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Réconciliation avec les Autochtones : « Ottawa n’est pas prêt »

Deux femmes qui portent des couvertures et des chapeaux traditionnels autochtones
Jody Wilson-Raybould et Jane Philpott sont honorées suite à leur discours au conseil de justice des Premières nations. Photo: Radio-Canada / Chantelle Bellrichard
Geneviève Lasalle

Tout en reconnaissant les avancées du gouvernement Trudeau envers les peuples autochtones, Jody Wilson-Raybould et Jane Philpott jugent qu'Ottawa n'était pas prêt à faire les changements nécessaires au système de justice pour améliorer le sort des communautés autochtones du pays.

En septembre 2018, les Autochtones représentaient 28 % de la population carcérale, alors qu’ils ne représentent que 5 % de la population.

Lors d'une allocution qui avait lieu à l’occasion d’un forum sur la relation entre les communautés autochtones et le système de justice à Richmond, en Colombie-Britannique, les deux femmes se sont prononcées en faveur d’une « nouvelle culture politique » pour régler ce problème.

C'était la première fois que les deux ex-ministres du gouvernement Trudeau s'exprimaient ensemble publiquement à la suite de leur exclusion du caucus libéral dans la foulée de l’affaire SNC-Lavalin.

Une dame s'adresse à un auditoireLa députée de Vancouver-Granville, Jody Wilson-Raybould, lors d'une allocution au forum sur la justice autochtone. Photo : Radio-Canada / Chantelle Bellrichard

Dans son discours, Jody Wilson-Raybould a accusé ses anciens collègues de ne pas respecter les grands engagements pris par le premier ministre Justin Trudeau en matière de réconciliation.

Elle a indiqué que le gouvernement semble vouloir faire des changements graduels et limités plutôt que de transformer les lois et les politiques afin de résoudre les injustices qui existent depuis des générations.

Jody Wilson-Raybould a aussi déclaré qu'elle avait dû faire face à des obstacles et à de la résistance au sein du gouvernement fédéral lorsqu'elle avait émis une directive sur la manière dont les avocats de la Couronne devaient traiter les affaires civiles impliquant les peuples autochtones.

Cette directive était l'une de ses dernières actions comme ministre de la Justice et procureure générale avant qu'elle ne soit renvoyée au portefeuille des affaires des anciens combattants en janvier et finalement retirée du caucus libéral à la suite du scandale SNC-Lavalin.

Jody Wilson-Raybould a indiqué qu'il existait encore des peurs au sein de « l'establishment » d'Ottawa, et que certains craignaient que de modifier l'approche pour résoudre les litiges civils et les revendications de territoires, représentait une erreur coûteuse.

Le besoin d'une vision à long terme

Lors de sa prise de parole, Mme Wilson-Raybould a affirmé croire qu’une « vision à long terme est nécessaire » et a appelé à voir au-delà des lignes de partis.

« La réconciliation nous rappelle combien une nouvelle forme de politique est désespérément nécessaire dans ce pays » a déclaré l’ancienne ministre de la Justice et députée de Vancouver-Granville.

Au cours des dernières années, et particulièrement au cours des derniers mois, des Canadiens de partout au pays m’ont démontré leur volonté de voir un changement de culture politique. Et, à cet égard, je pense que nous, peuples et dirigeants autochtones, avons beaucoup à partager et à enseigner au reste du pays.

Jody Wilson-Raybould, députée de Vancouver-Granville

L’ancienne Présidente du Conseil du Trésor et députée de Markham-Stouffville Jane Philpott a tenu un discours similaire, et déplore qu’Ottawa « ne soit pas prêt à reconnaître des gens qui abordent la responsabilité et le leadership avec une vision du monde différente. »

« Notre soeur, notre guerrière, notre héroïne »

Reçues comme de véritables invitées d'honneur, les anciennes ministres libérales ont fait l'objet de tous les éloges de la part des organisateurs.

« Nous sommes heureux de vous présenter notre soeur, notre guerrière, notre héroïne », a déclaré Cheryl Casimer en invitant Mme Wilson-Raybould au podium.

Le Président du Conseil de Justice des Premières Nations de la Colombie-Britannique, Douglas White III Kwulasultun, a salué la prise de position « courageuse » des deux élues, tandis que le Grand Chef Stewart Phillip a exprimé son « respect et amour » envers celles qu'il considère avoir fait l'objet « d'une injustice absolue ».

Un avenir chez les Verts?

Aucune des deux élues n'a parlé de son avenir politique, mais Wilson-Raybould pourrait maintenant rejoindre les Verts en vue des élections d'octobre.

Aperçue au mariage de la Chef Elizabeth May lundi dernier, la députée de Vancouver-Granville a reconnu que des discussions en ce sens étaient en cours, mais qu'aucune décision n'a été prise pour l'instant.

Le forum se poursuit jusqu’au 25 avril au Westin Wall Centre à Richmond.

Avec les informations de La Presse canadienne

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