est, entre autres, le cas de la directrice générale du Jewish Heritage Center of Western Canada, Belle Jarniewski.

L'antisémitisme, c'est vraiment quelque chose de grave et d'actuel dans le monde entier. Je pense qu'il est complètement inacceptable que des individus puissent utiliser le racisme et l'antisémitisme aussi cyniquement pour leur gain personnel.

Belle Jarniewski, directrice générale du Jewish Heritage Center of Western Canada

Elle affirme avoir été choquée et s'être sentie trahie lorsqu'elle a pris connaissance des accusations portées contre la famille Berent. Elle dit faire confiance à la police de Winnipe,g qui a consacré d'importantes ressources à cette enquête au cours de la dernière semaine.

Belle Jarniewski considère que cette histoire aura des conséquences négatives et sera utilisée par les personnes antisémites pour nier la véracité de réelles attaques à l'avenir. Elle affirme que des commentaires ont déjà commencé à circuler sur certains sites néonazis en Europe sur ces accusations qui sont utilisées « pour démontrer que les juifs mentent tout le temps et inventent l'antisémitisme ».

Elle dit n'avoir jamais vu de cas où une attaque semblable aurait été mise en scène.

Belle Jarniewski se réjouit toutefois des marques de solidarité de la communauté winnipégoise et des nombreuses réactions de personnes qui s'opposent à la haine.

Manitoba

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