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Les zones inondables de la grande région de Québec à l'étude

La Ville de Québec a ouvert les portes du barrage pour mieux contrôler le niveau du lac Saint-Charles

La Ville de Québec a ouvert les portes du barrage pour mieux contrôler le niveau du lac Saint-Charles

Photo : Radio-Canada

Louise Boisvert

La Communauté métropolitaine de Québec (CMQ) va lancer dans les prochains jours une vaste collecte de données pour bien connaître les zones inondables de son territoire. Une vingtaine de rivières, dont la Chaudière, seront étudiées afin de remettre les cartes à jour.

« C'est un important déploiement qui va se faire ce printemps », précise Julie Simard, coordonnatrice à la CMQ. Les données sur les zones inondables de la région datent de quelques années à quelques décennies.

Dans la foulée des inondations de 2017, le gouvernement du Québec a mis à la disposition des communautés métropolitaines et des MRC une enveloppe de 20,5 millions de dollars pour leur permettre d'actualiser les données. La région de Québec a reçu 3,5 millions de dollars.

Dès la semaine prochaine, deux équipes vont sillonner les rivières. La CMQ profite de la période de crue printanière pour obtenir les données les plus précises possible. Le rapport d'analyse doit être déposé au ministère des Affaires municipales en décembre 2020.

L'étude exclut les rivières Saint-Charles et Lorette, au sujet desquelles la Ville possède déjà suffisamment d'informations.

Plan d'intervention devancé

L'agglomération a été passablement épargnée par la crue ce printemps. La Ville de Québec rapporte quelques débordements de la rivière Saint-Charles, mais rien de bien inquiétant.

« Depuis le 1er mars, la Ville a effectué plusieurs manoeuvres pour abaisser le niveau du lac Saint-Charles », confirme Cynthia Grenier, agente de communication à la Ville de Québec.

Le barrage a été ouvert pour donner au lac une meilleure capacité, afin qu'il puisse recueillir l'eau de pluie et de la fonte des neiges provenant des bassins versants.

La rivière Saint-Charles déborde le long du parc linéaire.

La rivière Saint-Charles déborde le long du parc linéaire.

Photo : Radio-Canada

Cette mesure effectuée tous les printemps a été devancée de trois semaines cette année.

Il ne s'agit pas d'une mesure adoptée à la hâte en raison des précipitations et des températures douces annoncées la semaine dernière. Il s'agit plutôt d'une décision prise il y a quelques mois déjà, lors de la révision annuelle du programme particulier d'intervention en cas d'inondation.

Le programme contient toutes les stratégies à adopter en cas d'urgence. « C'est pour mieux se préparer et mieux faire face aux débordements », précise la porte-parole.

Faire mieux

Les débordements de rivières sur le territoire de Québec sont essentiellement dus à des erreurs du passé, notamment des erreurs d'aménagement du territoire.

L'Association pour la protection de l'environnement du lac Saint-Charles et des marais du Nord (APEL) rappelle l'importance de prévoir des espaces de liberté le long des cours d'eau pour permettre aux rivières de déborder sans nuire.

Le lac Saint-Charles joue un rôle de bassin de rétention en cas de crue. Mais la construction excessive dans les bassins versants draine l'eau du territoire plus rapidement vers le lac. « On se retrouve à repousser le problème plus en aval », explique Mélanie Deslongchamps, directrice générale de l'organisme.

La crue est possible en été comme en hiver. En janvier 2018, une soixantaine de résidents du quartier Duberger-Les Saules à Québec ont été pris par surprise à la suite de la montée rapide de la rivière Saint-Charles.

« Quand il y a trop de glaces et trop d'eau, la rivière cherche des endroits libres d'accès comme les rues », souligne Mme Deslongchamps. « Les gens qui se sont construit dans ce secteur-là pensaient qu'ils maîtrisaient la rivière et qu'elle resterait toujours dans son axe. »

La directrice générale de l'APEL espère que les récents événements en Beauce vont forcer une réflexion sur ces enjeux.

Environnement