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analyse

Le Parti vert ne peut plus être ignoré

Peter Bevan-Baker se couvre la bouche des mains, heureux d'avoir remporté un siège.
Peter Bevan-Baker, chef du Parti vert, s'est réjoui du résultat de la soirée électorale à l'Île-du-Prince-Édouard. Photo: Radio-Canada / Elisa Serret
Madeleine Blais-Morin

Rarement (voire jamais) une élection à l'Île-du-Prince-Édouard a suscité autant d'intérêt. Pour la première fois de l'histoire canadienne, le Parti vert obtient le titre d'opposition officielle. Un résultat remarqué d'un bout à l'autre du pays, notamment par les formations politiques à Ottawa, à moins de six mois de l'élection fédérale.

En politique comme ailleurs, le bon vieux principe des saucisses pourrait s’appliquer. Plus de gens en mangent parce qu'elles sont plus fraîches; elles sont plus fraîches parce que plus de gens en mangent. Pour les verts, plus les électeurs constatent leurs gains, plus ils croient que ça vaut la peine de les appuyer.

Si devenir l’opposition officielle dans une province est un nouveau jalon pour le parti, les verts avaient déjà fait des percées ailleurs au pays.

En Colombie-Britannique, la survie du gouvernement néo-démocrate dépend de l’appui des trois députés verts.

En Ontario, le chef du Parti vert siège maintenant à Queen’s Park.

Dans les Maritimes, les verts sont représentés à l’Assemblée législative du Nouveau-Brunswick depuis 2014 et à celle de l’Île-du-Prince-Édouard depuis 2015.

Rien à voir avec une vague verte, mais les petites éclaboussures un peu partout sur la carte politique canadienne ne passent pas inaperçues.

Des verts qui font pâlir le NPD

Le Nouveau Parti démocratique fédéral est bien conscient de la menace. Pour la formation politique, se faire remarquer sur le plan environnemental face à un parti qui porte le mot « vert » dans son nom devient maintenant plus compliqué.

Au point où, dans les rangs néo-démocrates, on envisage désormais de s’adapter à cette réalité en mettant l’accent sur les politiques sociales, dont la défense des intérêts des moins nantis.

Mais si on craint que le parti d’Elizabeth May vienne gruger certains appuis au NPD, on croit que le Parti libéral pourrait aussi en faire les frais.

D’ailleurs, les conservateurs ne se plaignent pas du tout de voir les verts gagner en visibilité et espèrent que cela viendra diviser le vote à leur gauche.

Dans les rangs libéraux, on voit les choses d’un autre oeil. On croit qu’un Parti vert qui viendrait défendre les enjeux environnementaux durant la prochaine campagne permettrait à Justin Trudeau de mettre à l’avant-plan ses propres propositions, tout en soulignant la faiblesse de celles d’Andrew Scheer. Les électeurs qui se préoccupent de ces questions pourraient ainsi être davantage portés à voter pour les libéraux que pour les conservateurs.

Si les verts ne peuvent encore espérer reproduire des résultats comparables à ceux de l’Île-du-Prince-Édouard lors des prochaines élections fédérales, ils parviennent quand même à faire parler d’eux. Et ça, c’est le début d’une recette, pas de saucisses, mais d’une recette en politique.

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