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Des parents de l’École Taché se font entendre à la DSFM contre l’enseignement religieux

Jean-Luc Beaudry devant les membres de la Commission scolaire franco-manitobaine.
Jean-Luc Beaudry, père de deux élèves à l'École Taché, a présenté son avis appuyé par plusieurs heures de recherches sur le groupe Child Evangelism Fellowship. Photo: Radio-Canada / Julien Sahuquillo
Julien Sahuquillo

Une délégation de parents d'élèves de l'École Taché a présenté ses craintes quant à l'enseignement religieux autorisé dans l'école de leurs enfants, lors d'une rencontre des commissaires de la Division scolaire franco-manitobaine (DSFM), qui a eu lieu mercredi soir.

Cinq parents d’élèves se sont rendus à Lorette, à 30 km au sud-est de Winnipeg, pour exposer aux commissaires leur désaccord quant à l’autorisation accordée au groupe religieux américain Child Evangelism Fellowship (CEF), qui pourra enseigner la religion à des élèves de l’École Taché, à Saint-Boniface.

Le groupe venait appuyer Jean-Luc Beaudry, père de deux enfants en 1re et 4e année à l’École Taché. Pendant une quinzaine de minutes, il a exposé aux commissaires ses craintes quant au contenu des cours proposé par le CEF et le risque de prosélytisme au sein de l’école.

« Le prosélytisme, ça fait partie de leur vision, affirme-t-il. [Le CEF] ne parle pas des bons gestes qu’ils ont faits, mais plutôt du nombre d’écoles qu’ils accumulent dans notre province. »

Il ajoute que ses filles, ainsi que des enfants d’autres parents d’élèves, lui ont déjà rapporté des propos qu’il juge inquiétants et dit craindre que cela ne s’accroisse.

« "Si tu ne crois pas en Jésus, tu iras en enfer" : ça se dit entre les enfants. Je trouve que les enfants devraient être libres de partager leur pensée dans l’école dans un environnement neutre. Introduire une organisation comme CEF va mettre en péril cette neutralité », explique-t-il.

« On n’a jamais entendu de l’école que ce cours était offert. On n’a aucun moyen de savoir si nos enfants sont encouragés à y aller. Je sais que, parfois, dans des groupes comme ça, ils vont offrir des jus ou des bonbons pour encourager davantage d’enfants à venir », s’inquiète Kristin Chartrand, mère d’un enfant en 1re année à l’École Taché.

Kristin Chartrand à la DSFM.Kristin Chartrand estime se battre également pour les familles d'autres confessions ou athées. Photo : Radio-Canada / Julien Sahuquillo

Si les commissaires ont écouté les propos de Jean-Luc Beaudry, la DSFM a rappelé, une nouvelle fois, qu’elle ne pouvait pas déroger à la loi scolaire.

« Tu nous demandes de briser la loi? Moi je ne vois pas de solution à ce problème », a déclaré Denis Clément, commissaire pour la région sud, lors de la période des questions adressées à Jean-Luc Beaudry.

Le président de la Commission scolaire franco-manitobaine, Bernard Lesage, a tenu à préciser le fait que Jean-Luc Beaudry ne venait pas, mercredi soir, pour faire une demande concrète et formelle, mais plutôt pour faire part de son avis.

Je leur ai présenté de l’information qui, à mon avis, est très troublante et je leur laisse prendre leur décision. Je peux faire une demande, mais ils ne vont pas m’écouter.

Jean-Luc Beaudry, parent d’élève à l’École Taché

Jean-Luc Beaudry ajoute, par ailleurs, avoir envoyé une lettre, il y a deux semaines, au ministre de l’Éducation du Manitoba pour faire part de son désaccord avec la loi scolaire, mais n’a, pour le moment, pas encore reçu de réponse.

En l’absence de réaction positive de la part des représentants de la Division scolaire franco-manitobaine, à la suite de leur présentation, les parents présents ne rejettent pas l’idée de s’organiser afin de trouver des solutions pour empêcher le groupe CEF d’enseigner, ou décourager la tenue de la classe.

Pour sa part, la DSFM a déposé, mercredi soir, comme le veut la loi scolaire, deux nouveaux arrêtés afin de permettre l’enseignement religieux à la suite de demandes pour l’année prochaine à l’École Saint-Joachim et à l’École Noël-Ritchot.

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