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Climat de tension aux Jardins du Patrimoine de Val-d'Or

Un bâtiments contenant plusieurs logements.

Les Jardins du Patrimoine de Val-d'Or

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Thomas Deshaies

Quelques locataires de la résidence privée pour aînés Les Jardins du Patrimoine, à Val-d'Or, déplorent l'attitude de la direction de l'établissement qui, selon eux, nuit à leur qualité de vie. Le conseil d'administration rétorque que seule une minorité de résidents est mécontente, et que tous les efforts sont déployés pour satisfaire l'ensemble des résidents.

Un groupe de quatre résidents s'est confié à Radio-Canada, sous le couvert de l'anonymat, en affirmant que le climat social se détériorerait à la résidence Les Jardins du Patrimoine de Val-d'Or. Ils attribuent en grande partie cette situation au type de gestion de la direction.

Ils craignent d'être victimes de représailles et affirment que certains d'entre eux ont déjà été menacés d'expulsion. Ils seraient, selon eux, infantilisés par l'administration.

Leurs plaintes concernent aussi la hausse de loyer imposée au renouvellement du bail, qu'ils jugent excessive. Dans un cas, la hausse serait de 84 $ par mois, et le loyer reviendrait à près de 3500 $ par mois.

La Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) en Abitibi-Témiscamingue, dont certains des membres travaillent à l'occasion dans la résidence, affirme avoir été interpellée à ce sujet. Des syndiqués ont rapporté au syndicat des relations difficiles avec la direction.

Plusieurs démarches

Certains résidents ont porté plainte auprès du commissaire aux plaintes du Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Abitibi-Témiscamingue (CISSS-AT) et du protecteur du citoyen. Ils se disent insatisfaits des résultats de leurs démarches, puisque le champ d'intervention des pouvoirs publics est limité lorsqu'il s'agit d'une résidence privée.

Le CISSS-AT leur a rappelé que le choix d'une résidence privée leur revenait et qu'ils étaient donc libres de déménager, ce qui a suscité la grogne des résidents, qui souhaitent continuer à habiter dans ce milieu de vie. Ils affirment qu'un déménagement constituerait un stress qu'ils ne souhaitent pas vivre.

Le CISSS-AT mentionne également dans une lettre, dont nous avons pu obtenir copie, que la gestion interne d'une résidence demeure à la discrétion du promoteur tant que la réglementation sur la certification est respectée.

Invité à donner sa version des faits, le CISSS-AT affirme être allé au-delà de son mandat pour satisfaire les résidents qui ont porté plainte. Toutes les instances pertinentes pour répondre aux questions et préoccupations soulevées par ce groupe de résidents ont été mises à contribution (Régie du bâtiment, Service des incendies de la ville de Val-d'Or, Protecteur du citoyen, etc.), sans jamais arriver à satisfaire les principaux intéressés, précise l'organisation dans un courriel envoyé à Radio-Canada.

Le conseil d'administration s'explique

Le président du conseil d'administration de la résidence, le Dr Denis Brouillette, assure que tout est fait pour répondre aux demandes des résidents et nie toute menace de représailles ou d'expulsion. Je peux vous garantir qu'on tient à garder l'ensemble des gens qui y vivent, puis on aimerait satisfaire tout le monde, affirme le Dr Brouillette. On travaille là-dessus tout le temps, de façon infatigable.

Je suis certain qu'il y a des gens qui sont insatisfaits à plusieurs égards, mais autrement que d'écouter, puis d'essayer de changer les choses pour les rendre heureux, je ne verrais pas ce qu'on pourrait faire de plus.

Denis Brouillette

Le président du CA s'appuie sur un sondage effectué par une firme externe, mais dont la distribution a été assurée par la direction de l'établissement. Il affirme que la majorité des 175 résidents s'estiment satisfaits. La grande majorité des gens étaient satisfaits et très satisfaits, tranche-t-il, rappelant que la majorité des résidents ont répondu au sondage.

M. Brouillette souligne que la résidence respecte toutes les normes de sécurité et les conditions de sa certification. Une information confirmée par le CISSS-AT.

Il ne jette toutefois pas la pierre aux résidents qui critiquent l'administration. Il y a des choses qui sont mal perçues, peut-être incomprises [par des résidents], puis quand on essaie d'en parler, ça semble être correct, mais ensuite il y a de nouvelles choses qui resurgissent, mais on essaie de les résoudre au fur et à mesure, explique-t-il.

La difficulté de prendre la parole

Sans prendre position sur le cas précis des Jardins du Patrimoine, le président du Conseil pour la protection des malades, Paul Brunet, estime que tous les résidents de résidences privées ou publiques ont le droit de vivre dans un milieu sain.

Les résidents ne demandent qu'une chose, vivre sécuritairement, sereinement, et dans le respect de la dignité qui leur appartient comme à n'importe quel citoyen québécois.

Paul Brunet

Il ajoute que vivre dans une résidence privée ne dépouille pas les résidents du droit de déplorer certaines situations.

Quand on subit des dommages parce qu'on a été traité dans un environnement qui n'était pas sécuritaire, ou non respectueux, ou non digne, on a un recours devant la Cour des petites créances, rappelle Paul Brunet.

Il estime que de nombreux résidents préfèrent éviter de dénoncer certaines situations qu'ils jugent inacceptables, plus particulièrement ceux qui vivent dans les résidences privées.

Abitibi–Témiscamingue

Société