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Le plan de Vancouver pour devenir carboneutre d'ici 2050

Un levé de soleil avec en avant-plan une piscine creusée et le profil du centre-ville de Vancouver.

Située en bordure de l'océan, la ville de Vancouver est aux premières loges pour voir l'impact des changements climatiques

Photo : CBC / Christer Waara

Francis Plourde

Après avoir reconnu l'urgence de faire face aux changements climatiques, en janvier, la Ville de Vancouver débat d'un plan en six points pour faire en sorte qu'elle n'émette plus de gaz à effet de serre d'ici 2050.

La cible est inspirée du dernier rapport spécial du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), selon lequel, pour limiter la hausse des températures à 1,5 degré Celsius, il faudra réduire les émissions de gaz à effet de serre de 45 % d’ici 2030 et atteindre un taux d’émissions négatives à partir de 2050.

À Vancouver, cela signifie une réduction des émissions de 1,2 million de tonnes de CO2 par année d’ici 2030.

Entre 2007 et 2017, période pendant laquelle la population a augmenté de 9 %, Vancouver a réussi à réduire ses émissions de 7 %.

Mais il faudra augmenter la cadence pour atteindre cette cible ambitieuse. Il faudra aussi un certain courage pour effectuer les changements nécessaires, estime l’urbaniste Gaétan Royer.

« [Les solutions à mettre en place] ne sont pas nécessairement des solutions futuristes. C'est des choses qui existent depuis plusieurs années, il suffit d'y [consacrer] de l'énergie et d'avoir le courage de les mettre en place », dit-il.

Les recommandations (Nouvelle fenêtre) (en anglais) faites au conseil municipal se résument en six points.

1- Vancouver ville piétonne

Photo : Radio-Canada / David Horemans

Faire en sorte que 90 % des habitants de Vancouver vivent à une distance qui leur permet de marcher pour vaquer à leurs occupations quotidiennes, notamment pour se rendre au travail ou faire leur épicerie.

« Pour que les gens ne soient pas obligés d'embarquer dans leur voiture, il faudra transformer le transport urbain et créer des emplois près d’où les gens vivent », estime Gaétan Royer.

Il faudra aussi s’assurer que les Vancouvérois ont les moyens de vivre en ville et ne doivent pas s’exiler en banlieue.

Je pense que le prix des loyers va plafonner. Il y a des statistiques qui démontrent que le prix des loyers a plafonné et va descendre aussi.

Gaétan Royer, urbaniste

2- Des transports en commun actifs, sûrs et pratiques

Le Skytrain à Vancouver

Le Skytrain à Vancouver

Photo : Radio-Canada / Anne-Diandra Louarn

D’ici 2030, la Ville compte s’assurer que les deux tiers des déplacements s’effectuent à pied, à vélo ou en transport en commun.

Déjà, plus de la moitié des trajets des Vancouvérois s'effectuent de cette façon.

Pour augmenter cette proportion, il faudra toutefois investir dans le transport en commun, un enjeu régional.

« Le transport en commun est contrôlé par Translink, explique Gaétan Royer. De toute évidence, Vancouver va avoir besoin de l’appui des autres villes de la région. Je pense que les objectifs de ce rapport sont partagés par beaucoup de maires et de conseillers municipaux. »

La Ville de North Vancouver a d’ailleurs elle aussi établi comme objectif d’être carboneutre d’ici 2050 et pourrait s’avérer une alliée importante pour Vancouver.

3- Des véhicules qui ne polluent pas

Un véhicule électrique bleu de marque Tesla occupe un espace de stationnement réservé peint en vert, mais il n'est pas branché à la borne de recharge à sa droite.

Un véhicule électrique dans un stationnement réservé sans être branché à la borne.

Photo : Facebook / Groupe « Les vacheurs de bornes »

D'ici 2030, la moitié des distances parcourues sur les routes de Vancouver devront se faire dans des véhicules n’émettant pas de gaz à effet de serre.

L'atteinte de cet objectif implique la mise en place d’un plus vaste réseau de bornes pour les voitures électriques et la nécessité d’accentuer les mesures pour augmenter le nombre de bornes dans les bâtiments locatifs.

4. Du chauffage et de l’eau chaude sans produire d'émissions

D’ici 2025, tout nouveau système de chauffage ou système d’eau chaude devra être carboneutre.

Si cet objectif est atteint, cela pourrait éliminer 552 000 tonnes de CO2 de l’atmosphère chaque année.

Six immeubles résidentiels et un parc au centre-ville de Vancouver.

Des immeubles résidentiels à Vancouver

Photo : Radio-Canada / Anne-Julie Tetu

5- Des constructions et des designs moins polluants

Vancouver est en pleine expansion. Or, un récent rapport de BC Hydro indique que les nouvelles tours d’habitation sont plus énergivores.

Toutefois, le plan d’action de la Ville prévoit que les nouvelles constructions devront réduire les émissions prévues de 40 % d’ici 2030, par rapport aux niveaux de 2018.

« Nous devons reconnaître que les mesures pour des bâtiments plus écologiques font en sorte que leur construction coûtera plus cher, souligne Anne McMullin, présidente de l'Urban Development Institute. Nous devons étudier ce que cela représente. »

6- La restauration des forêts et des berges

Vue aérienne du Parc Stanley et du centre-ville ouest de Vancouver. On voit des bateaux et les montagnes à l'horizon.

La hausse du niveau des mers agit sur la zone de marée et les espèces qui se nourrissent sur le littoral ne peuvent pas toutes s'y adapter.

Photo : AFP / Tourism Vancouver

À partir de 2050, la Ville de Vancouver devra comptabiliser un taux d’émissions négatives.

C’est pourquoi elle doit s’assurer de protéger et d’augmenter l’étendue de ses parcs. Elle devra aussi consacrer des efforts à la préservation et à la restauration de ses berges si elle veut éliminer 1 million de tonnes de carbone de l’atmosphère annuellement d’ici 2060.

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