•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Inondations : Ottawa veut débloquer rapidement des fonds pour le Québec

Le centre-ville de Beauceville inondé.

Le ministère de l'Infrastructure et des Collectivités analyse actuellement quatre projets au Québec, dont deux ont été soumis par la Ville de Montréal.

Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin

Radio-Canada

Le gouvernement Trudeau offre au gouvernement Legault la possibilité d'accélérer l'étude du financement de certains projets d'infrastructures « afin de prévenir et mitiger les conséquences de futures inondations » et « de construire [des projets] dès cet été ».

Dans une lettre envoyée mercredi au gouvernement du Québec par le ministre de l’Infrastructure et des Collectivités, François-Philippe Champagne, et dont Radio-Canada a obtenu copie, le gouvernement fédéral explique que l’objectif est d’améliorer « la résilience des municipalités » aux prises avec d’importants dégâts liés aux inondations.

Il apparaît essentiel d’appuyer les efforts immédiats et urgents des collectivités.

François-Philippe Champagne, ministre fédéral de l’Infrastructure et des Collectivités

Concrètement, Ottawa incite Québec à proposer des projets comme des digues, des murs et des pompes, ou tout autre projet qui permettrait de diminuer les risques.

Une partie du programme d'infrastructures Investir dans le Canada est spécifiquement prévue pour le « renforcement de la capacité structurelle et/ou renforcement de la capacité naturelle d'adaptation aux effets des changements climatiques, aux catastrophes naturelles et/ou aux événements météorologiques extrêmes ».

Selon l’entente entre Ottawa et Québec, le gouvernement fédéral s’engage à débourser un maximum de 50 % du coût du projet.

Entrevue avec le député fédéral de Gatineau, Steven MacKinnon

Un fonds pour les grands chantiers

Le ministre Champagne rappelle aussi aux provinces et aux municipalités l'existence d'un fonds de 2 milliards de dollars sur 10 ans pour des travaux d'infrastructure destinés à les protéger en cas de catastrophe naturelle. Le ministre a d'ailleurs annoncé mercredi l'octroi de 45 millions de dollars pour l'érection de digues en Colombie-Britannique.

Bien que la première phase de demande de financement soit terminée depuis janvier, le ministre propose « de prendre en considération des projets à l'extérieur du processus officiel ».

« Ce Fonds d’atténuation et d’adaptation en matière de catastrophes, on l’a créé parce qu’on a vu, comme tout le monde, qu’il y a un coût à l’inaction », a expliqué le ministre Champagne en entrevue à Midi info, sur les ondes d'ICI PREMIÈRE.

M. Champagne a précisé que le fonds en question, instauré en 2017, pourrait servir notamment à Beauceville ou encore à Trois-Rivières, deux localités où il s'est rendu ces derniers jours. À Beauceville, mercredi, on comptait 300 résidences inondées.

François-Philippe Champagne affirme que le fonds pourrait aussi être utile au Nouveau-Brunswick, où la crue des eaux progresse dans le sud de la province. Les autorités ont annoncé la fermeture de l'autoroute Transcanadienne entre Fredericton et Moncton, dès mercredi soir.

Le Fonds d’atténuation et d’adaptation en matière de catastrophes est strictement réservé aux grands chantiers d’infrastructure d'au moins 20 millions de dollars, dont les travaux devront être réalisés d'ici 2027-2028.

Par exemple, en Colombie-Britannique, le gouvernement fédéral injecte 45 millions de dollars dans le but de réduire substantiellement les risques d'inondation dans la Première Nation Skwah, dans le village de Shxwha et dans la ville de Chilliwack. Le projet comprend la construction d'environ six kilomètres de nouvelles digues le long du fleuve Fraser, d'un nouvel ouvrage de protection contre les inondations traversant le Hope Slough et d'une nouvelle station de pompage pour le drainage.

Autre exemple : en Alberta, de nouvelles digues seront construites dans des zones critiques le long de la rivière Red Deer dans le cadre d'un projet totalisant 22 millions de dollars. Les travaux permettront de protéger davantage plus de 8000 résidents de Drumheller, à 110 km au nord de Calgary.

En Ontario, enfin, le gouvernement fédéral a annoncé le 26 mars dernier une contribution de 150 millions de dollars à quatre projets de prévention des inondations et des tempêtes à Toronto et dans la région de York.

En ce qui a trait au Québec, le ministère de l'Infrastructure et des Collectivités analyse actuellement quatre projets, dont deux ont été soumis par la Ville de Montréal. Tant et aussi longtemps que cette analyse ne sera pas terminée, aucune information ne pourra être divulguée sur ces projets, affirme-t-on au cabinet du ministre.

François-Philippe Champagne affirme qu'il y a devoir d'agir du fait que l'ampleur et la fréquence des catastrophes naturelles s'accentuent. « Au lac Saint-Pierre, on me disait : "Vous savez, le record historique date de 2017; or, on est en 2019 et on en vit un autre" », relate le ministre.

Des fonds disponibles, mais difficiles d’accès, selon la FQM

Jacques Demers, président  de la Fédération québécoise des municipalités.

Jacques Demers, président de la Fédération québécoise des municipalités.

Photo : Radio-Canada

En entrevue à 24/60, le président de la Fédération québécoise des municipalités, Jacques Demers, reconnaît qu’il y a plusieurs programmes disponibles, mais « pas nécessairement accessibles ».

Pour certains de ces programmes, le gouvernement, en exigeant un investissement minimal de 20 millions de dollars, semble ignorer le fait qu’au Québec, 90 % des municipalités comptent moins de 25 000 habitants, souligne M. Demers, lui-même maire de Sainte-Catherine-de-Hatley, en Estrie, qui comprend une population permanente de quelque 2500 personnes.

Pour une municipalité comme Sainte-Catherine-de-Hatley, c’est le budget des sept prochaines années.

Jacques Demers, président de la Fédération québécoise des municipalités

Pourquoi les municipalités ne contribueraient-elles pas aux indemnisations, après avoir longtemps perçu des taxes sur les terres inondables? En réponse à cette question, Jacques Demers rappelle que dans les zones considérées comme inondables, on ne construit plus depuis une vingtaine d’années.

Avec la collaboration de Philippe-Vincent Foisy, correspondant parlementaire au bureau de Radio-Canada à Ottawa

Politique fédérale

Politique