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Les manchots empereurs boudent le plus grand site de reproduction de l'Antarctique

Ils sont sur la banquise à Halley Bay en Antarctique.

Deux manchots empereurs

Photo : Associated Press / Peter Fretwell

Radio-Canada

Les scientifiques tirent la sonnette d'alarme. Depuis trois ans, on n'enregistre pratiquement aucune naissance sur le plus grand site de reproduction des manchots empereurs de l'Antarctique.

De 15 000 à 24 000 couples reproducteurs de manchots empereurs se rassemblent chaque année dans ce site de reproduction, situé à Halley Bay. Le lieu est considéré comme un endroit sûr. Selon les prédictions, ses températures demeureront froides ce siècle-ci malgré le réchauffement climatique.

Mais presque aucun manchot n'y est allé en trois ans, selon une étude publiée mercredi dans Antarctic Science.

Une aire de reproduction voisine a attiré des couples nicheurs, mais leur nombre est loin d'atteindre la quantité manquante à Halley Bay, explique Phil Trathan, auteur de l'étude et responsable de la biologie de la conservation à la British Antarctic Survey. Il dit n’avoir jamais vu un échec de reproduction à une telle échelle en 60 ans.

C'est inhabituel d'avoir un échec complet de reproduction dans une si grande colonie […] Normalement, environ 8 % de la population mondiale de manchots empereurs se reproduit à Halley Bay.

Phil Trathan, responsable de la biologie de la conservation à la British Antarctic Survey

Les manchots empereurs pèsent jusqu'à 40 kg et vivent environ 20 ans. Dans les couples, qui se reproduisent dans les conditions hivernales les plus rudes, c’est le mâle qui couve les œufs.

Des manchots empereurs et des poussins à Halley Bay en AntarctiqueAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les manchots empereurs, qui pèsent jusqu'à 40 kg et vivent environ 20 ans, sont les plus gros pingouins, noir et blanc.

Photo : Associated Press / Peter Fretwell

Le climat et la météo coupables?

Les scientifiques attribuent ce déclin aux conditions climatiques et météorologiques qui brisent la banquise côtière, où les manchots empereurs restent pour se reproduire.

C’est là qu’ils incubent leurs œufs et s'occupent de leurs poussins sur la glace. Après la reproduction et l'élevage des poussins, les manchots se déplacent en haute mer. Mais l’étude constate qu’en 2016 et 2017, il n'y a pas eu de reproduction à Halley Bay, et très peu en 2018.

La situation était meilleure pour l'aire de reproduction voisine de Dawson-Lambton. Elle abritait quelques milliers de couples. Leur nombre est passé de 11 117 couples en 2017 à 14 612 en 2018.

Faut-il en comprendre que les oiseaux n'ont pas disparu et simplement déménagé? Loin d'être rassuré, David Ainley, écologiste marin et expert en manchots de la firme de consultants H.T. Harvey & Associates, estime que ce changement de lieu de nidification devrait servir d'avertissement.

À long terme, les sites de reproduction alternatifs deviendront probablement plus difficiles à trouver.

David Ainley, écologiste marin expert en pingouins, H.T. Harvey & Associates

Une étude réalisée en 2014 par Jenouvrier prévoyait qu'en raison du changement climatique, la population mondiale de manchots empereurs diminuerait probablement d'au moins 19 % d'ici l'an 2100.

Avec les informations de Associated Press

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